Labour au Carignan
Puisqu'on est dans le labour, on continue, mais on change d'engin, si vous le voulez bien.
80 cm de large pour se glisser entre les vieilles vignes en gobelet, une transmission hydrostatique, le viti-plus est vraiment l'outil idéal pour passer entre les ceps centenaires.
Mais bon, voilà, il faut être deux... Un qui délicatement écarte les bras sur le chemin du tracteur...

Puis qui court devant pour l'empêcher de mutiler un nouveau cep.

Force, adresse, finesse, endurance, l'opération est loin d'être un long fleuve tranquille. Grace à l'hydrostatique, le tracteur se pilote d'une main, avec une sorte de gros joystick et peut avancer de quelques centimètres à la fois. Il faut au conducteur beaucoup d'attention et beaucoup de patience.
Ah, il faut aussi une bonne provision de boulons, parce que la casse est fréquente. Vous voyez, là, les petits boulons ? On a tant et tant de cailloux, de roches, de dalles, qu'il faut compter un budget de plus de 2 000 euros rien que de boulons et de vis...
Sans parler bien sûr des pièces d'usure, "côtes de melon" et autres "ailes".
Celle là a été changée il y a peine une semaine, les spécialistes apprécieront...

Bon, inutile de rêver, on va pas faire de beaux sillons bien droits dans cet environnement de fous qui a été créé à une époque où il y avait 80 chevaux à Vingrau, où on travaillait 60 heures par semaine, où plus de la moitié des vignes étaient cultivées à la pioche à deux dents, le bigos...
Là, la roche mère affleure. Le tractoriste doit en permanence regarder et surtout "sentir", sous peine de tout arracher sur une plaque de roches.

Encore une dizaine d'années, si tout va bien, puis, si l'on replante, il faudra faire venir un bulldozer pour enlever les "patates" géantes de roches, parfois grandes comme une voiture. Des sortes d'iceberg minéraux, qui, parfois, étaient autrefois troués à la dynamite pour y insérer un pied. Qui vivra verra.
En attendant, on la bichonne, sans trop se soucier des coups de production. Une journée, à deux, plus le tracteur à 50 000 euros, 80 ares de labourés. C'est la vie...
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2 commentaires
Salut Hervé,
Dans le cas de ce vieux carignan, pourquoi ne pas faire un labour au cheval ?
Jean-Baptiste
Salut Jean-Baptiste,
Il viendra au printemps, un peu plus tard, mais sur la terre dure et vue la configuration, il est pas fan... Enfin, s'il est toujours là...
Salut Hervé,
C'est sûr que ce n'est pas un cheval. Mais en tous les cas, c'est réellement un petit bijou suisse de technologie étroite.
Cyril