Suite à hier, précisions


Mon billet d’hier fait soulever quelques commentaires (ayant réussi à me libérer à peu près des spam, ils sont d’ailleurs ouverts et non modérés depuis un mois) et quelques réactions sur Facebook,

MAJ : certains n’arrivant pas à se connecter au profil de François Desperriers, deBourgogne Live, je me permets d’insérer une capture de son mur

j’ai eu envie de quelques compléments et précisions :

A Iris, je voudrais dire que je ne me sens pas « Don Quichotte du midi », mais, en revanche, oui, un peu, « Don Quichotte de ceux qui voudraient que l’ascenceur républicain dans le vin fonctionne un peu mieux » ;-) Et en particulier, si j’écrivais au Père Noël, je souhaiterai que TOUS ceux qui font des efforts acharnés pour faire de grands vins aient leur chance, qu’ils ne doivent plus attendre 30 ans avant d’être reconnus par les médias, que la notion de « grand cru » ne soit plus réservé à ceux qui figuraient dans un classement en… 1855 ou dont les parcelles étaient cultivées par les cisterciens entre Beaune et Dijon. Est ce que je me le souhaite aussi ? Oui, surtout quand je bois comme je l’ai fait hier un Clos des Fées 2005. Est que je le souhaite aux autres, même si moi, je n’y arrive pas ? Oui, cent fois oui, parce que j’ai avant tout envie de rêver à autre chose qu’à des vins convenus même si je sais les apprécier quand ils sont célèbres ET bons. Est ce que je veux pour autant déboulonner les autres, les prestigieux, les célébres ? Non, cent fois non. Mais j’attend d’eux qu’ils tiennent leur rang, qu’ils soient indiscutables, à la hauteur de leur rang et de leur prix. Ou que quand ils dérapent, ils soient remis dans le rang, comme je le suis en permanence. Parce que si un jour je suis à côté d’eux, je ne veux pas avoir à critiquer.

PS : Tu peux mettre tes commentaires sur ce blog, c’est ouvert… ;-)

A Laurent, qui se moque de me voir défendre Michel Bettane sur un forum et me lamenter de certains de ces choix par ailleurs, je réponds qu’il me semble que c’est là le rôle d’un ami : dire la vérité. Voir attaquer parfois un immense dégustateur, un humaniste, un philosophe comme Michel Bettane, par certains qui n’ont jamais rien dit d’intéressant sur un forum ou restent soigneusement anonymes, sans débat, sur des « apriori », me désole. C’est aussi le revers des réseaux sociaux. Alors, je me bats pour lui, en tout cas pour qu’on l’attaque sur de vrais défauts, comme nous en avons tous. Comme je me bats pour qu’il change un tout petit peu sa vision du monde, qu’il ouvre la porte au débat, qu’il écoute l’opinion de l’autre. Parce que c’est ce que veut, aujourd’hui, l’amateur : progresser, apprendre, débattre. Mais pas se voir présenter un vin avec sans doute des Brett, au Grand Tasting, et ne pas oser poser des questions, sortir l’esprit confus en disant, dans les allées, « est ce moi qui suis nul ? ». Le débat est aujourd’hui public. Le consommateur, le vigneron (qui l’ose, bien sûr) peuvent avoir la parole, être entendu, même si c’est auprès d’un microcosme que certains méprisent. Il y a possibilité de débat, ce qui n’existait pas autrefois. Il faudra s’adapter. De même, je me prive pas de lui demander de faire fonctionner cet « ascenseur » vers le grand vin. Il doute ? Je l’admets. Il veut y mettre ses règles ? Je l’admets aussi. Il dit qu’il faut du temps. D’accord, mais combien de millésimes à présenter pour être crédible ? Qu’il les fixe, qu’il permettent aux vignerons français de tenter l’aventure, comme le fait un guide Michelin, tout critiquable qu’il soit. Mais qu’ensuite, qu’il considère vraiment les vainqueurs comme des grands crus, qu’il les mêle aux autres et qu’il les impose même quand il le faudra, surtout aux buveurs d’étiquettes. Sans origine sociale. Sans pression financière. Est-ce mal, de souhaiter cela ? Est ce normal qu’il n’y ait pas UN seul vin découverte dans les Master Class du Grand Tasting ? Je ne le pense pas. Et ce n’est pas pour qu’on m’y mette l’année prochaine. D’autres le mérite cent fois plus que moi. Pour autant, le consommateur, amateur pointu en tête, a aussi sa part de responsabilité…

A « Mas Coris », « l’hôpital », si c’est de moi qu’il s’agit, il a au moins le courage de dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas. Et d’assumer les risques et les conséquences de sa liberté de parole. Les réseaux sociaux sont ouverts. Pourquoi les vignerons sont ils si silencieux ?

A « toursenjoie », je pense que ce qui fait la qualité d’un domaine, sa grandeur, c’est aussi sa régularité. Choisir, encore et toujours, la Coulée de Serrant pour représenter ledit « génie » de la Loire en 2010, tout ça parce Curnonsky, un jour, s’est enflammé pour le cru, me semble être un message fort, d’un pessimisme atroce, envers tous les vignerons qui aujourd’hui sont dans la Loire à la recherche de l’excellence : arrêtez, les limites ne bougeront jamais. Et aux consommateurs, c’est dire « buvez et fermez là ». Si tu as un doute, lis le forum sur le sujet sur LPV. Que la Coulée de Serrant soit un des plus grand terroirs du monde, personne n’en doute. Ne pas regarder les turbulences dans laquelle elle passe depuis vingt ans, c’est se moquer des autres vignerons et des consommateurs.

A Michel Smith, je dirai que je n’ai pas d’avis sur ce que peu ou ne peu pas faire un journaliste en dehors de son métier, sachant trop bien combien il est difficile d’y gagner sa vie. Mais je pense qu’il faut simplement être transparent, comme un homme politique doit l’être. Avoir des goûts qui ne sont pas les miens, je l’accepte. Se prendre pour Dieu ou pour « le marché », alors qu’on a aucune influence réelle sur celui ci, j’ai plus de mal. Bien difficile, pour un journaliste, d’être, de toute façon, indépendant aujourd’hui, dans le vin et ailleurs.

A ShowViniste, je réponds qu’il est assez fascinant de voir une nouvelle génération d’amateur, ceux qui sont nés avec un ordinateur connecté (ça fait une grande différence avec la génération d’avant qui n’avait « qu’un » ordinateur), arriver dans les allées du Grand Tasting. Certains ne voient que la forme (lls cherchent de l’information sur Internet), moi, je vois le fond : ils savent déjà bien mieux que nous trier cette information et il faudra bien s’y adapter.

A mon ami Philippe Gimel, qui comprend la lassitude, parfois, du vigneron à la recherche du grand vin et soumis aux apriori presque en permanence, je lui dis : bravo pour t’être levé ;-)

A tous les autres commentaires, à ceux qui boivent mon vin et en sont heureux, je dis merci. Et je m’empresse d’aller jeter dans la vigne l’argent gagné au Grand Tasting.

Enfin, à Miss Wicky Wine, rencontrée en vrai, enfin, dans les allées du Grand Tasting, je la remercie de sa franchise qui lui a fait dire, les yeux dans les yeux, qu’elle était enfin allée sur ce blog, qu’on lui avait dit que c’était « ringard », mais que de temps en temps, c’était intéressant ;-) Ah, le web 2.0… Et dire que ce n’est que le début…

P.S. elle m’a décidé à Twitter, même si j’y comprends rien et je vois pas ce que je vais dire. Pour me suivre : hervebizeul !

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