Retour de Suisse
Et comme toujours, la fatigue du voyage nous tombe dessus, comme la masse de courrier, les mails en retard, les décisions à prendre, les petits problèmes à résoudre...
Mais pas de regrets, comme d'habitude, tant nous avons maintenant d'amis en Suisse, amis que nous retrouvons avec plaisir à chacun de nos voyages.
Voyage en train, cette fois ci, et donc enfin le temps de terminer l'excellent roman de Carlos Ruiz Zafo, "l'ombre du vent", mélange étonnant, de fantastique, d'amour et d'amour des livres dans la Barcelone de l'avant et après guerre (civile...). Super livre, à acheter, parfait pour se mettre dans l'ambiance puisque lundi prochain, c'est dégustation à Barcelone, dans la merveilleuse Casa Llotj de Mar, bâtiment sublime où se pressera l'élite de la production espagnole. C'est mon coté critique littéraire qui ressort 
.
Et puis ça tombe bien, j'avais pas pris de photo de la Suisse. Ça me fait penser que j'ai oublié de prendre quelques photos de notre dernier hôtel où les chambres, modestes, étaient pourtant particulièrement bien finies. L'architecture de la Suisse Alémanique est toute de rigueur et de gris, on aime ou pas, mais il faut convenir que dans le détail, les artisans du coin sont parmi, je pense, les meilleurs du monde, tant tout est parfait dans la réalisation, du carrelage aux prises de courant, des volets roulants aux menuiseries, des revêtements de sols aux vitres des douches. Tout est droit, tout coulisse à la perfection, tout semble fait avec attention et amour du travail bien fait. C'est pas glamour, c'est vrai, mais c'est impressionnant d'efficacité et de rigueur. J'en parle, tard le soir, avec l'ami Thomas, du domaine de l'Horizon, tout auréolé de son statut de "découverte de l'année" dans la RVF, qui, parlant allemand parfaitement, est en terrain familier et m'avoue être aussi sensible à l'efficacité teutonne, envisageant même pour sa future cave l'embauche d'entreprises allemandes. Une idée fort bonne, sans doute néanmoins difficile à concrétiser...
Bon, avant les lignes grises et industrielles des bâtiments Zurichois, c'était la belle époque et la belle vie (la vraie, celle de Sacha Distel
du Beau-Rivage à Lausanne, hôtel magnifique et parfaitement géré, dont les marbres luisants et les couloirs interminables n'ont d'égal que la gentillesse et la performance des collaborateurs de ce qui est vraiment un palace, il faut le dire. Merci, tout était parfait, et le départ fut un déchirement. Merci François, Merci Édouard, merci Tony...
Et avant encore, le Beau-Rivage à Genève, dont j'ai déjà parlé ici et où je rêve toujours de trouver quelques amis prêts à une folie d'un soir en partageant avec moi un Cheval-Blanc 1947, conservé dans les caves parfaites de l'hôtel depuis l'origine. L'époque est révolue où l'on gardait les vins cinquante ans. Je rencontre en coup de vent le propriétaire de l'hôtel, un des derniers (le dernier ?) palace Suisse familial, et mes mes pensées s'égarent à imaginer qu'il trempe ce jour là ses lèvres dans un verre de petite Sibérie et qu'il décide d'en stocker 60 bouteilles au dessous du niveau du lac, pour ses petits enfants, avec instruction de pas les mettre sur la carte avant trente ans... Que voulez vous, je suis comme ça, je rêve toujours, ne pouvant même m'empêcher, dans le hall de l'hôtel, de penser que c'est ici que Sissi, l'impératrice, est morte, assassinée bêtement par un fou, au début du siècle. J'aime les palaces, leur passé et leur présent, je n'en ai nulle honte, et j'en savoure les moindres détails, même si, ce soir là, nous n'eûmes pas les moyens d'y dormir...
Complétement décousu, aujourd'hui, ce billet, hein ? Allez, il est temps d'essayer de faire descendre la pile de papiers, à ma gauche, sur mon bureau. Cet après midi, tour des vignes. J'en ai besoin.
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2 commentaires
La classe naturelle d'un homme : pas de jalousie, pas d'"aigritude" vis à vis de ce qui est beau mais au-dessus de nos moyens.
Finition : en Italie, si comme en Suisse teutonne, mais avec du style et du panache.
Allez, bonne promenade !
Dilemme : Faut-il s'offrir le 1947 (qui risque d'être décevant...) et négliger la chambre (qui peut être excitante) ou lycée de Versailles ?
Réponse de HB : l'avantage du 47 au restaurant, c'est que s'il n'est pas conforme, on le change... On peut certes aller dormir ailleurs... Partant ?