En passant
Un jeune amateur de vin (ou plutôt un amateur récent, car je ne connais pas son age
a la gentillesse de m'envoyer un mail me fécilitant pour ma passion pour mon métier.
Comment diable espérer faire un bon vin sans passion, ais-je envie de lui répondre ?
Et pourtant, tant de viticulteurs qui semblent n'en avoir aucune pour le breuvage qu'ils produisent... D'ailleurs, leur cave est vide...
Une bonne excuse pour ressortir de mon panier cette formidable phrase d'Henri James, même si il n'y a aucune chance qu'il l'ait écrite un verre à la main :
« Nous œuvrons dans le noir, nous faisons ce que nous pouvons, nous donnons ce que nous avons.
Nos doutes sont notre passion et notre passion réside dans notre tâche. Le reste est la folie de l'art...»
Henri James, « The Middle Years »
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un commentaire
La cave vide est significative. Je relève chaque jour d'autres exemples du même "tonneau", si l'on peut dire.
J'ai ainsi travaillé avec un chef de culture qui habitant dans l'entre-2-mers n'a jamais mis les pieds à St-Emilion et ne savait pas qui est Michel Rolland (envisage-t-on un seul instant qu'un garagiste sarthois ne soit jamais allé voir les 24h bien qu'il habite à 30 mn du Mans et que par ailleurs il ne sache pas qui est Alain Prost ?). A mon sens il y a une différence notable entre producteur et vigneron. Tout ce que l'on demande au premier c'est de "produire" (ceux-là même qui ne se focalisent que sur le rendement), quand le second y met un supplément d'âme et de passion.