Revue de Presse
Certains jours, je l'avoue, j'aimerais bien avoir un blog généraliste. Un truc qui parle un peu de tout et de n'importe quoi (bon, je sais, c'est déjà le cas ;-). Un "grappillage de week-end" comme le fait François Mauss le vendredi. Mais bon, c'est un blog de vigneron, alors...
Alors, vous l'avez compris, ce matin, je me me permets une petite infidélité à mes passions pour la nourriture et le vin pour vous parler de quelques sujets qui me tiennent à cœur, ces jours ci. J'ai nommé :
- la Grippe, avec un grand G tellement ça nous gonfle. Après un long débat, comme dans tous les couples qui ont de jeunes enfants, j'en ai peur, Claudine a enfin trouvé un article extraordinaire d'honnêteté et de précision, qu'il faut lire pour tout comprendre et se décider en connaissance de cause. C'est peut-être déjà fait, sinon, c'est ICI et ça éclaircit drôlement l'esprit, tout en me laissant pensif : pourquoi politiques et journalistes nous prennent t'ils pour des débiles et nous distillent-il une information "purée", considérant sans doute que nous n'avons pas de dents; ou pas de cerveaux...
- l'identité nationale. Hum. Entendu à la radio certains extraits des débats. Pas vraiment d'avis sur l'aspect "couleur de peau" ou "religion", vous l'imaginez. Je ne vois pas ce que ça a à voir avec le fait d'être ou de se "sentir" français, vraiment. En revanche, stupéfait qu'on ne parle pas de langue, de vocabulaire, de contes de fées communs, de coutumes, de quotidien et surtout, surtout de nourriture et de vin... Quoi de plus réunificateur que de partager des habitudes alimentaires ? Quoi de plus intime, au final ? Dis moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es, non ? Je n'ai vu pourtant personne dire que l'identité nationale se faisait bien souvent autour d'une bouteille de vin et d'un bon petit plat mijoté. Et même si le couscous fait pratiquement partie de la gastronomie française, peut-être que plus que la croyance en un Dieu ou en un autre, les interdits alimentaires de l'Islam font plus pour séparer les hommes que tout le reste des livres saints. Un bon sujet pour Périco Légasse 
- beaucoup de commandes au Grand Tasting. Merci à tous nos clients et nouveaux clients, qu'ils aient stocké du Clos des Fées pour le mariage de leur bébé ou fait un choix, voire un sacrifice pour s'offrir une bouteille de vieilles vignes. Un peu désespéré, au retour, de voir cet argent immédiatement évaporé, comme une goutte d'eau sur un poêle brûlant, en taxe professionnelle, acompte IS, taxes foncières et autres impôts et taxes diverses et variées, très variées, qui sont le lot de l'entrepreneur en fin d'année. Rageant. Encore des investissements que je ne pourrai pas faire. Encore des programmes d'amendements intelligents que je ne pourrai mener à terme. 12 ans bientôt que je fais du vin, tous les comptes toujours dans le rouge, un salaire moins important qu'il y a quinze ans : dire qu'il y en a certainement qui croient qu'avec nos prix de vente, nous sommes milliardaires... Et je pense à mes collègues moins connus, moins dynamiques, moins "dans la vague" : il y a des drames qui se préparent...
- la simplification de l'administratif se poursuit. Voilà comment ça marche. On agite la main droite pour attirer le regard et on dit : simplifions. Pendant ce temps, la main gauche pond tous les jours un nouveau règlement, un nouveau cahier à tenir, une nouvelle règle sociale ou fiscale qui rend le métier d'entrepreneur - et donc de vigneron - de plus difficile, complexe, procédurier, l'éloignant de plus en plus de ses bases, cultiver, vinifier, vendre. A mon avis, impossible désormais pour un homme seul de se lancer dans ce métier. Et s'il préfère les hommes aux machines, qu'il sache que tout est désormais en place pour le dégoûter vite et bien. A la clé, je suis pas loin de penser qu'il ne restera dans 15 ans en France pratiquement plus aucun vignoble en forte pente destiné à faire des vins à prix raisonnables.
- réunion sur le bio pour Serge hier. Le projet est de passer la Chique en labellisation bio dès l'année prochaine. Surprise, tous les intervenants préviennent : bio égal moins 30 à moins 50 % de rendements dès la deuxième année. Et avec des gens qui bossent bien. Avec la pression des pouvoirs publics sur le passage en bio, beaucoup vont se laisser tenter, voire y être obligés. C'est sans doute bon pour la planète. Mais où trouver un équilibre économique ?
- grosse dispute au téléphone avec le support technique CIEL. Logiciels imparfaits, mises à jour invisibles, support technique navigant entre incompétence et arrogance, service commercial digne d'un dealer qui vous tient et ne vous lâche plus, il est temps de chercher une alternative à un logiciel qui ne nous a jamais satisfait et que je déconseille fortement à tous les vignerons qui lisent ce blog. En tout cas sous Mac. Sous PC, j'espère que c'est mieux.
Bon, un gros melting-pot, mais ça fait du bien de parler
Allons vite préparer les commandes avant la grève des routiers. Manquait plus ça. Prendre les innocents en otage, dès qu'on a du pouvoir, pour augmenter les avantages acquis bien supérieurs à ceux qui n'ont rien pour serrer... : ne souhaitons pas trop vite à nos français récemment arrivés de prendre les travers de ce qui, malheureusement, constitue aussi notre identité nationale.
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3 commentaires
- Très bonne idée d'écrire de temps en temps sur certaines choses qui n'ont aucune relation avec le vin: ça aère le blog pour les visiteurs, et la tête pour le bloggueur
- En effet, l'article sur la vaccination est vraiment excellent. C'est ce que l'on peut appeler une lecture "définitive" qui permet enfin de se faire une opinion raisonnée et raisonnable.
- L'identité nationale, ce sont des caractéristiques communes qui divisent plus qu'elles unissent: à chaque fois que l'on se rapproche particulièrement de 60 millions de personnes, on s'éloigne de 5.940.000 autres. Si encore les rapprochements étaient thématiques et non pas nationalistes (= fruit du hasard), ce serait une source de diversité car l'identification se feraient à chaque fois avec des gens différents. Au lieu d'essayer de créer une masse A de x millions de personnes telle que A inter B = ensemble vide.
D'autant plus qu'on le fait en fonction de détails futiles comme la couleur, la langue, la forme des yeux, le passé (qu'on a pas vécu),... Même la nourriture me paraît un signe futilité d'identité tout en étant une source fantastique de plaisir de convivialité.
Une nation, c'est une tribu avec un drapeau et une chansonnette.
- Les joies de l'administration française: il est difficilement supportable de se faire emmerder. Mais se faire emmerder par une administration que l'on paye de sa poche, on rase le masochisme. Un jour, il faudra faire quelque chose..... (dit-on depuis une éternité).
Et le pire c'est que, comme le montre entre autre ton cas CIEL, les entreprises privées avec un certain pouvoir se sont mises elles aussi à maltraiter leur client car cela est rentable: plus de forces pour se battre contre tous, plus envie d'être tout le temps en train de raler, plus le temps de passer ses journées à chercher des alternatives, on apprend à encaisser les coups en courbant l'échine, en même temps qu'on rale au diner, au bistrot ou sur son blog
On va dire que c'est mon dada avec Libé : mais va lire l'édito du dernier Fig Mag et celui d'Imbert dans Le Point.
Ton italien à la rose, que j'ai contacté avec l'adresse de ton blog : il en est tout émotionné de ton papier : vive l'Europe du Vin !
Ah mais si, j'ai lu un papier qui cause de l'identité nationale, c'est l'édito de Bettane et Desseauve dans le cahier spécial "vins pour les fêtes" de la dernière édition du Monde Week-End