Faut il tout dire dans un blog ?

Les longs trajets en voiture ont ceci de bien qu'ils sont propices à la réflexion.

Au fil des jours, les rencontres de lecteurs de ce blog et de personnes qui n'en avaient jamais entendu parlé (si, si, il y en a encore ;-)), en général réunies autour d'un verre, font apparaitre des idées intéressantes. Au détour d'une discussion, la vérité apparait à certains, dans sa plus violente crudité ;-) :Oui, je m'auto-censure, sur ce blog, chers amis.

Peut-on tout dire, sur un blog de ce genre, dans les deux sens du terme : "est-ce possible de le faire" et "doit-on le faire" ? Voilà qui m'a, comment dire, non pas tourmenté, en ce beau mois d'Août, mais en tout cas m'a fait m'interroger. J'ai à un moment eu l'impression qu'à la lecture de ce blog, certains voyaient le métier de vigneron comme un mélange de "vie rêvée" et de "long fleuve tranquille", ce qu'il n'est pas, les nombreux vignerons qui le lisent pourront le confirmer...

A la réflexion, je peux comprendre que certains me le reprochent. Oui, je l'avoue, je répugne à parler ici de mes problèmes quotidiens, de tout ce qui ne va pas, de tout ce qui ne débouche sur rien, de tout ce qui m'angoisse, me stresse, me fait douter, me déçoit. Et Dieu sait qu'il y en a, des évènements de ce genre. Mais le raconter, au quotidien, apporterait quoi ? Surtout par rapport à d'autres qui sont dans des situations bien pires que la notre ? A rien, bien sûr. Mais bon, peut-être que, de temps en temps, j'essaierai de vous montrer un peu plus tout ce que ce métier a d'ingrat, d'incertain, d'insaisissable... En fait, il faudrait faire un livre, un peu romancé.. Il y en aurait des trucs à dire...

Un bel orage, par exemple, le 5 aout, c'est super pour la vigne. Très localisé, au point d'en devenir étrange, il assure 25 mm à Vingrau (sur la place du village, les coopérateurs jubilent : c'est 1000 hectolitres de plus...) mais 2 mn à Rivesaltes ou à Opoul, simplement. Ce qui n'empèche pas, à la Chique, que la foudre tombe sur le transformateur EDF local, suive les lignes, flambe le transformateur du Mas, brûle tous les tableaux électriques et s'enfonce dans le forage pour flinguer la pompe immergée. Catastrophe. Pas d'irrigation, c'est pas d'olives et le projet tout entier capote. A tout vitesse, on appelle notre électricien magique, qui, heureusement, saute dans sa voiture et commence à établir la longue liste des réparations nécessaires...

Bon, on va dire que c'est le genre de problème dont il faut mieux ne pas parler, surtout quand on voit les devis : 20 000 euros, au premier jet. Une petite sueur commence à vous couler le long du dos, surtout qu'on sait pas vraiment l'état du forage avant ouverture... Normalement, c'est pas le genre d'évênement que je devrais raconter, mais bon, comme j'ai appris plein de trucs, je vous en fais profiter, hein.

Comment changer une pompe immergée détruite par la foudre.

Première photo, l'objet du sinistre :

C'est un long instrument fixé au bout d'un long tube en inox de plus de 150 m de long, segmenté en tubes de 5 m qu'il faut raccorder entre eux.

Donc, on loue un camion grue et on retire le tout. On commande la pompe, qui va être fabriquée pour l'occasion. En Août, c'est une performance...

Quinze jours plus tard, on fait revenir le camion grue.

On enlève le toit du forage, et on commence à tenter de renfoncer tout le bousin dans le trou, dans une ambiance très "BP" ;-)

La pompe, puis les tuyaux. C'est du boulot de pro.

Chaque tuyau est amené à la verticale du précédent.

On vérifie et on change éventuellement les joints toriques. Il faut être appliqué, précis.

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L'objet de tous les dangers, c'est ce gros truc orange.

On va l'appeler le Serre-Tube parce que j'ai aucune idée de comment ça s'appelle, en fait, et j'étais tellement stressé que j'ai oublié de demander...

Si on oubli de le serrer, on perd la pompe qui s'enfonce dans les profondeurs de la terre...

Et on perd le forage aussi, car il n'y a aucun moyen de la récupérer. Disons qu'il faut être concentré et pas se relâcher...

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Les tubes sont clipsés par deux ressorts inox, pour en garantir l'étanchéité.

On fait descendre en même temps le câble d'alimentation électrique et le tuyau de jaugeage, qui permettra de vérifier ensuite le niveau de l'eau.

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Bon, voilà, vous savez tout sur les forages... Moi, j'ai appris un nouveau métier...

Le château d'eau se remplit à nouveau, les olives vont recommencer à grossir.

On attend les factures en essayant de dormir la nuit, car elles arrivent au pire moment...

Qui veut acheter un peu d'huile ? ;-))

4 commentaires

#1. LaurenceB | vendredi 20 août 2010 - 19:50

Ouch ouch ouch!
Ya pas au fin fond d'une police d'assurance (incendie?) une petite ligne qui dit qu'on est protégé aussi contre les dégats de foudre? *prie et croise les doigts*
Sinon, vu l'endroit où je suis (côte pacifique du Canada) importer des olives françaises, ça va pas le faire... mais peut-être un "fond pour les oliviers"? Moi je veux bien sponsoriser un olivier ou deux, et je suis probablement pas la seule.
On vous envoie plein de courage et plein d'ondes positives!

#2. Christian | lundi 30 août 2010 - 18:47

trop beau ce reportage photos.
Un grand coup de courage d'un ami qui de sa Normandie aimerait bien échanger soleil contre pluie.
Je pense bien à vous tous.

#3. laurentg | mercredi 1 septembre 2010 - 11:32

On peut tout dire, mais pas à n'importe qui ...

Regoûté Sorcières 2006 (3ème dégustation). Pas mal, animal, sanguin, voie médiane, ni vert (Calce) ni surmûr (à la manière par ex des vins de Calvet-Thunevin).

#4. laurentg | lundi 6 septembre 2010 - 10:06

Bu hier sur Langon :
VdP Côtes Catalanes Clos des Fées blanc 2007 :
Un joli vin expressif, corsé, généreux (mais pas lourd, minéral même), aux goûts de badiane, d'agrumes, de menthe fraîche.
Balsamique, terpénique (si bien que certains, dont je fais partie, le prendront pour un Riesling autrichien).
Une convaincante interprétation ...

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