Pour ma fête, un peu de grêle
Certains s'étonneront de mon ton primesautier après 10 cm de grêle.
Mais, comme nous le conseille le Tao, "si tu peux changer quelque chose, fais le, sinon, à quoi bon se lamenter ?"
Coincé dans sa voiture pendant l'orage, mon ami Jean Roger m'a fait passer cette photo pour se rendre compte de la chose.

J'avoue être impressionné, même si c'était très localisé, sur un couloir Latour de France/Estagel/Tautavel/Maury/Saint-Paul. A quelques centaines de mètres près, la syrah de Lesquerde était ravagée. A Tautavel, c'est notre plus belle syrah qui a vu un large bout être durement touché mais a échappé au pire (pour l'instant, en tout cas...) A la Bourguère, c'est sans aucun doute la vigne entière qui doit être ravagée, comme le montre les photos sur le Vigneron-blog. Il faut cliquer sur les photos pour en avoir d'autres.
Ainsi va la vie. Ainsi doit aller le vigneron, toujours de l'avant, sans jamais se retourner, en changeant de cap, en s'adaptant, en faisant, comme disait mon grand père, "contre mauvaise fortune, bon cœur". Il avait fait les tranchées, et pas des moindres, c'était un connaisseur de l'âme humaine, dans ce qu'elle a de plus pratique... Tant qu'il n'y a pas "mort d'homme", me disait-il. J'ai mis le temps pour en comprendre tout le sens...
Il faut bien, de temps en temps, se réjouir d'avoir des vignes très morcelées, qui posent bien d'autres problèmes le reste du temps. Pour une fois, cela est à notre avantage. Le temps d'appeler tous mes copains du secteur, certains catastrophés, d'autres soulagés, tous stupéfaits par cette injustice et trop abasourdis par cette nouvelle catastrophe, qui, pour certains, sera celle de trop...
Sur les oliviers, la météo n'est pas non plus avec nous et ces drôles de semaines où l'on passe d'heure en heure de 10 ° à 30 °, de sec à trempé, le tout sous un climat d'entrées maritimes incroyables ne donnent rien de bon. Des fleurs, il y en avait, des olives il n'y en aura point. C'est toute la validité du projet qu'il me faut repenser. Mais bon, voilà l'agriculture dans ce qu'elle a de plus pragmatique, et, si vous le voulez bien, je vais me coucher tôt ce soir...
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6 commentaires
Ouais, Vigneron n'est pas un métier comme les autres. On s'étonne après ça que certains craquent. De tout coeur avec vous les gars et les filles.
A quoi bon se lamenter?
Incroyable été, sale temps, intempéries.
Pendant ce temps tout continue....
Courage!
Installé depuis quelques mois sur le Roussillon (au pied des Aspres), j'avoue être surpris par la diversité et la rapidité des changements de temps/météo. Et pourtant, venant de contrées montagneuses (savoie(s)), je pensais avoir vu pas mal de choses...
réponse de HB : c'est une contrée spéciale, tu vas voir. Et la différence de climat entre deux villages proches, c'est stupéfiant certaines années. Bienvenue au club
C'est sur que cette année, c'est dur pour les nerfs (encore une fois...). Pour l'instant, nous sommes passés au travers dans notre coin du bordelais. On sert les fesses, mais on a bien compris depuis 2 ans, qu'il ne faut surtout pas vendre la peau du raisin avant de l'avoir vendangé...
Bon courage
Denis
'il ne faut surtout pas vendre la peau du raisin avant de l'avoir vendangé..." et ce ne sont pas nos collégues du Beaujolais les dernières années, ou les vignerons du Palatinat en Allemagne il y a 10 jours, qui ont vu pareil sur 1 000 ha, qui vont vous contredire.... courage, Hervé - et croisons les doigt tout en remuant nos bras dans la vigne ....
J'avais envie de joindre mes encouragements à ceux qui savent de quoi tu parles et te dire comme les autres que le courage est la plus belle des vertues pour celui qui entreprend.
Alors : COURAGE, ne fuyons pas...
Amitiés