Premier jour – La tête dans le pressoir


Levé 5h30.

Dans la voiture, je me mets en condition en écoutant Jérôme Van den Hole & Camille.

Attention, ça réveille, c’est ICI. J’ai décidé que ce serait la chanson des vendanges 2012 😉

Départ pour la Chique, véritable quartier général désormais des équipes. La récolte des lucques vertes a commencé depuis plus d’une semaine et c’est 28 personnes qui cueilleront ce matin. Déjà formés, déjà en forme, ils ou elles (surtout) «dégrafent» une à une les lucques déjà rebondies grâce à une gestuelle délicate et complexe, qui doit protéger l’olive de tout choc et rayures. Vous savez dégrafer un soutien-gorge d’une seule main ? Alors, vous savez cueillir les lucques vertes. 😉 Elles tombent dans une musette, puis sont délicatement versées dans une petite caisse, enfin transportées à la confiserie. C’est plusieurs dizaines de tonnes qui devraient (croisons les doigts) être ramassées cette année. La demande est forte, suite aux gelées dans le sud, mais je resterai fidèle à ma coopérative… Après cinq ans de travail acharné, les oliviers sont revenus à un bon niveau, les arbres secs ont disparu, tout est régulier à défaut d’être abondant. C’est un travail de grand malade, mais au final, sans doute la meilleure olive du monde par son charnu et son moelleux.

lucquesvertes.jpg

On attaque les contrats, avec je ne sais combien d’annexes désormais pour tenter de respecter toutes les lois diverses et variées, qui, au final, ne font que faire la promotion de la machine à vendanger. Sans râler, car à la moindre feuille non remplie ou non signée, quoiqu’il arrive, on aura tort. Jean-Dominique me montre un courrier reçu hier de pôle emploi et transmis par une saisonnière qui nous rejoindra plus tard : deux pages, une enveloppe demi A4, un timbre, un courrier pour me dire que le formulaire XYZ n’est pas conforme, il manque le nom du signataire en case B9. Il est deux fois dans la feuille, mon nom, hein, il suffisait de le rajouter. Mais non, on fait un courrier, on perd du temps, on le reprendra un de ces jours au lieu de l’avoir bouclé d’un seul coup. Le changement, c’est pas maintenant…, bon j’arrête, j’ai déjà tout dit.

C’est parti pour une petite journée de mise en train et d’attente devant le premier pressoir qui fait un drôle de bruit et refuse de s’arrêter en pression… Bon, plus de peur que de mal, on farfouille un peu partout, c’est une électro-vanne, un peu grippée, qui refusait de s’enclencher. On peut commencer à goûter le premier jus de l’année. Et oui, on goûte. Dans nos blancs, le secret, c’est le pressurage. Les pressoirs pneumatiques permettent de multiples combinaisons, pourtant rarement employées. Les commerciaux de toutes les marques s’accordent sur un point : quelque soit le modèle, 95 % des vignerons utilisent un des dix programmes intégrés en usine, un point c’est tout… Quelle drôle d’idée quand on voit combien, chaque année, pour chaque cépage et parfois pour chaque terroir, les peaux sont différentes, les jus s’écoulent de diverses manières et les maturités exigent plus ou moins de temps, de rebêches. Il faut goûter, c’est lassant, long, difficile, ce n’est pas un science exacte, mais, à la fin de la première journée, on commence à avoir une direction qui se dessine.

C’est clair, J’aimerais bien avoir deux pressoirs, pour aller plus vite, car avec des grappes entières et des programmes de plus de quatre heures, c’est vers onze heures du soir que Rafal va quitter la cave… Mais bon, mettre 60 000 euros pour quatre jours d’utilisation dans l’année, on est pas encore prêt. Vive la neige carbonique, au fait, qui nous permet d’inerter parfaitement les moûts et de prendre notre temps, afin de préserver l’acidité.

Première impression très positive : la décision de ne pratiquement pas toucher au feuillage cet été a permis de conserver toute l’acidité, la lenteur du pressurage aussi. C’est frais, c’est assez tendu et ça ne fait que 13.9°, sans doute grâce à la pluie de jeudi. Parfait. Je finis, tôt pour une fois, la journée, par deux heures de cueillette d’olives, pour me détendre.

Demain, les grands terroirs de gris…

Laisser un commentaire

Abonnement

Archives