De l'accent catalan à l'accent québécois...

Retour de Barcelone dans la nuit (arrivés 1h du matin, couchés 2 heures...), après une "Musica del Vi" épuisante mais magnifique, à l'instigation de Vila Viniteca, distributeur de vins hors normes.  Pas vraiment fait de progrès en Espagnol et donc, comme il y a deux ans, ai laissé opéré avec maestria notre cher Jean-Dominique, bientôt plus connu que moi en Espagne ;-) Merci JD...

Stupéfiante dégustation que celle là, avec plus de 3, voir 4 000 personnes dans un cadre unique (même pas fait de photos...), en Off (enfin, si on veut...) d'Alimentaria, immense salon agro-alimentaire, avec le gratin de la viticulture Espagnole. Et des pointures françaises, qui avaient fait le déplacement pour l'occasion.

Eu donc, pour une fois, l'occasion de faire un tour, de discuter un peu, de serrer des mains et de lever un peu le coude. D'autant que quelques uns des vignerons espagnols présents avaient voyagé avec moi aux USA par le passé et que j'ai eu plaisir à les revoir.

Comment va le vin en Espagne ? C'est ici comme ailleurs. Certains rament, d'autres prospèrent. Beaucoup de projets pharaoniques développés par des millionnaires sont en stand-by et certaines caves à peine sorties de terre sont déjà à vendre. La crise de l'immobilier a fait des victimes, et certains retrouvent leurs priorité, n'ayant plus le cœur au vin. On revient à des projets plus humains, plus équilibrés, plus proches des terroirs et des cépages locaux. Certains se lancent toujours la fleur au fusil et attendent, à la porte du garage, des jours meilleurs qui ne viendrons sans doute pas pour tout le monde. A défaut de gagner de l'argent, au moins vivront-ils leur passion dévorante jusqu'au bout. Beaucoup, quelque soit leur taille, se cherchent. Quel vin faut il faire pour plaire ? Concentré ? Léger ? Cher et rare ? Industriel ? Bon marché et bien packagé, tendance "jeun" ? A vrai dire, j'ai senti beaucoup de vignerons, de wine-maker ou de consultants dans le doute, dans la recherche... On sent bien que les années "Parker" ont un petit goût de "crépuscule des Dieux" et que les amateurs veulent désormais du bon au juste prix. C'est clair. Reste à savoir ce qu'est "le bon" et de fixer "le juste prix". Il suffit de goûter "Fort de Latour" 2004 pour comprendre que certains ne choisissent pas cette voie et que ça leur réussit apparemment fort bien, le Pauillac générique du château, soit ce qui VRAIMENT n'a pas pu rentrer dans le deuxième vin (sic) est vendu 50 euros chez un caviste... Puissance de la marque, quand tu nous tiens... Goûté en face, en revanche, une cuvée Péby de Château Faugères 2006 absolument confondante dans le genre mûr et moderne. Vraiment très très bon. Péby, je pense pas que tu me lises, malheureusement, repose en paix, mais ton nom est sur un sacré vin...

Professionnels et particuliers se mêlent et se pressent devant tous les stands, dont le nôtre, ouf, dans la bonne humeur générale et j'aime ce contact facile et ces a-priori bienveillants. On dirait le Sud ;-). Personne n'est blasé. Tout le monde a envie de boire bon. Il y a peu d'exposants Français, certains sont venus seuls et se souviendront de ces 9 heures non stop, harcelés littéralement par des passionnés avides de découvrir de nouvelles et de bonnes choses. Certaines grosses étiquettes, d'ici et d'ailleurs, sont vites moquées tant le prix demandé est loin de la qualité proposée dans le verre. Verre où il n'y a de plus ni magie, ni intelligence, ni passion, mais seulement du business. D'autres découvertes sont vite plébiscitées et le bouche à oreille fonctionne, encore et toujours. D'où de plus en plus de monde au fur et à mesure que la journée avance. Peter Sisseck vient nous saluer. Du coup, il y a affluence sur le stand CDF ;-). Pour la dégustation, il a dû racheter des bouteilles de Pingus car il n'a plus rien en stock... Y'a pas à dire, je suis loin du succès avec un grand S. ;-) Je ne sais pas si j'en ai envie à ce point là, à vrai dire ;-)

Le Grenache Blanc a ses fans, De battre mon cœur 2008 aussi, même si c'est un vin "muy singular" qui s'ouvre peu à peu et, à défaut de plaire à tout le monde, ne ressemble à aucun autre ce jour là, c'est certain... Un petit bout de pain à la tomate y jambon de qualité, du genre avec des pattes noires, trois ou quatre ristretto bien serrés et la journée se passe, rythmée par des rencontres improbables de "fans" du Clos des Fées d'un peu partout dans le monde, aussi étrange que cela puisse paraître, du Japon au Michighan, ce jour là à Barcelona. On dirait Vinisud, en fait ;-). Kim (the boss) n'a plus de 2006, 2007, 2008 qu'il vend en primeur. Mais un petit stock de 2004. Intéressant de goûter des vins en début de plateau de maturité, alors que tout le monde ou presque fait gouter des vins hyper jeunes ou des échantillons barriques. C'est très bon. Ça tient ses promesses. Ça change et ça fait plaisir. A tout le monde, je pense. Bonne idée. François Mauss passe, courroucé de mes commentaires sur son blog (je résume : on dira que 2009 est le troisième millésime du siècle en dix ans quand on aura goûté ;-), mais son Kourou ne dure pas et il me fait Coucou. Ouf ;-)

La soirée qui suit avec tous les vignerons, démarre à 23 heures. Désolé, je n'ai plus l'âge, ni le rythme et il est temps de chercher un endroit où grignoter avant de rentrer le soir même, enfants obligent. A 20 h, à Barcelone, les restaurants sont-ils simplement ouverts ? Freddy essaie de nous trouver une place au "Shanghaï", un chinois parait il exceptionnel qui adore nos vins. Las, c'est fermé le lundi...  Un suschi express ? Un big mac dans la voiture ? En serons nous réduits à cela ?

Par miracle, nous décrochons une table au Monvinic, où je rêvais d'aller. Suite demain, si vous le voulez bien. Et si j'ai le temps... Et les vins que j'ai bien aimé, même si cela ne fait ni chaud ni froid au marché international ;-). Et l'explication du Barcelone/Québec aussi...

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