Pot au noir
C'est vraiment étrange, cette impression de "calme avant la bataille" qui me touche chaque année à la veille des vendanges, et touche sans doute tous les vignerons du monde.
Les choses se précisent. Le regard se fait plus détaillé. Les forces en présence se dévoilent peu à peu. Pourtant, rien n'est joué. La partie n'a en fait même pas vraiment commencée. Chacun fourbit (merci de la correction, amie lointaine
ses armes, le vigneron ses cuves, la vigne ses raisins. Tout le travail de l'année commence à prendre vie. Raisins luisants, végétation magnifique, étonnamment verte pour une fin de mois d'août. Peu de charge. Plus de Grenache que prévu, moins de Syrah, sans doute : quelques paramètres se dessinent.
Les différent villages et autres micro-terroirs parlent aussi, et leur chants commencent à être perceptibles.
On voit où il a fait chaud. On voit où il a plu. On voit qui a travaillé ou pas. On fait aussi le bilan de l'année au niveau des ravageurs, peu agressifs cette année, au point qu'il fallait vraiment ne rien faire pour se faire attraper par l'oidïum ou le mildiou. Pour les vers de la grappes, il est un peu trop tôt pour se réjouir, sans doute.
Comment vais je aborder ce millésime ? Qu'a t'il à m'apprendre ? Que va t'il me donner ? L'heure est aux questions, pas aux réponses. Mais pour l'instant, tout va bien. La tension monte, simplement.
Avec dix vendanges à mon actif, je devrais sans doute être plus détendu. Mais l'expérience ne me servira que bien peu. Qui a dit, avec tant de justesse "nous avons peur de ce que l'on ignore, alors que le danger vient souvent de ce que l'on sait"... Il faudra garder aussi une large part de virginité, de naïveté, continuer à prendre des risques.
L'essentiel est là : j'ai toujours envie.
Mais aurai je courage de raconter, comme l'année dernière ? Rien n'est moins sûr.
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8 commentaires
En tant que prof, on a ça avant les corrections d'examens ;o)
J'espère que tu auras envie de raconter... et que tout va bien se passer (ou au mieux en tout cas). J'avais vraiment bien aimé la série de l'année passée, mais j'aurais du plus commenter!
(NB: il y a une petite coquille qui s'est glissé dans le texte, c'est fourbiT)
Plein de courage, de repos et d'énergie à vous tous avant le marathon vendanges!
Amitiés
Hello Herve, I love this entry in your blog. I am on my second harvest at Domaine Jones in Maury and am happy to hear that the pre harvest excitement and nerves never go away. I have butterfiles in my tummy knowing that the harvest is only a week away and I feel totally unprepared although I have been preparing myself for weeks. Just like sitting an exam but relying on factors out of our control to succeed. Oh my goodness here we go, Katie
Il y a quelques années, j'ai participé à un dîner dans une superbe propriété du Médoc. Le propriétaire avait convié quelques amis, des courtiers, des négociants, quelques journalistes et des dégustateurs pour fêter sa 40ème vendange.
D'une part nous avons participé à une verticale sur 40 de ce cru médocain, d'autre part nous avons recueilli les confidences et commentaires du géniteur de ces 40 millésimes, les réussites, les "fiascos", les choix opérés, y compris ce commentaire: " A chaque vendange je me suis remis en question, j'ai douté, mais jamais je n'ai renoncé..."
Et bien moi je dis, "courage Hervé !"
Car finalement, le nôtre de courage, est un peu proportionnel au vôtre...et nous en avons bien besoin pour cette troisième vendange qui sera bien entendu très différente des deux premières... avec un stress supplémentaire lié aux débuts de notre commercialisation, à l'obligation de réussir l'élevage des 2009, jongler entre les contraintes matérielles de notre tout petit chai, trouver des vendangeurs bénévoles et motivés compte tenu de nos faibles moyens etc...
Or, goûter vos vins et lire vos aventures et états d'âme font partie des raisons qui nous ont poussés à passer de l'autre côté de la barrière et, de simples buveurs enthousiastes, à devenir vignerons (tout aussi enthousiastes nous l'espérons !)
Alors si je puis formuler un vœu, que les alizés se montrent cléments avec vous et chassent les sombres cumulonimbus qui seraient tentés de troubler votre plume...
Merci à tous pour ces commentaires enrichissants.
Pour Valérie, la troisième vendange n'est pas simple, effectivement, on est dans la vérité des rythmes annuels qui s'accélèrent... Bon, après, ça y est, vous y êtes
2ème vendanges seulement pour moi. L'émotion est intacte. Comment seront ces fameux tibourens provençaux et les rolles, alors, délicieux déjà à la vigne ? Je me demande seulement ce que deviendront les cuves de Walden. Qui en prendra soin comme je l'ai fait avec Eric l'année passée ? Nostalgie quand tu nous tiens.
En tous cas, heureux d'avoir senti ce calme" lors des quinze derniers jours et d'avoir pu le partager à tes côtés. Une belle messe semble se préparer... si cela reste comme cela....
Au fait, le ptit vent frais est revenu ?
Pour le reste, chez les Belges, on dit bonne m@!>%]* !
C'est drôle, mais tellement intéressant, ce sentiment qui t'envahit, Hervé. J'étais avec Philippe Pouchin (Château Bas) il y a quelques jours : il était dans le même état.
La volonté de bien faire, le perfectionnisme j'imagine.
La rencontre avec Philippe est ici (http://vinsurvin-blog.com/?p=7240), si cela t'intéresse (et je n'en doute pas !). Bon courage, bonnes vendanges, beaux millésime !
Fabrice (un peu anxieux aussi la première fois que je t'ai rencontré dans ton garage à Vingrau, l'année dernière !)
La rencontre avec Hervé (http://vinsurvin-blog.com/?p=2705)