8 septembre - Jour 3 - Suis je bon aux échecs ? Non.

Voilà la question que je me posais ce soir en rentrant à la maison, tant mon après midi m'a semblé ressembler au début d'une partie d'échec. Il est temps en effet de décider de la marche à suivre. Que vendanger ? Quand vendanger ? Cela peut paraître idiot, comme ça, vu de loin. Mais sur place, sachant que nos moyens de vendanges sont limités, nos facultés de rentrer du raisin aussi, et bien il faut choisir. Finir les blancs ? Prendre le risque d'attendre ? Pour gagner quoi ? Idem pour les Syrah, comment sont les maturités, que recherche t'on, que suis je prêt à abandonner, en vue de quel gain ? Et les Grenache ? Certains semblent déjà si bons, si doux, si fruités ? Ne vont ils pas tourner au "cuit" ? Qui peut le dire ?

Bon, disons le tout de suite, aux échecs, je n'ai jamais brillé. Joueur correct, m'a t'on dit un jour, mais trop gentil et trop confiant pour voir les sombres stratégies et les pièges subtils de l'adversaire ;-) Je n'ai pas oublié. Au Monopoly, je me défends, en revanche ;-), et finalement, en passant toutes les parcelles en revue, physiquement puis dans ma tête, je me suis dit qu'il y avait là, dans toutes les parcelles du Clos des Fées, de la Chique, de Walden, de quoi faire une version "spéciale" de ce jeu de légende ;-) En bleu foncé, bien sûr, la petite Sibérie, vous l'aurez compris ;-) Mais qui sont les rouges, les oranges, les jaunes et surtout où sont les gares ? ;-). Où en sont surtout les maturités, les feuillages mais aussi et surtout toutes ces choses invisibles qui font le terroir, ces vents, ces sols, ces racines, ces signes, tout ce que je ne vois pas. Je rêve parfois d'une seule parcelle, d'un seul cépage, d'une maison au milieu et d'une vie au centre de cette vigne dont, chaque jour, je sentirai au plus près les influences, la parcourant en tous sens et par tous les temps, sans jamais, jamais en bouger pour que jamais, jamais rien de sa vie ne me soit caché, que je ne rate rien... Si tant est que la vigne accepte bien sûr de me "parler" et que j'ai en moi les ressources pour la lire, ce qui je crains est vanité. Est-ce au final une tentative aussi vaine que celle de vouloir comprendre l'autre sexe ? En fin de vie, Sacha Guitry s'était illustré d'un trait d'humour de plus en affirmant "connaître, enfin, les femmes". Mais "toujours ne pas les comprendre"... Est ce pareil pour la vigne ? Ce millésime me semble toujours mystérieux, comme trop simple, en apparence, pour ne pas cacher "une clé", un ressort secret qui, si je l'activais, me ferait passer, qui sait, du bon au grand, peut-être ?

Bref... Ce soir, les premiers jeux sont faits et le planning en est jeté (on dit comment, en latin ? ;-). Une fois le raisin coupé, on ne pourra revenir en arrière, hein... Programme décidé jusqu'à mardi, avec des choix de dernière minute remettant au final en cause plus de 10 scénarios possibles, patiemment passés en revue avec Serge à l'heure du déjeuner. Le pire, dans ce métier, c'est de toute façon de ne pas choisir, ne pas se décider. Toujours pas trouvé la musique, au fait, sensée m'accompagner pendant ces vendanges. Une idée ? Pas Shakira, s'il vous plait ;-) Un truc entrainant, pour le matin... En attendant, ce soir, j'écoute le Concerto pour Violon, de Philip Glass. Je vais demander à Christian s'il peut vous le mettre sur ce blog demain, car moi pas savoir faire. Je laisse une ligne ;-)

Premiers moûts de blancs délicieux, riches, acidité exceptionnelle, longueur, déjà. Début des fermentations des premières cuves de Chique, avec déjà du gras et du volume, ce qui est rare au tout début. Saura t'on le conserver ? Des degrés moins pires que l'année dernière, ce qui m'étonne. Beaucoup de couleur. Peu de rendement. Et les sangliers, forcément... Bon, au lit.



5 commentaires

#1. Marco357 | jeudi 9 septembre 2010 - 03:39

Une suggestion pour la musique du matin, Thomas Dutronc

#2. Jérôme B. | jeudi 9 septembre 2010 - 09:07

"Agenda jacta est" :oþ

Une autre suggestion pour la musique du matin, moins connue mais qui moi me donne une pêche d'enfer : Prohom (en particulier leur premier album, éponyme)

Sinon j'ai également un nouveau surnom pour toi : "L'homme qui murmurait à l'oreille des vignes"

Bonne journée et merci encore de partager avec nous tous ces détails, vraiment passionnants.

#3. Monique | jeudi 9 septembre 2010 - 09:58

En latin on dit "alea jacta est"
Oui, Thomas Dutronc c'est pas mal pour le matin
Merci de nous faire suivre les vendanges au jour le jour. On a l'impression d'être à vos côtés.

Réponse de HB  : non, Monique, ça c'est les dés ;-) J'aime bien le "agenda jacta est" ;-)

#4. stretch | jeudi 9 septembre 2010 - 10:15

"I've been thinking about what you have done to me
The damage is much deeper than you'll ever see
Hit me like a hammer to my head
I wonder were you pushed or were you led?

Why did you do it? Why did you do that thing to me?..."

http://www.deezer.com/fr/#music/str...

#5. olivier | vendredi 10 septembre 2010 - 17:03

Alors comme chasons pour partir le matin avec le plein d'energie et sur le theme de la folie( qui semble bien incarner cette période des vendages), la reprise de "Crazy" par Ben l'oncle Soul est des plus efficace.

Autre musique qui donne la frite surtout pour un homme qui a super modjo :-) il y a "Soul Bossa Nova" de Quincy Jones qui a était repris comme thèe dans Austin Power.

Bon courage pour la suite

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