Quelques nouvelles de plus, toujours en vrac...
Surtout des scoops, en fait.
Vu des hauts responsables de la RVF, par hasard, en achetant des macarons. Ils interviewaient la pâtissière de Saint-Émilion. Après Karl Lagerfeld, qui déteste le vin et Alain Juppé, qui adore manger et picoler, elle fera la prochaine une de la revue, son avis, comme les deux précédents, étant jugé comme essentiel... Le scoop, c'est que désormais, la RVF ne goûtera plus que les vignobles labourés, sur l'inter-rang, pendant cinq ans, puis sur le rang, à compter de 2010. Pour les autres, interdit désormais de RVF ! Ceci vaut pour tous les vins vendus plus de 10 euros public, sauf à prouver que c'est impossible ou trop cher ou trop technique, comme à Banyuls, par exemple. Les jeunes vignerons qui s'installent auront un petit sursis. Saluons cette initiative qui va remettre les choses en place et obliger les vignerons à sauver - un peu - la planète et certains à se lever le cul pour exprimer un peu leur terroir. L'opération est sponsorisée par Décathlon et les journalistes, obligés les pauvres à mettre désormais les pieds dans la boue, échangeront costume et souliers vernis avec une tenue plus sport, des chaussettes bien chaudes et des chaussures de marche. Bravo.
Vu aussi de très hauts responsables de Bettane-Desseauve. Là, la nouveauté, c'est l'application du "bouclier-vinique" (nom provisoire). Les propriétés seront désormais séparées, lors des dégustations à l'aveugle, en deux camps. Brièvement, car les règles de calcul sont apparemment complexes, les riches seront séparées des pauvres : ceux qui doivent vivre de leur travail de vigneron, faire manger leur famille et payer les études des enfants tout en économisant pour transmettre la propriété d'un côté, dans une catégorie; dans l'autre, ceux qui font du vin pour s'amuser, pour défiscaliser, pour satisfaire un ego démesuré, pour briller en société, avoir un statut social et construire un plus bel ascenseur en verre que "l'Autre". Oh, il n'y aura pas de handicap à proprement parler, mais au moins, on pourra choisir entre donner son argent à l'un ou à l'autre. Les critères de dégustation, en revanche, seront différents : aux riches, on demandera, enfin, de prendre tous les risques, d'exprimer vraiment une différence, une nouveauté, un esprit, un terroir. S'ils se contentent de rester dans la masse, de faire des vins d'une banalité crasse, à la recherche d'un archétype ennuyeux, ce sera la fessée médiatique ! La nouvelle règle devait entrer en vigueur dès les primeurs 2009, mais vu la banalité et la caricature de certains vins aux moyens pourtant illimités, elle est remise à un peu plus tard...
Cassé la croûte avec le réalisateur d'un "diner presque parfait", croisé par hasard au café, ancien pote de quand j'avais un blouson Canal Plus et un scooter rouge et où je la ramenai parce que je connaissais Jean-Luc Delarue : M6 prépare "un diner presque parfait" avec cinq propriétaires de grand crus et assimilés, un en Médoc, un en Graves, un à Pomerol et deux dans la misère. Les deux derniers ont déjà été trouvé, tant la situation est catastrophique en AOC Bordeaux. Ils sont ravis de recevoir, malgré tout, à la fortune du pot. Les autres, c'est plus compliqué.
Sous le sceau du secret, il me demande si je ne veux pas participer à une nouvelle émission de télé réalité : "belle avec ses forts degrés", un dérivé de "belle, grosse et nue" ou un nom comme ça. Le challenge est de s'afficher avec fierté avec ses forts degrés, 14, 15, 16 même, de les assumer publiquement; de montrer à tout le monde ses proportions harmonieuses et l'équilibre de ses formes, si douces surtout avec un peu de volatile pour équilibrer le tout. Je reste songeur. Je vais en parler à ma femme. Ça aurait été bien l'année dernière, mais cette année, tous les bordeaux font pas loin de 15 °. Il est embêté, personne ne lui avait dit...
Enfin, le scoop de la journée c'est mon premier contrat de consultant. Oui, je sais, comme moi, vous êtes étonnés que je ne sois pas demandé "all around the world" pour donner des conseils à de riches nouveaux vignerons... Ben non. J'ai juste eu une demande pour faire du cidre, au pays Basque, mais moi, ma passion, c'est le pays d'Auge. Et bien c'est fait. Ou Presque. Après s'être associés dans l'achat de 3 hectares sur un des meilleurs terroirs de Saint-Émilion, sur le plateau, en face de la Roque, Silvio Dentz (Faugères) et Peter Sisseck (Pingus) me prennent comme consultant. C'est sympa, les petits loups, mais faut qu'on parle du salaire quand même avant que je dise oui. Comme je suis encore plus "simple" que Mario Botta, on devrait s'entendre...
Allez, excellent premier avril à tout le monde 
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8 commentaires
La dernière phrase est totalement superfétatoire
Comme quoi, on peut dire des vérités cachées le 1er avril !
Je vous trouve très en forme Monsieur Bizeul ! Mais ne soyez pas trop ironique avec les journalistes, il ne faudrait pas qu'ils nous fassent une déprime. Vous, vous n'avez pas besoin d'eux pour votre comm, mais tous les vignerons ne sont pas dans votre cas
Hervé,
Bu hier au dejeuner un Reignac 2003 étonnant de fraicheur. Miraculeux.
Pas convaincu en revanche par petrus 90 en magnum pourtant.
Ton avis sur Clos du Mesnil 96?
Excellent, les meilleurs scoops de la journée.
Ben moi, je me suis fais avoir comme un bleu...
dommage, j'étais presque en train de remplir le bulletin d'inscription de la rvf...
Bravo Hervé, cela ma bien fait rire!
A bientôt!
Ah ben zut alors, me suis bien fait avoir par le premier scoop, avant de réaliser que nous étions le premier avril... En tout cas bien ri aussi à cette lecture.
Denis
proudtobeabreakballs reignac 2003 après le célèbrissime Reignac 2001 y a que ça de vrai et la fraîcheur!!! incroyable!
Excellent, Hervé ! Ton post me rappelle ce passage de "A l'ombre des jeunes filles en fleurs" : "une grande question sociale, de savoir si la paroi de verre protégera toujours le festin des bêtes merveilleuses et si les gens obscurs qui regardent avidement dans la nuit ne viendront pas les cueillir dans leur aquarium et les manger."
Oui, oui, une grande question sociale et sacrément d'actualité, à Bordeaux et ailleurs.