Vendanges 2009 - Jour 7 -Parthénogénèse
Je sais, je sais, chers amis Docteurs, je devrais parler de parthénogenèse arrhénotoque car je suis un mâle. Mais tout le monde à compris : il faut que je me multiplie, que je me divise alors que je n'ai rien d'un angiosperme ;-). Trop tard pour me cloner, Georges
Alors, aujourd'hui encore, je vais devoir courir...
6h39 : le pressoir est rempli et commence son cycle. Dans dix minutes, Serge va partir pour tenter de finir le dernier Carignan de la Chique avec une équipe (magnifiques, les carignans, cette année, vous l'ai je dit ?). Pour ma part, je parS vers l'opposé, en diriger une autre pour tenter de terminer les blancs, à 15 km de là. Puis on va bouger, se déplacer, commencer nos sauts de puce de minuscules parcelles en minuscules parcelles. Une (grosse ?) abeille qui butine, tiens, voilà une image qu'elle aurait été bonne aussi. Mais sans le costume. bzzzzz, ma formation de l'école du rire ressort à fond, ce matin
La lune, qui décroit, peut-être. La fatigue, plus sÛrement.
Hier, première soirée dite du "Mehnir abattu". Je me couche, je m'endors. A 21 heures. Comme dans la belle au bois dormant, si vous voyez ce que je veux dire. Transformé en grosse pierre en un clin d'œil, en un coup de baguette. Claudine adore : elle me pose une question, je fais la moitié de la phrase et hop, plus personne jusqu'au lendemain, à partir de cinq heures où là, au contraire, son vigneron de mari commence à se tourner dans tous les sens, intérieur et extérieur, tant il cogite à son programme du jour, pour tenter de se rassurer que c'est le bon, qu'il n'y en pas un meilleur, que c'est LE moment d'aller vendanger pour la vigne X ou la vigne Y, que le camion qui part du point A pour aller au point C avec l'équipe 1 va bien retrouver l'équipe 3 pour vendanger au point X, rejoint entre 13h et 13h 30 par l'équipe C, qui a la benne indispensable au relais, etc. Les baignoires ? Les robinets ? De la rigolade...
Bon, en plus du pressoir, des vendanges, j'ai les chasseurs à 8h pour les dégâts de sangliers, les vinifs qui démarrent au Clos des Fées et à Walden, les olives, un camion à porter à réviser, plus tout ce qui va se rajouter au fur et à mesure que le soleil tournicotera dans le beau ciel bleu... Je ne me plains pas, j'énumère
Au contraire, chers amis, il y a un grand sourire quelque part en moi car ce métier je l'ai choisi et je l'aime tellement...
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2 commentaires
Salut Herve,
courage avant tout, mais aussi plaisir, c'est ca les vendanges !! vigneron, c'est le plus beau métier du monde !!
Pablo
Hervé, Bravo!
Nous ne lisons pas le blog d'un vigneron narrant ces vendanges : nous sommes des vignerons vivant vos vendanges (d'ailleurs rien qu'à lire, j'en ai presque mal au dos ;-))
Oui, je suis dithyrambique (et le terme est choisi ;-)) mais je suis impressionné par votre plume alors que votre temps est si précieux.
Bref, merci!
Signé : un lecteur impatient de la suite!