Un métier de plus : pêcheur

Vous aimez les filets ? Alors bienvenus à la pêche aux olives...

Après la version mécanique (filtre hydraulique bouché, en commande en Italie, on apprend avec le vendeur les tenants et les aboutissants d'un matériel nouveau dans la région), je vous propose la version manuelle.

Allez, je vous mets une petite musique, parce qu'aujourd'hui, avec nos filets, on se prend vraiment pour des pêcheurs...

Apparemment, la musique n'apparait pas sur tous les navigateurs... désolé, on atteint les limites de ma compétence informatique ;-)

Bon, alors, D'abord, s'habiller comme un oignon, c'est à dire avec plusieurs bonnes couches de protection, tout en ne se couvant pas trop pour ne pas être en sueur... Tenter de trouver des vêtements qui permettent de se protéger du froid et du vent, tout en laissant passer la transpiration. Parce que malgré les - 2°, ça va transpirer, pas d'illusion.

Là, c'est Édouard. Il part aujourd'hui en Pologne, retrouver sa famille, et où on a un hiver normal, à - 15 °. Donc, il sourit ;-)

Donc, commencer si vous le voulez bien à étaler les filets sous les arbres.

Lutter contre les brindilles et les genêts-scorpion qui s'emmêlent dans le moindre interstice.

Penser à enlever ses gants parce que démêler avec des gants, c'est poétique, mais peu efficace. Commencer à avoir froid aux mains.

Bon, c'est là qu'on va jouer au pêcheur...

Tenter de dénouer, de démêler ces maudits filets.

Étaler sur la rangée du bas, en bénissant Pierre qui a eu l'idée de jouer à Spiderman en attachant les angles des filets aux arbres de la rangée du dessous, telles de gigantesques toiles qui vont retenir les olives. Puis mettre le filet sur la rangée du dessus, sur le précédent, en évitant de se gourer sinon les olives vont foutre le camp.

Caler le tout avec des pierres, avec des caisses, pour éviter que la tramontane vous transforme en aile skysurf sans surf. Rouler soigneusement le bord du bas, pour faire un bourrelet qui dira aux olives : STOP !

Parce qu'elles ne pensent qu'à ça, les olives, à foutre le camp...

C'est déprimant.

Tu crois qu'elles y mettraient du leur et rouleraient dans le bon sens ? Que nenni, chers amis, c'est chacun pour soi, sauve qui peut et ça sautille dans tous les sens dès qu'on commence à les toucher, comme des pop-corn dans une poêle bien chaude...

Bon, allons y pour la séance d'aérobic-streching-musculation : il faut lancer l'olivium en haut et le ramener, à bout de bras, en le laissant faire tac-tac-tac-tac dans les branches. On peigne et c'est du sport, je vous le dis. Quand je pense qu'y en a qui payent pour faire du powerplate !

Viendez, viendez, c'est gratuit, l'exercice, dans les oliviers ;-)

Au final, si tout va bien, vos quelques olives viennent se caler doucement au fond du filet.

Tel un pêcheur encore au fond de sa petite barque, relevant ses filets et en détachant les poissons, il faut les faire rouler doucement d'un bout à l'autre du filet, puis les mettre dans une caisse sans tout faire tomber à côté.

Après trois ou quatre tentatives avortées, on fait attention, je vous assure... Oh hisse, matelot !

Au final, bien peu de récolte pour tant et tant d'efforts.

Quelques caisses, qu'il faut encore transporter jusqu'aux palox, puis jusqu'au camion, puis jusqu'au moulin..

20 kg par caisse. Plus que 80 tonnes à rentrer. On est pas rendu !

Elles sont pas belles, mes olives ?

On fait du fruité vert, avent la trêve de Noël.

Avec le froid, amertume et ardence se calment, on sera parfait au niveau maturité pour reprendre la récolte début janvier.

En espérant que le vibreur soit prêt. Vous remarquerez que dans la catégorie vibreur, les gars du Roussillon, ils ont du matos ! ;-)

Manque plus qu'à former Claudine au reprisage des filets, le soir à la veillée ;-)

Bon, en tout cas, je sais pas vous, mais depuis que j'essaie d'en faire, je vois pas l'huile d'olive de la même façon quand je la fais couler sur mon poisson...

7 commentaires

#1. maussc | jeudi 17 décembre 2009 - 21:02

Si c'est un film le petit zizi coloré, cela ne marche pas sous Firefox - Mac : problème ?

#2. Flat | jeudi 17 décembre 2009 - 22:49

Salut,
Un grand bravo aux paysans du fin fond du Roussillon qui prouvent que beaucoup de choses sont encore envisageable et surtout possible. Pour tout cela, merci Monsieur Bizeul. Il faut tenir!

#3. Ryan O'Connell | samedi 19 décembre 2009 - 06:23

Wow, very cool! I have never seen netting that large.

#4. Yvon | samedi 19 décembre 2009 - 12:14

Un fameux programme qui vous attend ces prchaines semaines! Bravo en tout cas, et bon courage.
Last but not least, un bon anniversaire Monieur Bizeul

#5. giorgioz | samedi 19 décembre 2009 - 14:06

Ce sont ces olives qui donnent du gras à vos vins ?

#6. jean-pierre | samedi 19 décembre 2009 - 21:55

merci Hervé de nous communiquer votre passion avec le talent que je vous sais.....

#7. Pierre | lundi 4 janvier 2010 - 22:22

Ravi de revoir Edouard en photo ! les tisanes polonaises conservent, y a pas à dire ... je me souviens d'une soirée de vendanges au Mas Amiel ... ouille ouille ....
Bonne année à tous !
Bravo pour le blog, je me régale à le lire régulièrement
Pierre

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