I believe I can fly

I believe I can touch the sky...

Dernière journée à Shanghaï. Déjà.

On s'accorde une demi journée de flânerie. On l'a bien mérité, non ?

La journée commence doucement, mais on sent bien, dans l'air, qu'il y a quelque chose, un bon présage, un ciel bleu, une température parfaite. François nous pilote gentiment dans le dernier carré historique de la ville. 98 % de touristes chinois flânent au milieu des boutiques et des attrapes touristes. On se fait bien sûr attraper un peu... Mais très vite, on s'éloigne et on rentre dans la vraie vie, dans le vrai Shanghaï populaire. Populaire comme nous, finalement, paysans du Roussillon en voyage ;-) I'm a farmer et je l'assume.

On s'enfonce, doucement, dans les ruelles, vers le marché où, quelque soit l'endroit où je voyage, j'essaie de poser un pied. Dis moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es, non ?

Les étals sont à même la rue, ou dans de minuscules échoppes, sans aucune hygiène, sans même un frigo. Et donc la plupart des animaux sont vendus vivants, garantie de fraîcheur difficilement contestable...

Le poissonnier me fascine avec ses bassines qui regorgent de poissons de rivière plus où moins en forme.

Il y aussi le boucher, qui débite en temps réel. On regarde avec attention : oui, c'est bien du chien, on dirait...



Et on peut même choisir son morceau avant. NANNNN , je rigole, ça c'est le chien du voisin ;-)

Je regarde avec fascination ce wok bricolé qui fait un feu d'enfer et qui est exactement ce qu'il me faudrait à Vingrau, plutôt que tous ces trucs tout fait qui ne montent pas assez vite en température..

Entre deux pagodes, je fais cette photo, bon résumé de la mutation que vit ce pays à marche forcée... J'ai vraiment envie de monter là haut, marcher dans le ciel à 400 et quelques mètres de hauteur. C'est parti.

Incroyable expérience... La tour est haute, bien sûr, mais tout est organisé au niveau de la muséographie, des musiques, des ascenseurs pour vous faire entrer dans un monde futuriste, dépouillé, aux matériaux incroyables, aux lumières hallucinantes. On est dans Startrek. Au sommet du décapsuleur, on marche sur des dalles transparentes, au dessus du vide. My name is Skywalker, Hervé Skylwalker. Tout le monde regarde en bas. Au bout d'un moment, je regarde de l'autre côté : une femme de ménage passe avec concentration une serpillère pour que la vue soit parfaite. Drôle de destin, que celui de faire le ménage au sommet de la plus haute tour du monde. 

Bon, il est temps d'aller manger. Boire de bons vins, manger de bonnes choses, rencontrer des hommes et des femmes passionnants, c'est un peu le résumé de mes aspirations, non ? Au sou-sols de la tour, une dizaine de restaurants. C'est grand. Le moindre détail est calculé, le moindre matériau superbe et chaque corner donne envie : nouilles chinoises préparées devant vous, sushis servis dans des terres cuites pour lesquelle je me dannerais, pizza au feu de bois, bar fusion, le gars qui a conçu ça, j'espère le rencontrer un jour dans ma vie car c'est un génie du bien vivre.

Une heure à perdre avant le tasting du soir. Un massage du pied s'impose. 8 euros, une heure de félicité. Ceux qui aiment se faire masser les pieds me comprendront. Les autres, que font ils sur ce blog ? .-) ;-)

On arrive chez Franck, légers, légers. L'endroit est... vrai. Et donc génial. Loin de considérer les chinois comme des mômes qu'il faut "déformer", Franck leur ouvre juste son cœur et met devant eux ses passions : pâté maison à lécher le plat, Jambon persillé qui pourrait bien décider Jean-Pierre Coffe à venir un jour à Shanghaï, pain craquant et beurre cru de Philippe Olivier. Les expat sont accro, les chinois sentent qu'ici on les prend pas pour des cons et adhèrent. Après, il ne faudra plus leur raconter des conneries. Une vraie "expérience". Dans la cave, au sol de gravier, les noms des vignerons que Franck aiment donnent le ton. Ici, c'est vin d'auteur ou rien. On est dix. Dix sept bouteilles plus tard (hum...), je crois que tout le monde est convaincu par les vins du Clos des Fées. C'est si simple, le vin. Quand c'est vraiment bon, on a du mal à s'arrêter d'en boire. Un petit sorbet citron vert (le meilleur de l'année, un comble) pour se remettre en forme, et la nuit continue. Sofree, pitié je veux apprendre à danser la Salsa !

5 heures du matin, je commence à faire ma valise. L'aéroport est super loin et l'avion super tôt. Pourquoi dormir, finalement. Cela faisait bien quinze ans que je n'avais pas fait une nuit blanche. L'énergie de cette ville est incroyable, son côté sauvage et vrai aussi. Au revoir. A bientôt...

2 commentaires

#1. denis | samedi 7 novembre 2009 - 18:04

Depaysant comme récit... On doit avoir l'impression d'être dans un rêve.
Petite anecdote du jour : en faisant mes course au Champion (pardon au Carrefour Market, j'arrive pas à m'y faire à la mondialisation) ce matin, je passe (comme toujours) au rayon Vins. Comme les amis vendangeurs ont mis un coup à notres stock "vins de copains", je n'ai plus de Domaine de la Chique (ni de Walden d'ailleursn ils ont tout sifllés les goujats). Je me dis que même si ce n'est plus la FAV, il en reste peut être. Et c'est le cas, mais le rayon Languedoc/Rousillon étant trop petit, les bouteilles de La Chique deborde dans le rayon voisin.....celui des Vins du Monde.... Surprenant, non ? Un signe peut être ?

En tout cas, bonne fin de voyage

Denis

#2. so | mardi 10 novembre 2009 - 10:05

Hmm, il y a des chances pour que ton fils sache danser la salsa avant toi mais je suis toute disposée à te donner des cours particuliers. Commence à travailler le "lâcher-prise", le reste viendra tout seul !

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