Troisième bonne résolution : lire ou relire Jules Chauvet


On devrait tous avoir lu Jules Chauvet.

Ca remet les idées en place.

Pour le vigneron, ça permet même parfois de se remettre lui même en place et d’arrêter d’avoir la grosse tête. Je le conseille particulièrement aux extrêmes, les « tout chimique/œno  » et les 100% bio/nature…

Parce que Jules, il a mis le doigt sur tellement de choses, qui, aujourd’hui, sont à la mode…

L’influence du terroir, sa nécessaire domination du cépage; l’importance des arômes et leur modification par une infinité de paramètres, les engrais utilisés, pour ne citer que cela; la nécessaire question du verre, il est à l’origine directe de la forme du verre INAO qui a tant fait, dans les années 70, pour la dégustation; la définition de la « tension », qu’il expliquait si bien; la nécessité d’une hygiène parfaite, qui seule, permettait d’éviter les maladies et l’emploi massif d’intrants « guérisseurs », à l’époque; la nécessaire différence entre un vin qui est bon et un vin qui nous attire, les deux n’allant pas toujours de pair; la nécessité d’employer peu de SO2, surtout au bon moment si on le fait; le danger des anti-botrytis sur les levures indigènes et la supériorité gustative de celles ci, la plupart du temps, sans qu’il ait jamais pu expliquer pourquoi; l’évidence, à la fin, pour le passionné au bout de la route, de l’envie du « vin nu », sans rien, même pas du bois, qu’il aimait pourtant beaucoup, raisonnement qui aura inspiré toute une génération de vignerons actuels qui ne l’ont même pas lu, pas essayé de le comprendre, nié même l’essentiel du travail, du détail, de la précision, de l’humilité dans l’élaboration du vin nature qui se doit être « meilleur » et non se réfugier derrière un dogme quelque qu’il soit pour justifier ses faiblesses.

Bref, ça, entre d’autres choses, fascine chez Jules Chauvet, sans oublier une façon de déguster, toute en nuances, en précision, en attention, où la structure, la dynamique, la forme dans l’espace, la liaison entre les composants et leur place dans un vin est étudié. Loin des commentaires bidons de certains dont la plus parfaite illustration estICI, sur l’excellent site Château Loisel.

Lire ou relire Jules Chauvet, c’est aussi et enfin se rendre compte combien l’œnologie moderne a progressé, combien elle explique des choses que Jules aurait adoré connaitre ou découvrir, comment elle est pour autant toujours incapable de nous expliquer pourquoi, entre deux vins à l’analyse chimique identique, l’un est jugé bien meilleur que l’autre.

Encore un homme que j’aurais pu, que j’aurais dû rencontrer. Mais l’occasion ne s’est pas présentée…

La plupart des ouvrages de Jules Chauvet sont disponibles chez l’excellent et le passionné éditeur Jean-Paul Rocher, ICI

Un commentaire

  • DEHEN
    07/04/2016 at 4:12

    Bonjour, amateur de vins, je recherche désespérément les ouvrages de Monsieur Jules CHAUVET en vain. En effet, son éditeur ayant malheureusement lui aussi disparu, il est difficile, voire impossible de se procurer son œuvre. Je recherche tout particulièrement l’esthétique du vin. Si vous pouvez m’aider dans cette quête, je vous en serais très reconnaissant. Au plaisir de vous lire.

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