Citations, maximes, proverbes
Le Zen et le Vin
Je ne sais plus où j'ai piqué ça, mais j'ai eu l'impression que l'on pouvait s'en inspirer pour le vin...
-------------------
Ce qui est visible à l'œil, ce n'est que la forme qui est soumise au changement perpétuel. Ce n'est pas la substance.
En réalité, le mot « parfait » n'est pas nécessaire. Son concept même est inutile.
Les choses ne sont ni parfaites ni imparfaites, elles sont juste ce qu'elles sont.
Chaque élément a une valeur absolue, c'est pourquoi il n'est pas de comparaison possible. Un homme grand est grand, un homme petit est petit. C'est tout ce que l'on peut dire.
Voici un koan en réponse à la question « Qu'est ce que le Bouddha ? »
Le maître répondis : « Le grand bambou est grand, le petit bambou est petit. »
L'illumination n'est rien d'autre que la perception de tout cela dans le temps d'un éclair.
-------------------
Petit excercice du Week-end, pour méditer après la fondue : relis ces mots en ouvrant ta bouteille pour l'apéro du dimanche. Tente de t'en imprégner avant d'émettre un avis sur ce que tu bois. Si tu vis l'illumation, n'oublie pas de mettre un commentaire sur ce blog ;-). Sinon, souviens toi au moins que "le grand bambou est grand et que le petit bambou est petit". N'oublie pas, au prochain salon où tu me vois, de me chambrer un peu avec mes koan zen 
Suis-je à maturité ?
Bon, moi oui, c'est évident ;-). Sauf pour les très jeunes lecteurs de ce blog (y'a en t'il, d'ailleurs
pour qui j'ai depuis longtemps dépassé ce stade ;-).
Mais mes raisins, eux, le sont-ils ?
Difficile question. Encore plus difficile réponse.
Dans combien de temps seront-ils mûrs ? Dans un certain temps, dirait Fernand Raynaud, référence plus sûre, à la portée sans doute des lecteurs, matures eux aussi, de ce blog ;-). Tout dépend des terroirs et bien sûr de ce que l'on veut faire. Et des risques que l'on est prêt à prendre. Et des moyens humains et techniques dont on dispose (on l'oublie trop souvent)...
Il est temps de faire appel à l'ami Balthazar, dont les écrits n'ont guère vieillis (merci Mike)...
« Les œuvres de la nature arrivent toujours au point ordinaire de leur perfection ; elles vont toujours en augmentant, jusqu’à ce qu’elles y parviennent ; et puis toujours en diminuant, dès qu’elles y sont parvenues. Au contraire, celles de l’art ne sont presque jamais si parfaites qu’elles ne le puissent encore être davantage. C’est une marque de goût fin de discerner ce qu’il y a d’excellent dans chaque chose ; mais peu de gens en sont capables, et ceux qui le peuvent ne le font pas toujours. Il y a un point de maturité jusque dans les fruits de l’entendement, et il importe de connaitre ce point pour en faire son profit.» Balthazar GracianQuel sera le point de maturité idéal cette année ? Vu l'année de rêve sur le plan climatique, je peux, je veux et je vais l'atteindre, c'est certain. Mais vue la petite averse de jeudi soir, formidablement bénéfique, et la semaine de tramontane qui bat son plein, ne vais-je pas la dépasser, alors que tout s'emballe ?
Voilà qui me préoccupe en ce dimanche après-midi... Bon, j'arrive à la fin de ce billet, et je me rends compte que je ne suis pas prêt de décider... Pourtant, je le sais, c'est en partie aujourd'hui que tout se joue, que le nœud se noue, que je dois décider où nous vendangerons cette semaine. Et si je me trompais ? Brrrr, que je n'aime pas ces moments...
P.S. : lundi, début de la récolte des olives. En plus des vendanges. Si c'était simple, ça ne serait pas drôle

Rebond
Bon, mon billet du week-end dernier fait parler de lui sur la toile. J'aime bien le WorldWineWeb ;-), il permet d'aller d'un point à l'autre à la vitesse de la lumière, de rencontrer des gens dont on se sent proche tout de suite, de débattre passionnément mais poliment, d'avoir de nouvelles pistes pour poursuivre une réflexion enrichissante.
Tenez, prenez le commentaire d'Olivier Collin, l'autre soir, sans doute à la suite d'un intéressant débat sur le site Québécois "Wine Addict". Je le cite, quand il écrit :
"Un bijou de texte à propos des guides qui sortent actuellement, à la
fois critique sans donner dans la lourdeur de main car le ton est
souvent drôle, très lucide sur le fait qu'il y a un net retour de
balancier prôné par la RVF vers la légèreté, la fraîcheur et,
malheureusement, la solution de sous-maturité adoptés par certains pour
y parvenir. J'imagine que pour le producteur de la Petite Sibérie c'est
dur-dur de voir cela! 
En résumé, la concentration n'est donc plus le critère, bien au contraire, et on remarquera que les vins les plus simples, de soif, ont des notes parfois supérieures à des grands crus de garde..." Je ne crois pas que la première constatation implique le seconde par contre. Je suis d'avis que la concentration, notamment en milieu de bouche, a depuis plusieurs années trop dominé la scène vinicole et critique. Sans vouloir dénigrer cela - j'aime plusieurs vins riches, concentrés, etc - je pense qu'il est bon de mettre de l'avant plusieurs archétypes de grands vins, souvent antithétiques entre eux. Les dégustateurs progressent mieux ainsi et, de toutes façons, comme vous le soulignez : libre à chacun d'acheter ce qu'il lui plaît."
Bon, Olivier, d'abord, si je me sens très "producteur" du Clos des Fées et de tous mes autres vins, je ne me sens pas vraiment "papa" de la petite Sibérie. Dans l'aventure de ce vin, je ne contrôle rien, je ne cherche rien au niveau "production". Je me contente de le regarder naitre et exister chaque année, avec sa personnalité étonnante. Et comme je trouve que c'est un grand Grenache, dans son style, et le temps le prouvera mieux que quiconque, je fixe son prix au niveau des autres "grands" cépages du monde. On le regarde souvent d'abord pour cela, je l'avoue, puis on le goûte, et alors, on se fait vraiment une opinion. C'est pour cela que j'en ouvre toujours une bouteille avec plaisir.
Mais ce qui me plait bien, dans votre commentaire, c'est la phrase "je suis d'avis que la concentration, notamment en milieu de bouche, a depuis plusieurs années trop dominé la scène vinicole et critique.". C'est certain. Au point d'oublier parfois que le vin est un milieu acide et que sans fraicheur, il perd bien des charmes. Cette "fraicheur", la seule qui permette un véritable équilibre, même dans les vins les plus tanniques, nous sommes tous heureux de la voir remise au goût du jour. Nous, ce sont tous les vrais amateurs de vin et tous les vignerons qui ont réfléchi sur les engrais chimiques et sur l'azote. Car voyez vous, tout ce débat est d'une simplicité biblique : si vous arrêtez de balancer de l'azote, qu'il soit chimique ou sorti du cul d'un cheval ou d'un mouton, pour faire gonfler vos baies, vos rendements et votre portefeuille, le pH de vos vins descend. C'est une courbe d'une simplicité confondante. Et lorsque les grands vins rouges retrouvent des pH disons de 3.40 à 3.70, et bien là, on sent tout de suite la "tension", l'équilibre, la grandeur. Tout cela passe par les sols. Et il n'y a rien de plus à ajouter ni à enlever. On peut avoir alors de grands vins qui allient raisin mûr, tannins soyeux, nervosité et qui sont un régal à boire. Concentration ET finesse ET buvabilité, je n'ai jamais compris pourquoi on les opposait... Nul besoin alors de récolter en sous-maturité ni en sur-maturité, selon qu'on soit au sud ou au nord. Le raisin mûr est d'une évidence qui fait peur. Mais pas question de dépasser alors 30 hl/ha... C'est là qu'il faut faire un choix, un choix difficile...
Sur la note. Faire de petits vins de soif n'est pas la chose la plus facile du monde, mais c'est quand même drôlement plus facile que de faire de grands vins de garde. C'est pour cela que, en soit, ces derniers devraient, à mon sens, avoir des notes plus modestes. Pas parce qu'ils sont moins bons, mais parce que c'est facile. Après, on rentre dans le grand débat de la notation relative et absolue, question que personne n'a encore résolu.
Cahier de vacances
Trouvé sur une plage, dans le sable du net...
Binder: du verbe anglais : "to bind", lier :
• la plante : relie entre elles des énergies : "energy-binder"
• l'animal : relie entre eux des points situés dans l'espace: "space-binder".
• l'homme : en plus des énergies et des points dans l'espace, relie encore entre eux des moments dans le temps dépassant sa propre durée vécue : l'homme est un "time-binder" :
Et j'écris à mon tour, dans le sable des vacances, sans que la mer jamais ne puisse jamais l'effacer
:• Le Vin : en plus des énergies, de l'espace et du temps, il relie entre eux les hommes et les femmes (et leur permet de temps en temps de se mélanger avec délices ;-)) : le vin est un "human-binder".
Au fil du temps...
« il faut quatre fois plus d'efforts pour se maintenir que pour progresser »
F. Brückner
page 1 de 4 - billets suivants »