Jamais vu ça...
Encore jamais vu une telle configuration climatique en 12 ans de Vingrau.
15 h, en visite à l'oliveraie, le ciel bleu et la chaleur étouffante nous dissuade de passer plus de quelques secondes au soleil. Grand bleu, pas un nuage.
15h45, retour à Vingrau, dans la relative fraîcheur de la maison aux volets bien fermés.
16 h, gigantesque coup de tonnerre qui fait tout disjoncter. 16h45, pluie torrentielle, au moins 20 mm en quelques minutes.

18 h, retour du grand bleu, chaleur étouffante, impossible d'imaginer qu'il s'est passé quelque chose.
Voilà bien pourtant le tournant du millésime... C'est le coup de grâce pour ceux qui n'étaient pas ou mal protégés du mildiou. Je ne suis pas certain qu'ils soient vraiment conscients du danger. Encore une fois, merci Serge pour ton instinct sans faille...
Millésime bizarre que ce 2009. L'année dernière, les orages avaient tourné autour de Vingrau sans jamais nous atteindre et cette année, ils se concentrent sur nous. Cela sera vraiment intéressant de voir les conséquences sur le vin... Toujours pas une trace de mildiou sur nos vignes. Ouf.
En tout cas, excellent pour la croissance des grappes avant véraison et pour les olives. Malheur des uns...
Retour de Vinexpo - 2ème
Ce soir, soirée de clôture et fête de la fleur à Bordeaux. Enfin je crois.
A l'heure où les jolies femmes en robes longues et les hommes élégants en smoking remonteront l'allée de je ne sais quel château, déjà célèbre à une époque ou ma (nos ? ;-)) familles vivaient sans aucun doute sur des sols en terre battue ;-), je serai en train de lire à Gaspard son histoire du soir, pleine de chevaliers, de princesses, de dragons. A moins que nous avancions sur les viking ou reprenons les petites poules;-).
Je suis jaloux, je l'avoue. Oh, pas d'y être, rassurez vous. J'ai longtemps refusé d'y aller à une époque où l'on m'y invitait, puis, ma propension à dire ce que je pensais devenant célèbre, je ne fut rapidement plus invité, voire boycotté, sauf par quelques amis chers, plus attirés par ce que j'étais que par ce que je pouvais leur apporter. Non, je suis jaloux parce que, bien sûr, je n'aurai jamais, du moins dans cette vie que je crains de plus en plus être la seule, les moyens financiers d'organiser une telle fête. Ça m'aurait bien plus, pourtant ;-) De toute façon, si un jour, ayant un soir "gagné des millions" grâce à un questionnaire exclusivement dédié au vin et à la nourriture, j'en eusse les moyens, "l'intelligentsia du vin" n'y viendrai pas. Simplement parce que ce serait dans le Roussillon. Et la qualité du vin ou le bon goût de la fête (vous pouvez me faire confiance ;-) n'y changerai rien. POurtant, un banquet à la Kierkegaard, avec un peu plus de monde, ça m'aurait plus, un jour...
J'ai récemment été un peu injuste sur le blog de Jean-Luc Thunevin avec Michel Bettane, lui reprochant de ne plus être souvent dans les vignes et plus dans les châteaux, suite à son affirmation un peu rapide qu'il n'y avait "plus de grands terroirs à découvrir". J'ai raison, sans doute, sur le fond. Mais il n'a pas à être le bouc émissaire d'un problème plus profond, d'une situation dont il n'est ni responsable, ni coupable, ayant fait à son heure tant et plus pour les vignobles émergents et continuant à le faire même si, en temps que vignoble émergent, j'aimerai qu'il en fasse encore plus, bien sûr ;-). Hier, en écrivant le billet sur Vinexpo, je me suis dit que certains pouvaient y lire entre les lignes une critique un peu simpliste, comme il en fleurit en ce moment sur tous les forum du (petit) monde viticole sur la fameuse "indépendance" du journaliste. Qui a des amis. Qui a des intérêts. Qui est indépendant. Qui ne l'est pas. Qui a les moyens de payer ses bouteilles (c'est clair, personne...) ou ses voyages (pas grand monde, c'est clair aussi et ça ne s'arrange pas) ou ses diners ou ses hôtels. Que m'importe, à moi, de toutes ces attaques nauséeuses, haineuses et vindicatives qui ne font rien avancer et surtout pas l'essentiel : ou un journaliste goûte bien, ou alors, mieux vaut peut-être qu'il soit malhonnête pour que l'on ait au moins le prestige de l'étiquette ;-)
Le problème n'est donc pas que les journalistes soient nourris, logés, abreuvés et flattés mieux qu'on ne l'est à Kobé ;-) Le problème c'est le lendemain, au réveil, quand, fatigué, le journaliste perd son âme de conquistador et n'a plus l'envie ni la force d'aller voir les petits stands mal foutus du bord du lac où l'on regroupe à Vinexpo ceux qui n'ont pas trop de sous; de s'engouffrer avec passion dans la jungle du stand de l'entre deux mers à la recherche d'une pépite, d'un diamant qu'il mettra, enfin, en lumière; de se jeter à corps perdu dans la rencontre bienveillante de tous ces producteurs du monde, d'ici ou de bien loin, qui, de plus en plus tristes au fur et à mesure qu'avance le salon, s'étonnent de ne pas avoir vu un seul journaliste curieux et affamé de qualité.
J'aime Bordeaux, j'aime les grands Bordeaux quand ils sont grands, les petits quand ils sont petits. J'ai plus de mal avec les grands qui sont petits mais c'est pas le sujet ;-) J'admire, tout en en subissant, bien indirectement, les amères conséquences, la stratégie bien réglée de toute une région qui fait venir à sa porte le monde entier pour l'écraser, fort intelligemment (enfin pour l'instant...) de sa puissance et de son faste, fatiguant journalistes et acheteurs par des avalanches successives de bons moments, de grands moments, de vrais moments même, parfois, pour leur ôter toute envie d'aller voir ailleurs, de se révolter, de continuer à montrer du doigt ce qui doit être montré du doigt et de comprendre que leur rôle est certes, sans aucun doute, de célébrer les grands vins d'hier mais aussi de mettre en lumière les grands vins de demain. Et puis aussi de s'occuper des petits vins, des bons vins, de ceux que recherchent les gens normaux qui ont une vie normale.
"Dès leur arrivée, la magicienne les accueille, leur offre un cycéon, breuvage magique et sublime, leur offre mets délicats et fêtes sublimes. Mais très vite, elle les transforme..." J'ai beaucoup pensé, en rentrant, au mythe de Circé (Κίρκη, comme dit Fako ;-), lu justement dernièrement à mon fils, un soir, pour ce qu'il conseille aux hommes de ne point se fier aux apparences et de chercher la vérité au delà de celles ci.
Il y a de grands vins à Bordeaux. Sans doute plus qu'ailleurs. N'oublions pas qu'il y en a aussi ailleurs.
P.S. : chère Iris, si tu veux être, comme d'autres lecteurs, derrière le miroir et comprendre ce qu'est une grande fête bordelaise, rien de mieux que le fabuleux billet de mon co-lauréat du prix du meilleur blog. C'est ICI. C'est grandiose.
Retour de Vinexpo
Et vite, vite, pour me ressourcer, un grand "bain" de vignes, d'oliviers, de soleil et de cigales, qui sont sorties, nous cassent déjà les oreilles ;-) et volent partout dans l'oliveraie.
Le premier adjectif qui vient aux lèvres quand je pense à Vinexpo est toujours le même : fatiguant... Gigantesque (mais un peu moins que d'habitude, enfin j'en ai eu l'impression, en tout cas), Vinexpo est un grand fourre tout, une auberge espagnole (c'est la cas de le dire, l'Espagne occupait pas loin à mon avis de 1500 M 2, écrasant tous les autres pays au point qu'on a divisé le pays en deux hall différents...) où se côtoient des acheteurs d'une puissance encore inimaginable il y a vingt ans et de jeunes "padawan", stagiaires ou étudiants, qui vivent ici leur premiers combats dans l'arène des vins du monde, irrémédiablement mondialisée.
Au milieu des allées, il y a de tout et, avouons le, un peu de rien. Vendeurs (nombreux...) et acheteurs (semblant peu motivés...) se croisent, les affaires, et pas des moindres, se font parfois dans les coins les plus improbables. Le salon s'anime rarement avant midi et se vide vers 17 heures sous peine de passer 3 heures dans les embouteillages (sans jeu de mots ;-). Avant, le matin, il faut bien se remettre des soirées de la veille, où les châteaux redoublent de faste et exposent leur puissance, unique il est vrai dans le monde du vin. La moindre réception coûte ici plusieurs dizaines de milliers d'euros, voire, à vue de nez, centaines... Certaines sont ultra fermées et une voiture vient vous chercher, personnellement, à votre hôtel, et vous ramène ensuite, un sourire mélancolique aux lèvres pour certains, bourrés jusqu'au sourcils pour d'autres. Certaines sont plus "ouvertes". D'autres sans doute, sont familiales, chacun essayant, des premiers crus classés au château le plus inconnu de l'entre deux-mers, de mettre les petits plats dans les grands pour séduire acheteurs et journalistes du monde entier. Le lendemain, couché à point d'heure, le foie en capitolade, le jeu consiste à goûter le moins possible, ce qui fait que je me demande comment certains font pour acheter. Passons.
Mais on prend un peu de temps, bien sur, aussi, pour se livrer dans les allées au jeu qui se fait d'ordinaire dans l'ascenceur en ville et dans la voiture à la campagne, j'ai nommé : la-critique-du-dîner-de-la-veille ;-) La palme du ratage est attribuée (mais je suis parti avant la vin du salon ;-) au dîner de la presse internationale à Lafite qui fut qualifié le lendemain par nombre de mes ex-confrères du terme élégant de "pensum"... Enfin pour ceux qui ont de l'éducation. Pour les autres, c'était plus vulgaire. Il y avait en revanche, parait-il, une bonne ambiance à la Mission Haut-Brion ou l'on mangea fort bien, selon de multiples sources (plat de légumes d'Alain Passard d'anthologie), cigare et cognac rare inclus, la fête était belle à Smith-Haut-Lafitte, sympathique et animée à Jean Faure tandis que le pique-nique à Cheval Blanc était snob juste ce qui'il faut pour rester dans les limites du bon goût. Bon, je n'étais à aucun de ces évènements, où je ne suis plus convié depuis longtemps, où de de toute façon je n'allais plus et que le paysan que je suis devenu fuit comme la peste, tout sympathiques qu'ils soient : je déteste la manipulation ;-( J'y reviendrai sans doute cet été, suite à truc rigolo récupéré sur le salon dont je vous parlerai... Je pourrais il est vrai dévoiler les dessous de ces fêtes mondaines, mais le mieux, pour savoir qui copine avec qui, c'est le blog de François Mauss. Comme son équipe goûte à l'aveugle et qu'on ramasse les copies avant la levée des anonymats, on ne les soupçonnera pas de collusion et on verra avec plaisir à la lecture du blog du GJE que c'est sans doute la crise mais que certains résistent et ne se laissent pas abattre ;-) Pour ma part, je me suis laissé faire et j'ai fini lundi soir dans une fête aussi sympathique, émouvante que fastueuse, à Labégorce, où j'ai failli danser le tango (Sophie, au secours, des cours ! ;-) et ai remarquablement mangé, la faute à Potel et Chabot qui reçoit ici mes plus sincères félicitations, ce qui est rare, donc a de la valeur ;-).
Pendant qu'on pique-nique à Cheval-Blanc donc, et qu'un peintre officiel de la Marine immortalise la scène pour les générations futures (je rigole, Albert ;-), donc, sur Vinexpo, entre deux hélicoptères VIP Platinum, on se désolait de la mort clinique du marché américain, c'est à dire du départ définitif de Diageo (N° 1 mondial) du jeu de dupe des primeurs, alors qu'ils représentaient certaines années 25 % des volumes. En fait, ils n'achèteront – et ne vendront, donc... – plus aucun Bordeaux. Bigre.La saison des déstockages démarre assez fort, suivant celle des soldes, et entre le cours des monnaies et celui de la bourse, on ne parle que de prix, de marchés, de circuits. Mais jamais de qualité ni de valeur (humaine ?). Ainsi va le monde d'aujourd'hui.
Dans l'allée suivante, c'est de la Russie dont on se désole : le marché est catatonique et là, c'est le bas et non le haut qui trinque. Vous voulez du vrac ? C'est le moment : 20 euros l'hectolitre, du vin espagnol plutôt buvable. Surpris ? Les vendanges arrivent, il faut vider les cave avant la vendange 2009 et le vin à bas prix, vigoureusement édulcoré, acheté jusqu'à présent par l'Est de l'Europe cherche des gosiers plus attirés par l'ivresse que par le goût. A ce prix là, aucun vigneron ne peut vivre en Europe et donc, les arrachages sont loin d'être terminés. Le vignoble, lui aussi, au final, sera donc délocalisé là ou on travaille pour manger, au jour le jour, et où on est heureux de le faire parce que sinon, on meurt.
Bon, on va pas se pendre tout de suite, et continuer d'espérer qu'entre les deux extrêmes, il y ai toujours quelques possibilités pour un vigneron de faire son métier dans les règles de l'art, pour un vignoble émergeant de rêver à l'excellence, pour un amateur de trouver une bonne bouteille qui vous colle un sourire sur les lèvres pendant toute la soirée.
Tiens, allez, des vins comme ça, je vous en donne deux. Haut-Carles, inutile d'en parler : je vous avais annoncé que c'était à l'aveugle l'équivalent d'un premier cru, il arrive 4ème sur 200 Bordeaux au GJE et raffle la mise de meilleur rapport qualité prix incroyable génial stupéfiant. J'espère que vous en avez acheté ;-) Non, je pensais à deux très bons bordeaux, Poupille, un de ces Côtes de Castillon qui prouve la grandeur de ce terroir et ne mérite pas l'anonymat dans lequel les médias le maintient, à l'exception des mangas japonais qui sont définitivement plus fins qu'on ne le pense, et le château de Laussac, dont j'ai goûté un 2005 exceptionnel qui serait, parait-il, disponible chez Leclerc pour un peu plus de 10 neuros, ce qui, vu la qualité du vin, mâture, dense et sensuel, me semble incroyable.
Bon, c'était un peu décousu, mais c'est ce que j'avais envie d'écrire. Ah, mon Dieu, comme il est bon d'écrire, libre comme l'air, sur son blog ;-)
Il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...
« A Vingrau, il n'y a pas de mildiou...»
Voilà un peu le discours que, pendant des années, on m'a tenu sur la place du village.
Soleil, vent, peu de pluie, avouons que la modélisation climatique n'est pas très favorable au développement du mildiou
Et pourtant, étrangement, après chaque fleur, on me disait aussi que la coulure avait été importante, souvent dans les mêmes secteurs, les plus humides, les plus propices au parasite... L'observation, régulière, presque quotidienne est alors irremplaçable pour savoir quand, où et avec quoi traiter.
Sur les parcelles du secteur dit de « Génégals », presque toujours trempées avec la rosée matinale, les pluies fréquentes de cette année, suivies de périodes chaudes, ont été presque idéales pour le développement de la maladie. J'ai passé un petit cuivre, puis un produit de contact sur environ 30 % des parcelles, puis un pénétrant sur les 5 % les plus exposées. C'est la «lutte raisonnée extrême », comme je l'aime. Chaque traitement est précis, adapté à la parcelle, même la plus petite possible. Pour cela, l'atomiseur est l'allier le plus précieux et permet d'adapter son traitement sur des zones de quelques centaines de mètres carré, s'il le faut.
Il y a trois semaines, on se moquait de nous et Serge se faisait chambrer lorsqu'il disait que cette année, le mildiou était là et bien là.
Regardons un peu quelques feuilles et grappes prises sur une vigne limitrophe, d'un de mes voisins qui ne croit pas au Mildiiou à Vingrau et « maitrise » comme il me l'a affirmé la semaine dernière alors que je l'avertissais gentiment du danger...
1- Feuille côté recto. Quand c'est marron, c'est plus actif et déjà bien trop tard...

2 - Feuille côté verso, on voit bien le champignon qui progresse...

3 - Plus rare, on ne fait rien et le sarment est attaqué, devient marron, pourri et finit très cassant. L'attaque est donc ancienne et aurait du être détectée depuis longtemps. Mais on peut le confondre avec l'excoriose, alors...

4 - Sur grappes, en gros plan, particulièrement actif. Il est déjà bien trop tard. Un simple traitement préventif aurait évité tout cela

5 - Sur grappe encore, à la fin de l'offensive, tous les grains sont atteints, la récolte est perdue.

6 - On passe une semaine après. Après un bon coup de tramontane qui a tout nettoyé. Comme « il n'y a pas de mildiou à Vingrau », on accuse la « mauvaise floraison » et on fait contre mauvaise fortune bon cœur. Quand on est (mauvais) ouvrier, c'est aussi ce qu'on dit à son patron qui, n'ayant pas vu les étapes intermédiaires, peut le croire... Entre 30 et 90 % de la récolte est de toute façon perdue. Impossible d'atteindre l'équilibre financier pour le vigneron ainsi touché.

Mais ce n'est pas fini : alors qu'il aurait suffit d'un ou deux cuivre ou d'un produit de synthèse assez doux et puis terminé, pour peu que le temps reste pluvieux, le champignon étant installé, il va falloir désormais traiter deux à cinq fois plus et avec des produits beaucoup plus nocifs si l'on veut conduire la récolte à son terme.
Pour nous, sauf catastrophe climatique, le mildiou ne sera plus un problème cette année. Maitrisé, il ne se réinstalera plus. Un petit cuivre au 15 août, pour renforcer les feuilles et prévenir les humidités automnales et ce devrait être bon.
Bienvenue, Astrid (spécial prix de Diane ;-)
Notre muletier habituel ayant disparu dans la nature, nous avons mis un long moment à trouver un nouveau partenaire spécialisé dans la traction animale.
Sur le papier, tout le monde adore le concept. Dans la pratique, c'est carrément plus complexe.
Il faut le cheval ou la mule. Il faut l'homme qui va marcher, voire courir derrière. Il faut le matériel. Bref, c'est tout sauf simple.
Mais bon, c'est pas le moment de se relâcher, alors, bienvenue Astrid, belle jument de trait, récemment arrivée dans la région, et son maitre, Sébastien, qui la suit avec passion et se lance dans ce nouveau challenge.

Nous sommes au Clos des Fées, dans la vieille vigne dont nous avions entamé la sauvegarde et la résurrection il y a trois ans.
Grenache noir, âge inconnu, sans doute plus de 60 ans au bas mot, longtemps maltraitée et négligée. Mais on va y arriver ;-)

A la montée, longue et plus prononcée qu'on pourrait le penser, le cheval ne tire pas (on est pas au ski ;-) et on voit bien l'impact de la charrue au bout du "passe partout", invention locale, très mobile, qui va permettre de passer au raz des souches.
Compter cinq à six passages, des "raies", pour aérer les couches superficielles mais pas trop les bouleverser et sans tasser.


Au sommet du coteau, une pause, on s'ébroue sur les landes en repos, limitrophes, et on regarde déjà où l'on va tourner pour la descente...

A côté, Pierre peut passer avec le viti-plus, sur des vignes un poil moins vieilles et surtout mieux tenues.
Mais il ne pourra labourer que dans un sens, avec son tracteur à chenilles qui ne tasse pas lui non plus. Le cheval s'occupera des labours transversaux.
Choc de deux mondes, de deux époques, de deux technologies ;-). Je suis heureux de faire cohabiter les deux, même si le cheval ne labourera que quelques hectares cette année, les moyens n'étant pas illimités, loin de là...

Le matin, il avait terminé cette petite vigne, très tourmentée, mais sur du plat, avec une terre plus sableuse et avec bien moins de cailloux. C'est beau, non ? Dire qu'il y a cinquante ans il y avait soixante dix chevaux dans le village, pas de désherbant et que toutes les vignes étaient comme ça. Ça devait être magnifique...

La terre (bien) labourée au cheval, on la reconnait entre mille.
Qui sait, peut-être un jour aurai je les moyens, techniques et financiers, de labourer toutes les vieilles vignes comme ça ?

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