Je mange, tu manges, il mange. Sans oublier le goûter.


Tout le temps. A toute occasion. Sans s’arrêter. Ca devient compliqué…

Quinze heures, nous voilà en route pour visiter un « marché traditionnel ». A trois ou quatre kilomètres du centre, nous rentrons dans une drôle de zone, semi abandonnée, presque en ruine, qui évoque un mélange de jeux vidéo futuristes, de blade runner et de monde post apocalyptique où la végétation reprendrait ses droits sur la ville.

Georges m’explique qu’à l’arrivée du régime communiste, tout le monde s’est enfui. Enfin ceux qui ont pu, bien sûr. La propriété privée a été abolie (elle l’est toujours, si j’ai tout compris et on ne fait que souscrire des baux emphytéotiques de 70 ans, on verra après…), les maisons désertées. Le « gouvernement », gouverné par un obscur fonctionnaire a délaissé le quartier, encourageant sa ruine pour y construire, un jour, sans doute des gratte-ciels en échange de dessous de table. J’aime pas « pots de vin »… Pourquoi le projet est il bloqué ? Nul le sait. Les maisons sont envahies par la végétation, l’ambiance hallucinante.

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On traine d’échoppe en échoppe, regardant les champignons séchés, les montagnes de fruits de mer secs et plats (on est au bord de la mer, grande tradition ici).

champignons

J’ai bien envie de ramener un calamar entier séché, mais bon, je ne vois pas où l’accrocher, même pour rire, ni vraiment quoi en faire. Pourtant c’était décoratif. Dans un lit, en colonie de vacances, dans le dortoir des filles, ça aurait fait un tabac. Faut que je dorme, c’est clair…

calamars-seches

On traine, on traine, de marché moyenâgeux en étals noirs de crasse. Je n’ose demander si ce chaton est celui du commerçant ou s’il est à vendre pour faire des dim sum… Je rigole, le chat se mange bien moins qu’avant en Chine. Le chien, en revanche, ça marche toujours fort. Ceux du delta sont réputés… Mais bon, on se fait pas un chien au pot tous les dimanches non plus, on est pas des sauvages.

chaton

J’aimerais bien goûter ces crabes, le rouge du lien qui les liait m’a attiré. Ils devaient être agressifs pour être ainsi attachés. Une autre fois.

crabe

Quand à ce poulet noir, j’ignorai que cela existait. Le plumage est parfaitement blanc, mais la peau, la chair entre gris et noir. Étonnant. Mais peu appétissant.

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Un petit creux. Sûrement pas, on sort de table. Mais au milieu de centaines de proposition (finalement, les magasins de nourriture et ceux de mode font l’essentiel de rez de chaussées de toutes les rues commerçantes du monde), une échoppe m’attire. Voilà la pâte de riz goûtée hier, le « Chang Fen ». J’espère que quelqu’un me corrigera pour les noms si j’ai mal noté ou mal compris… La fabrication est fascinante. Je vous ai fait une vidéo mais, bien sûr, impossible à intégrer, je suis trop nul et je n’arrive pas à me connecter à YouTube, interdit en Chine. Je ferai ça en rentrant.

C’est un four très spécial, où le riz est étalé dans un des cinq tiroirs en métal, préalablement graissé. La « plaque » de riz cuit très rapidement, chauffée par un gros générateur de vapeur, au dessous, en moins d’une minute. On choisit sa garniture, simple ou complexe. Dans un bol, le chef mélange par exemple pour nous un œuf, des huitres, de la chair à saucisse, des herbes, jette aussi de la salade qui va cuire en deux ou trois secondes et rester craquante sur sa base.

Puis le tiroir est « raclé », des deux côtés, avec une grosse corne, enroulé sur lui même, arrosé d’un bouillon un peu lié, très goûteux, de bœuf, sans doute.

C’est délicieux. On partage. Je suis habitué, maintenant et je trouve ça très convivial.

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Mes amis voudraient s’arrêter dans toutes les échoppes, pour une sorte de « Phô » vietnamien et ses boulettes de bœuf (en beaucoup mois bon, faut le dire, mais je ne suis pas honnête avec la cuisine vietnamienne, que j’adore), pour des trucs frits, pour je ne sais quoi. Impossible d’avaler quoi que ce soit… Je craque doucement mais sûrement. Comment font-ils  pour manger si souvent et surtout autant ?

Dans une heure, rendez vous pour partir au restaurant. Pitié, donnez moi une heure pour tenter de dormir et me caler sur l’heure locale.

Je l’ai. Merci, oh dieu Chinois des cuisiniers.

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