Après-midi musicale


Ne comptez pas sur moi pour culpabiliser de n’avoir pas écrit depuis plusieurs jours. Du travail, encore du travail, tout se bouscule à la veille des vendanges (mes amis les Gauby ont cueilli leur premier chardonnay le 2 août…) et le temps n’était pas, la semaine dernière, à l’écriture. L’envie, elle non plus, n’était pas, je l’avoue, au rendez-vous. Pourquoi ? Je l’ignore.

Un peu de silence, c’est bien aussi, parfois.

Le vide étant fait, le désir, voire le besoin d’écrire est vite revenu. Il ne manquait que l’évènement, l’idée, le thème suffisamment intéressant pour redémarrer en beauté ce blog vigneron. Et  ce soir, honnêtement, je ne pouvais faire autrement que de vous raconter mon après-midi musicale…

Et oui, les amis, ce soir, vers 19 heures, j’étais sur scène, avec une dizaine de musiciens de musique classique, devant un public debout, en liesse, qui applaudissait à tout rompre. Non, désolé de vous décevoir, aucune fée mélomane ne s’étant penchée sur mon berceau ;-), je ne joue d’aucun instrument, ce que, comme tout le monde, je regrette souvent… Simplement, nous avions organisé, dans le cadre du festival Pablo Casal de Prades, un petit concert autour de la musique et du vin. On écoute. On regarde. On boit du Clos des Fées. Pas mal, hein ?

Plus que pas mal, en fait, car cela se passait dans une petite salle pittoresque perchée en haut du village d’Eus, un des plus beaux villages de France. En face, le Canigou. Partout, la musique. La salle était pleine, les gens charmants, les musiciens brillants. Le programme ? Une série de petites œuvres rigolotes et inconnues, en tout cas du "béotien classique" que je suis, toutes tournant simplement autour du vin, parfois juste au niveau du nom (avec même "L'heure du Berger », clin d'œil aux amateurs de pastis, ou "la danse de la Sorcière, histoire d'en boire en même temps ;-)). Allez, vu que l'on n'a jamais assez de culture, je vous mets le programme :


Musiques et vins

Wolfgang Amadeus Mozart – « Air du Champagne » Don Giovanni
András Adorján, flûte; Hagaï Shaham, violon; Rainer Moog, alto ; Arto Noras, violoncelle

Ludwig van Beethoven – « Pria ch’io l’impegno » - Final du trio op.11
Michel Lethiec, clarinette; Arto Noras, violoncelle; Jeremy Menuhin, piano; Vincenzo Bellini – « La somnambule »;  Jurek Dybal, contrebasse; Denis Weber, piano

Benjamin Britten – « Bacchus » métamorphose d’après Ovide
Jean-Louis Capezzali, hautbois; Henri Sauguet – « Une soirée à Saint-Emilion »; Amaury Wallez, basson; Denis Weber, piano

Alexandre Transman – « Danse de la sorcière »
Jean-Claude Vanden-Eynden, piano; Andràs Adorjan, flûte; Jean-Louis Capezzali, hautbois; Philippe Berrod, clarinette; Amaury Wallez, basson; André Cazalet, cor

Jean Françaix – « L’heure du berger »
Jean-Claude Vanden-Eynden, piano; András Adorján, flûte; Jean-Louis Capezzali, hautbois; Philippe Berrod, clarinette; Amaury Wallez, basson; André Cazalet, cor

Johann Strauss – « Aimer, boire et chanter »
Christian Altenburger, Hagaï Shaham, violons; Rainer Moog, alto; Arto Noras, violoncelle; Jeremy Menuhin, piano; Denis Weber, harmonium

J’ai été très impressionné, je l’avoue, par la performance du contrebassiste  Jurek Dibal, dans une œuvre complexe, gaie et émouvante à la fois, que, c'est étrange, il ne me semble pas retrouver sur ce programme... J'étais en train d'essayer, à ma décharge, de servir à 200 personnes du blanc à la bonne température ;-)). Le final était brillant avec cette légèreté de l'époque, où, pour certains,  « Aimer, boire et chanter » était un vaste et ambitieux  "programme de vie" finalement fort judicieux ;-))

Ne voyez dans cette belle après-midi aucune volonté, de la part des musiciens ou de moi-même, je vous rassure, d’une quelconque recherche « d’harmonie » entre le vin et la musique, entre le Clos des Fées et Beethoven ou Strauss;-)) Nous étions là juste pour le plaisir, entre amis, pour écouter de la bonne musique et boire du bon vin.

Tiens, au fait, il faudra un jour que je fasse un billet sur ce que j’aime écouter en buvant, du vin en général et le mien en particulier.  Vivaldi, dont j’ai découvert sur le tard la richesse et la finesse de l’œuvre, est numéro un aujourd’hui dans mon cœur. Bach, et bien sûr son « clavier bien tempéré », au piano (par Glenn Gould si possible même si les puristes m'en voudront sans doute), certains soirs, et pour certains vins « sérieux », est une musique qui change ma perception du vin, et dont l'incroyable « tempo » répond à mes sensations. Mais je l’avoue, les soirs où les amis et les vins sont moins « guindés », le jazz, en particulier vocal, reste, à mon sens, la musique de fond idéale pour partager un bon vin entre amis. Nous en reparlerons, c’est promis…

Bon, belle et enrichissante après-midi, chers amis. En cadeau, pour fêter le redémarrage tout en douceur  de ce blog, une merveilleuse vidéo de l’ami Glenn, assez incroyable, sur sa chaise légendaire, chantonnant et fusionnant littéralement avec l’œuvre… Le tout en un seul clic… Nous vivons décidément une époque formidable… C'est ICI.