Il faut sauver la planète... 2/2
Par Hervé Bizeul, mercredi 7 mars 2007 à 07:31 :: Le Clos des Fées au jour le jour :: #329 :: rss
Où en étais-je. Ah oui. Donc, nous voilà au boulot, pour sauver la planète...
D'abord, une photo aérienne, soyons modernes et un peu fous... Notre « Planète » à nous, vue du ciel grâce à GéoPortail.
Pour la France, c'est plus détaillé que Google Earth. Mais bon, il n'y a pas le « Joystick » pour avoir l'impression grisante de voler... Et puis on ne peut pas faire de petits dessins pour isoler une parcelle. Mais bon, les détails sont impressionnants. La Planète, c'est tout le grand coteau devant vous. Dans la partie centrale du coteau, ni trop haut, ni trop bas, sur la droite, de chaque côté du bosquet de chênes, c'est notre nouvelle parcelle. Si vous zoommez à fond, vous me verrez peut-être en train de planter un échalas... Je rigole, on n'est pas à la cellule anti-terroriste, ici : on ne positionne pas encore les satellites en temps réel... (Qu'est ce que tu croyais, Laurent, enfin ? Faut arrêter de télécharger « 24 heures » sur internet, mon ami ;-)).
Bon, si vous visualisez les cartes, le lieu dit s'appelle en fait « Serre de Llaourrou ». Quand à vous dire pourquoi tout le monde appelle ici ce coteau « la Planète », je suis preneur de la réponse dans les commentaires, si vous avez une bonne histoire à me raconter. Sur les cartes, on voit bien l'exposition plein sud et les courbes de niveau. A vol d'oiseau, Maury n'est à mon avis qu'à quelques centaines de mètres, un kilomètre tout au plus. Pourtant, d'un côté de la montagne, c'est du schiste; de l'autre, du granit. Cette diversité géologique – que l'on ne retrouve qu'en Alsace, à Madagascar et dans le Roussillon – où que l'on aille dans le monde, m'émerveille toujours ! En vérité, en ce moment, le chantier ressemble à ça :

On retire tous les piquets de plantation, Corinne prétaille, on tire les sarments en faisant de petits tas que l'on brûlera ensuite, soigneusement, car on découvre qu'il y a beaucoup, beaucoup d'Esca, plus que je ne le croyais, ce qui m'embête un peu... Pendant ce temps, l'équipe de tailleurs remet tout en place au sécateur et à la scie : trois ou quatre bras, autant de têtes, taille à deux yeux pour commencer, afin de ne pas trop bouleverser la vigne, assez productive depuis de longues années.
Il faisait gris hier, mais il y a une belle lumière quand même. Au fait, les arènes granitiques, ça ressemble un peu à ça :

Bon, souvent, en profondeur ou sur le dessus, comme ici, il y a des gros blocs et, si je ne m'abuse, ça ressemble fort à du feldspath. Si tu es géologue et si tu regardes ce blog en douce, il est temps alors de nous éclairer de tes lumières, oh ami inconnu ;-). Allez, ne te fais pas prier, tu veux bien ? Sur une partie du coteau, c'est un mélange schiste/granit et c'est beaucoup, mais alors beaucoup plus caillouteux...
Quand on a bien tout nettoyé, on apporte une palette d'échalas après l'autre, le camion ayant déjà bien du mal à monter avec 300 échalas dans le ventre. On les décharge à la main, un par un, et on les serre très fort dans ses petits bras, 6 par 6, comme si on les aimait et qu'on avait peur qu'ils nous quittent. Et puis on grimpe d'un pas alerte, en les distribuant. C'est fatiguant, mais à la portée de tous : un cep, un échalas, on peut pas se tromper... Sur ce satané granit, on se croirait sur une patinoire, et on s'est tous au moins pris une belle gamelle dans la journée. Ca n'ajoute rien au plaisir, je vous l'assure...

Bon, c'est décidé, il est temps que je vous révèle notre secret pour planter les échalas au bon endroit, bien droits et bien profonds :
On fait un trou de 30 cm à la barre à mine, en fonction du développement du cep, qui a une vingtaine d'années. Ici, c'est Miétec qui s'y colle. On lève sa barre à mine bien haut, car c'est son propre poids qui l'aidera à s'enfoncer un peu plus à chaque mouvement. Puis on tourne pour agrandir le trou. Les 20 premiers, c'est super drôle. Au bout de 200, on commence à voir les hommes, les vrais, les tatoués ;-))

Et puis on monte sur une comporte, et, avec une masse, on tape une dizaine de coups vigoureux afin d'enfoncer le bousin de 2 mètres de 40 bons centimètres dans le granit. Et on garde le sourire, comme Édouard. Allez, Édouard, montre nous :

On en a 7 000 à planter....
Au fait, vous faites quoi cette fin de semaine ? Ca vous dirait, une expérience unique, au soleil, dans un paysage merveilleux ? Vous apportez juste votre masse et on fait une grande fête, genre « tambours du Bronx », mais sans tambour... Sont particulièrement les bienvenus ceux qui trouvent que les vins du Roussillon sont chers... Je suis prêt à parier qu'à la fin de la journée (Édouard, les bonnes journées, il en enfonce 800, des échalas... ) qu'ils auront changé d'avis.
A la fin de la journée, sur une petite partie de la parcelle, la vue a bien changé et les feux s'éteignent doucement. Ce soir, une chose est sûre, personne n'aura de mal à s'endormir...

Commentaires
1. Le mercredi 7 mars 2007 à 13:14, par Iris
2. Le mercredi 7 mars 2007 à 16:12, par Helene
3. Le mercredi 7 mars 2007 à 17:25, par tchoo
4. Le mercredi 7 mars 2007 à 17:35, par tchoo
5. Le mercredi 7 mars 2007 à 18:31, par Luc
6. Le jeudi 8 mars 2007 à 18:26, par Manu
7. Le vendredi 9 mars 2007 à 07:10, par marsha
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