Starwine, un concours dont on n’a pas fini de parler.


Deuxième édition de Starwine, grand concours international ou les meilleurs sommeliers du monde remettent des médailles à des vins du monde entier. Le brief est clair : un bon vin, c’est un vin que l’on a envie de servir à son client, qu’il pourra comprendre et qui lui procurera du plaisir. Exit donc les vins maudits que mon intelligence sans doute limitée ne m’a jamais permis ni de vraiment comprendre, ni de vraiment apprécier.

60 sommeliers ayant tous au moins gagné un titre national ou international, enfermés dans un hôtel, avec quinze à vingt « flight » par jour, par cépage, par type de « blend » ou par type de vin. Une compétition passionnante qui permet de faire, en trois jours, l’état des lieux de la viticulture mondiale. Plus de 2000 échantillons présentés, à l’aveugle, bien sûr, et beaucoup de « pointures » de toutes les régions viticoles. On goûte beaucoup, on parle beaucoup aussi (on rigole aussi pas mal…), et donc, on apprend beaucoup.

Qu’ais je donc appris, me direz vous ? Et bien d’abord que l’arrachage de vignes à Bordeaux a fait un mal considérable à l’image de la région. Bon courage aux bordeaux génériques pour remonter la pente… Le petit Bordeaux, aux U.S.A., ce n’est plus « In ». Ensuite, tous les sommeliers s’accordent sur leur envie et leur besoin de vins concentrés mais pas trop. La notion de vin « marchand » gagne du terrain sur celle de « vin de concours ». L’élevage caricatural des années 90 a encore certes de beaux jours devant lui mais il perd peu à peu du terrain, et le fruit rattrape le bois. Qui s’en plaindra ?

A la lecture du palmarès (et à la dégustation aussi, croyez moi), on constate :

  1. Qu’il y a bien un goût américain et un goût européen car, si lors des matches, tous les sommeliers s’accordent sur la qualité des vins, au moment de choisir celui qui leur plait le plus, il y a d’une manière évidente deux écoles du goût qui s’affrontent.
  1. Que la France n’est plus du tout dans la course au niveau des Syrah : peu de grands domaines bien diffusés ; peu ou pas de marques de qualité ; domination absolue des australiens avec de bons vins certes mais qui n’ont rien d’exceptionnels et, pour la plupart d’entres eux, n’ont aucune personnalité. Un vrai challenge pour les vins du Languedoc-Roussillon. Mais sauront-ils le relever ?
  1. Cela peut sembler incroyable, mais c’est pareil au niveau des Sauvignons : Bordeaux a totalement décroché et abandonne le marché aux Néo-Zélandais qui semblent avoir tout compris, tant sur les vins fruités que sur les boisés
  1. Que n’en déplaise à certains,Valandraud, à l’aveugle, surclasse tous les « bordeaux blended » présentés, et non des moindres dont beaucoup de top californiens. Comme quoi…
  1. Que le vin le plus représentatif et lauréat de la top gold de tous les vins d’assemblages est … un Côtes du Roussillon Villages à dominante Syrah ! Un peu de chauvinisme, ça ne fait pas de mal…

Pour en savoir plus, le site de Starwine

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