Adieu le Clos des Fées...

Bonjour le Clos des Fous... ;-)

C'est aujourd'hui LE jour, celui ou l'ensemble de l'entrainement acquis au cours des années nous est nécessaire, tel un commando allant au feu... C'est le jour de la mise en bouteille et c'est le jour où comme le dit Jean-Dominique, on se croirait au Clos des Fous ;-)

Pendant deux semaines, patiemment, on a rempli le garage de bouchons, de capsules, de bouteilles, de cartons, de caisses, d'intercalaires, toute différentes selon les cuvées, bien sûr. Puis, on finit de remplir le garage avec la chaîne d'embouteillage. Puis on essaie de faire rentrer en forçant 6 personnes très très motivées ;-). Enfin, on essaie de faire sortir de tout en deux jours du blanc, du Clos des Fées, du Faune, de la petite Sibérie, qui avec sa capsule export ou CRD, qui avec son code sur le carton, qui avec son logo femme enceinte, qui avec son truc, son bidule, son chose et toutes avec leur traçabilité.

Vous voulez voir un garage juste avant le début de la mise en bouteilles ? Vous êtes prêts ?

Désolé de briser un peu les rêves de ceux qui pensent que le Clos des Fées ressemble à Cos d'Estournel en plus petit ;-)

Voir ce genre de pagaille artisanale (c'est positif, hein ;-) me laisse toujours songeur quand je visite des grands crus au bâtiments immenses, aux marbres brillants et aux cuves rutilantes. Qu'est ce qui est nécessaire ? Qu'est ce qui est suffisant pour tenter de faire des grands vins ? Quand je vois le succès de notre Grenache Blanc au Symposium Grenache, ça m'interpelle encore plus. Mais ça prouve que c'est possible, que la concurrence entre les petits et les grands est toujours possible, qu'un "pauvre" peut émerger au milieu des "riches". C'est bien.

Au milieu de cette journée de fou, bien sûr, les clients qui voient la porte ouverte ;-) s'arrêtent, qui sommelier, qui amateur, qui touriste, un seul étant prévu, ayant eu la politesse de prévenir avant la décision du jour de mise. La réception se fait alors dans une ambiance très couleur locale, le capharnaüm habituel atteignant alors son comble. C'est dans une ambiance de caveau égyptien après le pillage que la dégustation se fait alors, et j'ai un peu honte quand même, je l'avoue....

Mais ce serait si simple si il n'y avait pas de complications. Pierre en profite pour éclater un pneu du tracteur (arrière, bien sûr) mais arrive à se dépanner tout seul, le bouchonnier pour les magnums n'a pas fait son travail et on se dépanne en catastrophe ailleurs, je donne les mauvaises contre-étiquettes à Didier avec F.E (c'est le logo femme enceinte, pour les initiés ;-) et m'en rends compte, par miracle au bout d'une palette seulement (miracle du cerveau humain...), Éric qui met en bouteille en bas les Sorcières ne se rend pas compte qu'une palette de bouteilles différentes a été glissée par un joyau drille de Saint-Gobain, au milieu des bonnes, avec bien sûr une bague pas adaptée à la capsule, le nouveau maître de chai vient se présenter (non, non, c'est pas tous les jours comme ça, tu verras ;-), les demandes d'échantillons URGENTS pleuvent dont certains de 2009 à tirer de barriques, une bouteille qui devrait être en Espagne revient à cause d'un colis non conforme, il faut signer de l'autre main sur un bout de carton les acomptes IS et je ne sais combien de taxes diverses, le camion qui doit reprendre les bouteilles est en retard, on nous livre pas à la bonne adresse 24 bts d'un vigneron de Quincy à rajouter sur la palette d'un restaurant allemand et, et, et... Je me demande si une télé réalité qui filmerait ça le croirait... Au fait, Luce va gagner la nouvelle star et ce sera bien pour le Roussillon ;-)

On tente de garder le sourire, mais tout le monde est à fleur de peau, le climat morose n'arrangeant pas les choses, tous conscients que la moindre défaillance de l'un ou de l'autre risque de faire capoter l'entreprise folle de mettre en bouteille 40 000 bts dans un garage de 150 M2. Mais on y arrive, au centimètre près, alors, viva la vida ;-)

Il est tard, j'écris ces lignes et tel le pêcheur de moules qui revient "moulu" ;-), j'ai découvert sous la douche avec surprise je ne sais combien d'égratignures, de chocs, de bleus et d'éraflures (et de boursouflures, mais c'est pas la mise ;-)))), faites au cour de la journée et oubliés dans le feu de l'action et le stress. Ainsi est le vigneron, marqué physiquement par son vin plus souvent qu'à son tour...

3 commentaires

#1. Stéphane | lundi 14 juin 2010 - 09:36

Le Clos des Fous, ce pourrait être le nom d'une future cuvée! Celle consécutive à une situation d'urgence, ou de "bordel" organisé, lors des vendanges ou dans le cuvier.....mais dont le résultat dépasserait toutes les espérances!!!!
Bon arrêtons de rêver.
Bonne continuation.

#2. le papet | jeudi 17 juin 2010 - 15:32

au fait : luce a gagné la nouvelle star . mais quelques photos de vous tous au boulot dans ce garage nous feraient plaisir .pas le temps , surement .alors au moment du casse croute peux etre . aller courage a tous .

#3. Michel Smith | jeudi 17 juin 2010 - 20:19

Le Clos des Fous existe depuis belle lurette à Faugères. Cela n'enlève rien à la folie créatrice qui règne au Clos des Fées. Ni à la douce folie de LuceÔmaLuce.

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