Le Clos des Fées au jour le jour

Twenty third day - scattered vines

The weather changes, the fall reminds us that the last day of harvest at the Clos des Fees is finally arriving.

We probably still have half a hectare of Walden to bring in; in any case, the cellar is full. We’ll take care of it on Monday.

Like every year, a few plots in the North Valley are left, the latest ones as they are protected from the sun by their north-west exposure in a valley that filters the sun.

Year after year the valley is gradually abandoned. Where is the time when it was pampered by dozens of confident winegrowers, building walls, hardworking, organized in their work to conquer the slopes where everything was done by hand, at a different pace and in small-scale?

A dozen buckets in this Carignan, certainly of exceptional quality but lost, too expensive to justify using given the production costs... For us it is "Louis Carignan", the person who sold it to us, after having planted it, grown and loved it his whole life and who has now passed away. What a character...

Only the emotion motivates us to keep it alive, treat it and harvest it in a final effort.

In addition the wild boars ate a lot, this year. We still cling to the pride of these slopes and the beauty of the place, majestic and wild.

Cold, fatigue, it is time this ends. This harvest journal as well, I need a break...

Ouf...

Vingt troisième jour - Vignes éparses

Le temps change, l'automne se rappelle à notre bon souvenir en ce qui est le dernier jour de vendange au Clos des Fées.

il nous reste sans doute un demi hectare à rentrer pour Walden, de toute façon, la cave ici est pleine. On le fera lundi.

Reste, comme chaque année, les quelques parcelles de la Vallée Nord, les plus tardives car protégées du soleil par leur orientation nord-ouest, dans une vallée encaissée qui filtre le soleil.

La vallée, chaque année, s'abandonne un peu plus. Où est le temps où elle était bichonnée par des dizaines de vignerons au pied sûr, faiseur de mûr, rudes à la tâche, organisés dans leur travail pour conquérir ces pentes où tout se faisait à la main, à un autre rythme et à petite échelle.

Une dizaine de comportes dans ce Carignan perdu, à la qualité certes exceptionnelle mais, qui, honnêtement, n'a plus aucune justification économique vu les coûts de production... C'est le "carignan de Louis" pour nous, de la personne qui nous l'a vendu, après l'avoir planté, aimé et cultivé pendant une vie, aujourd'hui disparu. Un personnage...

Ne reste que l'affectif, qui nous motive toujours pour les maintenir en vie, les traiter à l'atomiseur, les vendanger dans un dernier effort physique.

Les sangliers en ont mangé une bonne partie, en plus, cette année. Il nous reste la fierté de s'accrocher à ces pentes et la beauté de l'endroit, majestueux et sauvage.

Froid, fatigue, il est temps que cela se termine. Ce journal de vendange aussi, j'ai besoin d'une pause...

Ouf...

Twenty second day - is the day for Mourvèdre

Sad start of the day, with the death of Steve Jobs, learned while starting to make... my marc.

I must confess that I felt a strong emotion... In 1985, the time anyone under twenty five years old would not know, I bought, on credit, my first Macintosh 512, amazed by the mouse, the graphic interface, the SCSI port. I was typing my first words with MacWrite, transferring files from the internal drive to my external 3.5 inch floppy drive. Ah, my first circles with MacPaint ... I fear I missed a beautiful love story because of my first mac, dropping a princess for a mouse. What a shock  Isabelle, if you read me, I am sincerely sorry. I was young and thoughtless 

It’s hard to explain what the mac was for many men and women of my generation. The feeling of reaching a new area of ​​freedom? Of creativity? The urge to rearrange your life to make it richer and have no limits? To finally have access to a tool that we believed, perhaps, was always reserved for the elite or at least to a category of people with gifts we didn’t have, particularly the ability to talk to machines? Thank you, Steve, for allowing us to talk to machines and make them our friends, roommates, crutches, confidants, Muses and especially incredible design tools.

How many Macintosh have I owned? The list is very long and it would be easier to list those I did not have rather than those which accompanied me. I forgot how much they cost, but remember instead what they brought me. Beyond computer models, I feel that we forget to praise the most important tool it brought: the first PostScript printer or LaserWriter. 300 dpi, 8 pages per minute... Ah, the discovery of typography, breakages, discoveries... This is an area that always fascinated me and I have not given up progressing, when I finish my studies

Then came the time of NeXT and, again, I followed the master ... What an OS... And what a stroke of genius for developing a parallel version of the Mac OS which was released right on time when Apple was struggling, and still they fired him... Create a company to do what you can’t do inside another, he had the right strategy. Amazing... Well, I will stop there and pass on the time I was an "Apple Expert" as this is a blog about wine, after all

My next mac is traveling, in fact. It comes from China, a simple mac mini, millions of times more powerful than my 515K mac, which cost, if I remember correctly, close to 40,000 francs at the time, which I possessed, with the arrogance of youth ;-). I added a Hyperdrive2000 kit increasing the memory to 2 MB, a 20 MB HD and a Motorola 68881 (funny, no?) for... the same price... At that time, it seemed powerful... Looking at my 7 TB disk and my current 8GB HD, my God this time seems incredible to me, even to me who has lived through it...

So, it is with some sadness (at least for me ...) that we left to harvest the Mourvèdre, my iPhone in my pocket.

So long, Steve ... You had a good life my friend...

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They are beautiful, they are ripe, but we’re burned...

Crazy day, with in addition, having to remove the dried grapes on the last few clusters Lladoner Pellut from the sunset side.

Afternoon worthy of a Marx Brothers movie with deliveries, insurance agents, plumbers, grapes coming in, breakdowns, shortages of boxes for the bottles, the arrival of new barrels at 7pm, which should enable us to free a vat for the last day, tomorrow, their preparation, pumping-over, and whatever else, as the day was so intense.

8:30 pm: We leave the cellar.

Serge is at the end is rope, me too, I believe that is the case for everyone else.

Tomorrow will be the last day of harvest, and if there are a few grapes left, too bad, the decision was taken.

 

Vingt deuxième jour - C'est le jour du Mourvèdre

Triste début de journée, avec la mort de Steve Jobs, apprise à l'allumage de... mon mac.

Je l'avoue, ça me fait quelque chose et une émotion vraie de vrai me saisit... En 1985, ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, j'achetais, à crédit mon premier Macintosh 512, émerveillé par la souris, l'interface graphique, le port SCSI et je tapais mes premiers mots sur MacWrite, faisant gentiment switcher mes disquettes 3,5 pouces de lecteur interne en lecteur externe. Ah, les premiers ronds sur macpaint... Je crains avoir raté, à cause de mon premier mac, une sacrée belle histoire d'amour, délaissant une princesse pour une souris. C'est vous dire le choc ;-) Isabelle, si tu me lis, honnêtement, pardon. J'étais jeune et inconscient ;-)

On ne peut pas raconter ce que fut le mac pour beaucoup d'hommes et de femmes de ma génération. L'impression d'atteindre un nouvel espace de liberté ? De création ? Une forte envie de réorganiser sa vie, de la rendre plus riche, de ne plus lui donner de limites ? D'avoir enfin accès à un outil que l'on pensait, peut-être, toujours réservé à une élite ou tout au moins à une catégorie de personnes ayant des dons que nous n'avions pas, en particulier celui de parler aux machines ? Merci, Steve, de nous avoir permis de parler aux machines et de s'en faire des amis, des compagnons domestiques, des béquilles, des confidents, des muses, de formidables outils de création, surtout.

Combien de macintosh ai je possédé ? La liste est fort longue et il serait plus aisé de lister ceux que je n'ai pas eu plutôt que ceux qui m'ont accompagné. Je ne retiens pas ce qu'ils m'ont coûté, mais ce qu'ils m'ont apporté. Au delà des modèles d'ordinateurs, j'ai l'impression que l'on oubliera dans la liste des hommages l'un des plus importants : la première imprimante Postcript ou Laserwriter. 300 dpi, 8 pages minute... Ah, la découverte de la typographie, des casses, des approches... Voilà un domaine qui me fascine et où je n'ai pas renoncé à progresser, quand j'aurai fini mes études ;-)

Puis vint le temps de NeXT et, là aussi, je suivis le maître... Quel O.S... Et quel coup de génie d'avoir développé en parallèle une version de l'OS Mac qui tomba à point pour sortir de l'ornière Apple dont on l'avait pourtant viré... Créer une société pour faire ce qu'on ne peut pas faire à l'intérieur d'une autre, car on est à ce point persuadé de la justesse de sa stratégie. Il faut le faire... Bon, j'arrête là, je vous passe ma période "expert Apple", c'est un blog sur le vin, après tout ;-)

Mon prochain mac est en voyage, justement. Il vient de Chine, un mac mini tout simple, plusieurs millions de fois plus puissant sans doute que mon mac 515K à qui devait coûter, si j'ai bonne mémoire, pas loin de 40 000 frs à l'époque, auquel j'avais, avec l'arrogance de la jeunesse ;-), ajouté un kit Hyperdrive2000 qui montait la mémoire à 2 MB et embarquait un HD de 20 MB ETt un motorola 68881 (ça fait rire) pour... le même prix... Dire qu'à l'époque, cela  nous semblait puissant... Du haut de mes 7 To de disque et mes 8Go de HD actuels, mon Dieu que ce temps me semble incroyable, à moi pourtant qui l'ai vécu... 

Bon. C'est donc non sans nostalgie que nous partîmes (en tout cas moi...) vendanger le Mourvèdre, mon iphone dans la poche.

So long, Steve... Une belle vie, hein, l'ami...

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Ils sont beaux, ils sont mûrs, mais nous, on est cuit...

Journée de dingue, avec en plus du tri pour enlever sur les derniers LLadonner Pellut les quelques grappes passerillées, côté soleil couchant.

Après midi digne d'un film des Marx Brothers avec des livraisons, des assureurs, des plombiers, des raisins qui rentrent, des pannes, des manques de cartons à la mise, l'arrivée des barriques neuves à 19H qui doivent nous permettre de libérer une cuve pour le dernier jour, demain, leur préparation, les remontages, je ne sais plus quoi, tellement la journée fut intense.

20h30. On quitte la cave.

Serge est au bout, moi aussi, je crois que c'est le cas de tout le monde.

Demain, dernier jour de vendange, et s'il reste quelques raisins, tant pis, c'est décidé.

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