Miroir, mon beau miroir...
Dis moi qui fait le meilleur vin...

Au risque de vous décevoir, il me faut aujourd'hui pratiquer ce qui constitue, avouons-le, la substanfique moelle de nombreux sites et blogs vinicoles : une séance d'autopromotion ;-))
Eh oui, cher lecteur, j'ai beau savoir, comme disait Marcel Achard « qu'il est bon de dire du bien de soi-même; ca se répète et on finit par ne plus savoir d'où ça vient » :-)), j'ai toujours du mal à me livrer à ce difficile excercice. Que voulez vous, c'est mon éducation qui veut ça...
Pourtant, aujourd'hui, il le faut. Vous vous souvenez de Starwine ? C'était le thème d'un de mes premiers billets (1), il y a bientôt deux ans (comme le temps passe... et oui, on est peu de chose, madame Michu ;-)). Inutile donc de vous réexpliquer le concours, qui réunit chaque année le gotha de la sommellerie mondiale autour de l'épineuse question « quel est le vin que vous rêveriez de servir à votre meilleur client ce soir ?».
Le dernier concours avait lieu à N.Y., en novembre, alors que mes vinifications n'étaient pas pas terminées et je n'ai donc pas pu y aller. Comme j'ai l'esprit farceur, j'ai quand même demandé à mon importateur de présenter au concours quelques bouteilles de Clos des Fées 2004 (vin dont, je l'avoue, je suis assez content :-), histoire de voir comment il se situait dans la compétition mondiale. En effet, sur les 2 ou 3 000 vins présentés, beaucoup sont issus de nouveaux vignobles, USA, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande mais aussi de vignobles en mutation, comme l'Espagne ou une partie de l'Italie.
C'est avec un grand sourire, les amis, que je vous annonce que mon miroir magique m'a appris juste avant les fêtes que mon vin était l'un des seuls vins rouges français à avoir obtenu une médaille d'or. Je dis un des seuls, parce que sur l'ensemble de la compétition, seul... deux vins rouges français ont eut cette chance. A Starwine, il n'y a nulle obligation pour les sommeliers de distribuer des médailles, comme c'est malheureusement ailleurs le cas. Suis je content ? Oui . Pourquoi ? Pas pour les raisons que vous immaginez.
Voyez-vous, je n'ai vraiment pas pour but de faire le « meilleur vin » du monde; je m'en moque d'ailleurs comme de ma première chemise. Cette obsession très contemporaine de « classement permanent » pour savoir qui de la pomme ou de la poire est « le meilleur » des fruits, au pire m'indispose, au mieux m'indifère. Tous ces classements sur 100 ne sont que mises en scène destinés à donner des points de repère à ceux qui ne veulent faire aucun effort, aucune erreur et accéder, pour peu qu'ils aient de l'argent, le plus vite possible aux vins que ceux qui savent et qui goûtent, estiment meilleurs... Et comme j'aime l'idée que la recherche du grand vin doit rester un itinéraire personnel pour prendre une réelle valeur, je suis contre les raccourcis 
Il m'importe beaucoup, en revanche, de faire un vin qui donne du plaisir à celui qui le boit. Et si possible de l'émotion. Finalement, en écrivant ces lignes, je me demande si ce n'est pas là ma principale, voire unique motivation, celle qui guide tous mes choix de vigneron. Aussi, peu m'importe que mon vin ait été meilleur ou moins bon que les quelques uns avec qui il était comparé ce jour là. Mais je me réjouis franchement que des sommeliers, et non des moindres, et du monde entier s'il vous plait, donc au goût différent, aient eu du plaisir en le buvant.
Me voilà donc avec ma premlère médaille d'or ;-)) Bon, ils ne donnent même pas un diplôme que j'aurais pu accrocher dans mon bureau ou dans mon caveau, le jour où j'en aurai un. Oh, tous ceux qui ne se présentent jamais dans le moindre concours (ils sont « au dessus de ces contingences ») auront vite fait de se gausser de moi. Tant pis. Pour ma part, si j'étais à la tête de mon interprofession, une des premières mesures que je mettrais en place serait de présenter les meilleurs vins produits dans mon appellation à tous les concours du monde, de la foire de Bratislava à celle de Brignoles (mon fantasme, j'irai un jour, je promets...). Et je prendrais même en charge les frais d'inscription et d'expédition. Pourquoi ? Simplement pour ne pas laisser une place qu'ils ne méritent pas toujours à tous les vins « de masse » d'ici et d'ailleurs, qui, trop souvent, rafflent les médailles en chocolat, faute de combattants. Si tous les bons vins français prenaient la peine d'aller s'inscrire dans ce genre de concours, les pendules seraient vite remises à l'heure, croyez-moi.
Enfin, je suis surtout et avant tout content de cette médaille pour mon appellation. Cela démontre que nous n'avons en aucun cas à être honteux de notre passé, de notre terroir, de nos cépages soit disant « roturiers » ou « mineurs ». Mon Côtes du Roussilon Villages obtient une des deux seules médaille d'Or française pour les vins rouges. Une autre cuvée une des sept d'argent. Il y a deux ans, un autre côtes du Roussillon villages avait lui aussi brillé. Si on réusissait ça dans chaque concours, dans chaque pays, chaque année, ne serait ce pas une preuve indiscutable qu'il se passe quelque chose dans nos collines ? Que simplement, nos vins, qu'ils soient les meilleurs ou non, sont parmis ceux qui donnent le plus de joie et de plaisir ? Qu'ils correspondent au goût actuel des amateurs du monde entier, réunifiant ainsi des soit-disant goûts « antagonistes » ? Les plus difficiles à convaincre sur le potentiel qualitatif du Roussillon restent encore les vignerons d'ici. Mais comme dit le cher Victor Hugo « il n'est pas nécessaire de réussir pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer...».
En savoir plus sur Starwine ICI.
P.S. : non, je n'ai pas vraiment de miroir magique pour flatter mon égo. C'est juste pour illustrer ;-))
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3 commentaires
tiens une histoire que j'aime bien: je découvre un jour de 1985 ou 86 un article dans gault millau qui parlait du vin de voile de Robert Plageoles aussitôt on se regroupe avec des copains et on charge le père de l'un d'entre nous (contrôleur aux contributions indirectes de Gaillac) d'aller sur place en acheter 6 bouteilles.
le dialogue tel que rapporté après coup:
salut je voudrais 6 bouteilles de vin de voile!
Combien?.
j'en veux 6 bouteillles!
6 BOUTEILLES????!!!!!
6 BOOUUUUTTTTTTEEEEEIIIIIIIIIIIIIILLLLLLLLLLLLEEEEEEEESSSS!!!!!!!!!!!! tu es fou MAIS TU EN FAIS LE TRAFFIC!!!!!!!
C'était une autre époque!
Ce bon Victor Hugo devait connaître Guillaume d'Orange, a qui il a emprunté sa citation : "il n'est pas nécessaire d'espèrer pour entreprendre... ". Je découvre votre blog suite à notre dégustation amicale chez Winéis, et voulait vous remercier de ce beau voyage au pays des fées, et jusqu'en lointaine Sibérie. Je sais maintenant quel goût avait le fruit défendu qu' Eve tendit à Adam, et pourquoi il a craqué. Felix culpa !
Réponse de HB : cette citation est mise dans la bouche de Guillaume d'Orange par Victor Hugo dans une pièe dont j'ai oublié momentanément le nom. Mais je le retrouverai... Beaucoup d'auteurs pensent qu'elles est de Victor Hugo lui-même, d'autres pensent qu'elle était réellement la devise du sieur d'Orange, d'autres l'attribue à Charles le Téméraire. Pour ma part, en espérant qu'un homme plus cultivé que moi nous départage ;-)), je la laisse à Victor... Dites m'en plus si vous en savez plus, j'aime la précision... Cordialement, HervéBien cordialement
Malo
C'est quoi cette stigmatisation de Brignoles ? La médaille des soleils d'or, d'argent et de bronze fait l'honneur de l'appellation et de toute notre belle région Monsieur !!! Trouvez un autre souffre douleur.