La France du Milieu
Je ne sais pas vous, mais je me suis souvent demandé si je faisais partie de la "France d'en haut", où de la "France d'en bas". Cette formule d'un démagogisme parfait peut s'appliquer à tant de sujets qu'elle n'a en fait pas vraiment de sens quand on prend la peine d'y réfléchir.
Pour les vacances, en tout cas, cette année, on a fait la France du milieu. Le centre, quoi 
Je vous le dis, mon Dieu qu'elle est belle! Nous vivons dans un pays magnifique, à l'histoire ancienne et complexe, aux nuances architecturales formidables, aux paysages grandioses. La crise permettra t'elle à certains de découvrir qu'il n'est pas besoin de s'enfermer dans un camp de concentration en république dominicaine ou ailleurs pour être heureux ? Je le souhaite. Une petite semaine entre la Dordogne et les gorges du Tarn suffisent aussi à s'émerveiller de la qualité de notre réseau routier, sorte de grand ruban d'asphalte qui permet de se déplacer rapidement d'un lieu à l'autre, puis de rayonner de châteaux en grottes, de vallées encaissées en villages oubliés, de plateaux désertiques en parcs à la française.
Oh, rassurez vous, je vais vous éviter un diaporama de vacances, mais je ne résiste pas à illustrer mon propos de quelques photos prises ici ou là... Oh, je sais, elles ne sont pas très bonnes mais je ne suis pas un grand photographe mais un bon père de famille, alors, sur les meilleures, on voit surtout des enfants en train de jouer - les miens - et elles n'ont donc pas vocation à être publiées ici.




Que retenir de ces quelques jours de vacances ? Et bien d'abord que les restaurateurs et hôteliers ont bien plus de problèmes que nous, vignerons, à trouver du personnel... Que le personnel formé se fait rare et que l'on arrive désormais au vrai problème : dans les restaurants, il n'y a parfois plus un seul "vrai" pro, avec de l'expérience, du métier et de la finesse pour former les jeunes. Que globalement, d'ailleurs, même les jeunes qui semblent de bonne volonté, ne sont plus que très peu formés dans les restaurants eux-même, soit qu'on ait plus l'envie, soit qu'on ait plus le temps... La verrerie a fait quelques progrès, la température des vins, non...
La cuisine moléculaire semble marquer le pas, personne ne s'en plaindra, "le talent n'excusant pas l'absence de génie", comme disait Drieu (je crois ;-). Comme "'l'ignorance n'excuse pas l'impolitesse" comme disait je ne sais plus qui ;-). "L'écume" de "tout" est le succès de l'été, en revanche, les "mousses" de n'importe quoi aussi ne progressent plus et l'on s'en réjouira, pas trop vite cependant tant elles sont désormais le standard d'amuse-bouche improbables qui vous font regretter un bon petit ramequin d'olives. Les produits locaux sont encore mis en valeur sur quelques bonnes tables (gouté des agneaux et des veaux de toute beauté...), pour le reste, tout dépend de l'éloignement du Métro le plus proche... De toute façon, les poissons sont désormais d'élevage et il faudra bien s'y habituer. Pour la TVA qui baisse, on repassera, mais ça, vous l'aviez vous aussi remarqué 
Au niveau des cartes de vins, on peut et c'est heureux, trouver son bonheur sur presque toute celles de restaurants "moyenne gamme" à des prix sur lesquels nous ne reviendrons pas, sous peine d'enfoncer des portes ouvertes et de se fâcher... Mais le conseil sur les cartes, le conseil ÉCRIT, l'explication, la pédagogie, tout cela ne se développe toujours pas, ce que je déplore alors qu'il est si agréable et si efficace, et que parler de vin d'une manière intelligente à un être humain relève dans l'immense majorité des restaurants du fantasme pur et dur, celui que l'on assouvira jamais...
Partout, des "menus du jour". Nulle part, des "vins du jour", avec une petite carte de situation, une photo piquée sur un site internet du vigneron ou de sa cave, un texte qui donne envie et un "pourquoi j'aime ce vin et pourquoi je le vend" qui vous ferait si facilement basculer alors que vous vous étiez juré, ce jour là, de ne pas boire...
L'informatique a fait des progrès colossaux, tout le monde ou presque la manipule aisément tant cela est devenu facile, tous les domaines viticoles ou presque on des sites et pourtant, les cartes des vins se limitent toujours à des listings sans âme, des listes de noms et de prix qui mettent mal à l'aise les gens normaux, leurs posant de nouveaux problèmes au lieu de leur donner des solutions... Bon, j'arrête là, je suis aussi coupable que toute la filière, me contentant de critiquer sans apporter de solutions concrètes.
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8 commentaires
Tes billets méritent Le Monde ou même Libé !
Pour la qualité de contenu, heureusement, il y a désormais sur Internet des forums et des blogs de passionnés de vins... comme le votre !
Repas il y a quelque temps dans les Corbières (une belle table).
Il a fallu négocier ferme pour amener le vin (car c'est un peu rageant de payer si cher des cuvées que nous connaissons bien, agréables certes mais tellement surévaluées - en prix - à table).
Combien nous aurait coûté un Clos de la Roche VV 2001 de Ponsot ?
Auto-pub (profitons-en... ; ) )
La première photo, le Jardin de Marqueyssac dans le Périgord noir, derrière la tour, le château de Beynac, très loin derrière. la deuxième, prise du belvédère du même jardin (à confirmer par l'artiste...).
Une anecdote de plus concernant le (mé-)service des vins : le restaurant "Côté Jardin" (Pascal Riss) propose un menu "terroir" d'un excellent rapport q/p à 31€, testé il y a quelques jours (malgré la situation de l'hôtel en bord de N7, en plein coeur de St-Maximin). Sur la carte des vins, quelques références provencales intéressantes, mais ... aucune indication de millésime !
Dans un petit resto de village ça peut se comprendre, mais dans un établissement proposant des menus à 30 et 50€, à vocation gastronomique, je trouve ça incroyable ...
Deux jours plus tard, en Italie (restaurant "Il Centro", Priocca - CN), un superbe sauvignon 2001 d'Armando Parusso, à ... 25€ sur table.
Dans un établissement réputé pour être un des dix "à retenir" dans le Piémont !
Un coup de Google vient de me faire trouver le millésime 2004 de la même cuvée (Bricco Rovella) à la carte d'un palace bernois pour la modique somme de 78 CHF ...
Une précision sur les coefficients des vins exercés dans les restaurants, en France il est normalement de 3 , hélas trop souvent pratiqué à 4 , voir plus, en Italie le coefficient des vins est 2 (mais là aussi cela change) , mais sur votre addition vous payer le couvert , le pain et également les garnitures ........., je ne connais pas les coefficients sur les vins en Allemagne mais je pense qu'ils sont comme en France, en Italie c'est d'un vin italien dont vous parlez alors qu'en Allemagne vous parlez d'un vin importé; En France un vin Italien acheté au Domaine en Italie à 10 euros peut , hélas arriver en France sur la table d'un restaurant à minimun 50 euros voir plus selon le restaurateur ! .
A part cela je trouve que les restaurateurs devraient faire un GROS effort sur la présentation de la carte des vins. Heureusement pour les curieuses et curieux il y a les sites et les blogs, merci à ceux qui les font.
D'accord avec vous tous ! Il m'est arrivé de boire en Italie des vins de chez nous moins cher que dans un restaurant de chez nous. Quant aux Corbières, c'est scandaleux de penser que, sous prétexte que l'on est dans une grande région viticole et que la plupart des vignerons dignes de ce nom sont voisins et qu'ils livrent, en prime, on ne puisse s'offrir de bons crus locaux à prix décents. Michelin devrait sévir de ce côté-là, mais j'enfonce une porte ouverte.
@Christine,
J'échange volontiers les 2€ de couverts (qui ne sont même plus systématiques), et les 5-10€ pour l'assiette de contorni (que je prends rarement), contre un coef multiplicateur plus doux
Concernant mon exemple, bien sûr que la proximité du vignoble ("Il Centro" est dans le Piémont, et il s'agissait d'un blanc des Langhe) aide à obtenir des prix raisonnables, mais je parle quand même d'un établissement du niveau d'un 1* en France. Je pense qu'il est illusoire, dans l'hexagone, de penser trouver une bouteille (à maturité !) sur une carte de ce niveau à un prix pareil, même au coeur des vignes.