Invité : Vincent Pousson

Amoureux du vin et de la vie, Vincent Pousson est un être à part dans le monde du vin, comme je les aime. Il est l'invité de ce blog, aujourd'hui, à travers une réflexion courte mais pertinente. Je la livre telle quelle, je l'aime bien car elle m'oblige à penser ;-)

À méditer…

L'image du vin se dégrade
Source : Le Figaro
26/11/2008 | Mise à jour : 16:13 |

Le vin est de plus en plus perçu comme un "produit à risques" pour la santé, selon une étude publiée aujourd'hui par le Credoc qui souligne aussi la tendance de ce produit, hier de consommation courante, à "s'embourgeoiser".
Avec la montée des préoccupations de santé dans l'alimentation, le vin est considéré par 51% des Français comme le deuxième produit présentant des risques pour la santé, derrière la charcuterie (71%), selon le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc).
La prise de conscience a été "spectaculaire" puisqu'en 2003, seulement 26% des Français le jugeait comme un produit risqué, souligne le Credoc.
Hier produit du terroir, symbole de l'identité gastronomique française, le vin est désormais considéré comme un produit alcoolisé comme les autres, souligne le Credoc.
Ce changement de perception doit beaucoup aux politiques de sécurité et santé publiques. L'étude cite notamment la mise en place des contrôles de vitesse ou encore l'obligation de mettre en garde contre la consommation d'alcool pendant la grossesse.
Le vin n'apparaît plus comme un produit alimentaire nécessaire. Alors qu'au début du 20e siècle les ouvriers se voyaient affecter une quantité journalière de vin par le patron et que dans les années 1960 la consommation était encore quotidienne, le vin est désormais un produit secondaire.
La consommation moyenne annuelle a ainsi chuté pratiquement de moitié, de 103 litres en 1975 à 55,4 litres en 2005.


Commentaire de Vincent :
Bravo aux « politiques publiques » qui ont remplacé un anxiolytique (le vin) qui payait ses impôts, faisait vivre des millions de gens et jouait un agréable rôle de "lubrifiant social" par des anxiolytiques (pharmaceutiques) tout aussi nocifs, moins culturels et chèrement remboursés par la SS. C'est le progrès, il faut penser propre, regarder la Télé et ne plus dire de gros mots. Le meilleur des mondes ?

7 commentaires

#1. Hervé Lalau | mardi 2 décembre 2008 - 10:22

Dans un même ordre d'idées, ce petit mot sur le vin et la liberté de la presse... au Monde

Abonné à l'édition électronique du Monde, Jacques Berthomeau (vous savez, l'homme du fameux rapport) a reçu voici peu une alléchante proposition: "Publiez votre chronique sur le Monde.fr".

Berthomeau n'a fait ni une ni deux: "J’ai décidé de faire une expérience: copier-coller ma chronique de samedi, intitulée "La surpâture, la goinfrerie et les plaisirs simples de la vie : chronique d’un jouisseur", pour voir quel sort la « modération » du Monde.fr lui ferait.

Refus. Normal, j’y parlais du vin. Le sanitairement correct règne en maître"…

Et la liberté d'opinion, où règne-elle, au Monde?

Que font le SNJ, la ligue des Droits de l'Homme, Reporters sans Frontières? Le lobby hygiéniste est-il plus fort que Pinochet, la Chine, Poutine, Sarkozy et Bush réunis?

#2. 1ppy | mardi 2 décembre 2008 - 15:55

Bonjour,

Si bien il n'y a pas le moindre doute qu'une campagne trop serrée et trop généraliste mélangeant qui plus est les torchons avec les serviettes ne peut avoir qu'une influence négative sur l'image du vin, j'ai lu dans de nombreux commentaires (impossible de remettre la main sur les liens) que ce sont majoritairement les produits chimiques utilisés qui sont principalement responsables de cette mauvaise image.

Le rapport du Credoc le mentionne clairement: "Les craintes sanitaires des consommateurs en 2007 sont en premier lieu celles concernant les traitements des cultures ; le secteur viti-vinicole doit être attentif à réduire l’utilisation de pesticides et à communiquer sur les progrès qui seront faits" (http://www.alsace-du-vin.com/images... page 6, paragraphe 2.1).

Justement, le paragraphe 2.5 fait référence aux vins bios: "La demande de vins bio se fait nettement sentir et le potentiel de hausse reste important car le vin bio est le produit bio le moins acheté en 2007 en raison d’une apparition récente sur les marchés."

Attention, je tiens à préciser qu'on est en train de parler d'image, pas de vérité. Ce n'est pas la même chose "les gens ont l'impression que..." et "les gens ont raison que...". Le problème est tout simplement qu'il est plus difficile de vendre quand l'image est moins bonne.

Alors, ¿Faut-il rentrer dans le jeu de l'image et leur vendre ce que les gens croient qu'il faut faire: du bio plus ou moins vrai, c'est à dire automatiquement plus ou moins faux? Faut-il essayer de leur dire et expliquer la vérité sur tout: le bio et le pas bio? Faut-il leur expliquer quelque chose d'aussi simple que que le problème n'est pas de boire une bouteille de vin avec des amis sinon de prendre la voiture juste après? Ou une campagne "Vin ou Prozac, il faut choisir"? ;-)

#3. 1ppy | mardi 2 décembre 2008 - 21:43

[j'ai retrouvé le lien auquel je faisais référence, tout en insistant sur le fait que l'on parle de l'image qu'ont les français du vin, un sujet en relation mais en même temps différent de la réalité du vin]
C'est sur Libé Bordeaux (info reçue sur le blog du "Big Mauss" du Gje ;-)): http://www.libebordeaux.fr/libe/200...

#4. laurentg | mercredi 3 décembre 2008 - 09:54

J'avais déjà fait passer l'info ici : http://gje.mabulle.com/index.php/20...

Croisé quelques fois Vincent Pousson chez des cavistes toulousains.

Je crois que la revue "ovalienne" qu'il animait a périclité.

#5. Michel Smith | jeudi 4 décembre 2008 - 17:49

Il me vient une idée. Quelque chose d'aussi stupide peut-être que ces innombrables peurs que nous cultivons depuis une bonne décennie sur l'avenir du vin, avec son lot de sondages, sa ritournelle sur les bienfaits et les méfaits du jus de la treille fermenté, ses chiffres alarmants qui nous abreuvent. Et si nous faisions l'autruche ? Si nous, journalistes ayatolhas (je sais, il y a probablement une faute), cessions de commenter ces études et ces reportages télé aussi dégradants que pitoyables ? Si nous, consommateurs, cessions de nous sentir coupables ? Si nous, amateurs, cessions de sacraliser le vin comme le faisaient nos parents. Il est grand temps d'aimer le vin pour ce qu'il est : une source actuelle, moderne, un plein inestimable de plaisirs, de bienfaits. Il est temps d'affirmer haut et fort, au détour même d'une simple conversation, que nous aimons le vin pour ce qu'il représente de force, de vigueur, d'humanisme, de simplicité, de culture, de nourriture, que sais-je encore. Je ne donne pas de leçon, mais le vin qui traverse une crise chez nous, et non ailleurs, doit être notre seule force. Et avec, ceux qui le font et qui progressivement entrent en résistance. C'est cela : comme le disait Vincent Pousson il y a quelques années, et comme il l'a maintes fois prouvé pour qui le connaît, entrons en résistance. Chacun à notre manière, continuons à boire dans la joie et l'amitié. Sans chiffres, sans grands crus, sans peur, sans reproche, sans se soucier des lois et des règles. Buvons, buvons du vin. Avec excès. Sans modération.

#6. 1ppy | vendredi 5 décembre 2008 - 09:04

Pour faire l'autruche, il faut être né autruche.

Faire la sourde oreille - et l'aveugle œil - à des informations (cette image est bien réelle même si elle ne reflète peut-être pas la réalité), c'est à mon avis incompatible avec la simple possession d'un cerveau: c'est en quelque sorte inhumain. Même si c'est plus simple, pratique,...

#7. Michel Smith | vendredi 5 décembre 2008 - 18:17

OK, moi j'veux bien... Je ne vais pas vous saouler. Mais je n'accepte plus désormais d'accorder une once de crédit à toutes ces balivernes que l'on nous déverse sur les ondes officielles. Mon cerveau et moi entrons en résistance en vidant le plus de bouteilles possible. C'est un acte positif et civique. Je n'accepte plus que mon pays du vin régresse à ce point. Facile, je sais. Mais si tout le monde buvait son verre de vin quotidien, notre France humaniste garderait son rang de pays producteur fier et positif. Je prends cela aussi sur le ton de la rigolade. Je songe aux jeunes à qui je refile mes flacons et sui trouvent ça bon (ce serait encore meilleur en pack et pourquoi pas ?), aux SDF à qui j'irai, c'est promis, porter la bonne bouteille, aux associations hygiénistes et aux bons tours qu'on pourrait leur jouer, aux prisonniers privés de la dive bouteille, aux soirées entre voisins, aux fêtes du vin que certaines communes organisent sans rencontrer trop de problèmes, aux écoles publiques qui, dans les zones viticoles, arrivent à convaincre les parents de l'utilité d'une vigne des enfants, etc. De petits actes de résistance, oui. Et si tout le monde s'y mettait ?

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