Décapitalisation de la vigne

Voilà un nouveau mot à retenir : décapitalisation du vignoble.

C'est un peu comme une maison, qu'on entretiendrait plus, voire qu'on occuperait sans ménagement, en la maltraitant un peu...

D'après la chambre d'agriculture des P.O. "la "décapitalisation" du vignoble se poursuit sous la pression économique :

- la faiblesse ou l’absence de revenus des viticulteurs se conjugue aux impasses et au renchérissement des solutions techniques efficaces, en particulier pour les herbicides.

- La mortalité liée aux maladies du bois n’est pas suivie d’un remplacement des manquants.

- Le taux de renouvellement du vignoble est maintenant très faible.

- L’enherbement peu maîtrisé du vignoble par les vivaces a gagné beaucoup de terrain, essentiellement du fait des coûts d’entretien des sols par les labours et de la nécessité d’investir dans des outils de traction performants en ce domaine.

- Cet enherbement subi sensibilise encore plus le vignoble à la sécheresse estivale.

- Le budget fertilisation est maintenant supprimé dans de nombreuses exploitations depuis plusieurs années"

(voire plus d'argent pour acheter des produits de traitement ou du gasoil pour le tracteur...)

Je rajouterai la perte de compétence à cet inventaire peu optimiste : plus beaucoup de vigneron "à l'ancienne" qui connaissaient les gestes vignerons, en apparence anodins, mais au final essentiels, ainsi que la problématique des saisonniers, peu formés et peu motivés, qui, à la taille, font parfois plus de mal que de bien.

Une photo, pour mieux comprendre ? Le vignoble est toujours là, mais une partie de lui est déjà morte.

Au final, si on fait 700 000 hl cette année, on aura de la chance avec la coulure sur le Grenache.

Au centenaire de Raymondis, entreprise de transport "culte" des P.O., le PDG évoquait avec pudeur l'année de création de l'entreprise, 1910, où l'on produisait 5 000 000 d'hectolitres, transportés sur des charrettes, dans des tonneaux. Une lente agonie, quoi qu'on en dise...

un commentaire

#1. yves | jeudi 8 juillet 2010 - 10:02

un monde qui s'écroule et toute la science qui va avec qui qui s'envole et on a l'air con et passéiste en disant ça, les bagnoles; les télés les téléphones qu'on achète fabriqués ailleurs pour que ça coûte moins cher et permettre à ceux qui sont payés à coup de lance pierres de se les payer: cours camarade le vieux monde est derrière toi!

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