Avec ma lanterne, ou vais-je ?
Le millésime 2010 suit sont cours, doucement.
Après les diverses plaies et autres catastrophes climatiques de l'hiver et du printemps, voilà une semi-canicule bien installée sur le sud alors que j'imaginais un été plutôt froid. On me rappelle en haut lieu
que nul ne peut prévoir le temps...
Jour après jour, on rattrape le retard, la vigne s'arrête de pousser AVANT la véraison et ce stress hydrique termine de sculpter, mystérieusement, les futurs polyphénols dont la "nature" elle même change, alors que, de l'extérieur, nous ne voyons rien.
Sécheresse, enracinement profond, travail doux au niveau des effeuillages afin de préserver alternance d'ombre et de lumière et profiter au maximum du puissant parasol naturel permis par le gobelet, tout cela permet à la nature d'influencer les raisins, au cœur même de leur structure la plus intime, orientant la forme des tannins et laissant espérer des vins structurés, au fruit indestructible, solides dans le temps, comme je les rêve...
Pour autant, que sais je du futur millésime ?
Rien, en vérité.
Confusius ne pensait pas à moi - enfin je pense
– lorsqu'il disait que "L'expérience est une lanterne que l'on a accrochée dans le dos et qui n'éclaire que le chemin parcouru" (et du dos de chacun, ajoute avec justesse Claudine, la lanterne du voisin ne servant pas vraiment
Pourtant, aujourd'hui, cette phrase me trotte dans la tête et me parait pleine de sens...
Voilà bien le merveilleux et l'horrible de ce métier, chaque année devant être considérée comme la première, l'expérience des précédentes ne permettant jamais de présumer de la suivante.
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L'expérience n'est une lumière qui n'éclaire que soi-même.
Lao-Tseu
On est ici dans le même registre.