Soupe finale, fly to Vingrau


Bon, voilà, c’est fini. Mon vol pour Shanghai est à 14 heures, ma correspondance pour Paris à minuit. Un dernier regard vers le ciel, exceptionnellement bleu ce matin là. Au revoir Park Hyatt.

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Georges me propose un dernier petit déjeuner, typiquement cantonais ? Comment dire non… C’est parti. Nous voilà dans la rue, de gargotte en gargotte. Ce matin, c’est nouille. «C’est le meilleur de Canton», me dit Georges. Cet homme a raté sa vocation, il aurait pu être le «François Simon» chinois. «Tu vois, là s’est assis Michel Bettane, un jour». Ben dis donc, après la Reine d’Angleterre, mes fesses et moi sommes flattés.

De mère en fille, ici, on cultive l’art de la nouille. De blé, hein, pas de riz.

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La fille est aux baguettes, avec une dextérité héritée d’une longue pratique. C’est un ballet formidable à voir, la maitrise est totale, le savoir faire spectaculaire, la concentration totale, avec en même temps une paix liée à l’expérience. On est au cœur de la magie de l’artisan, qui m’a toujours touché.

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Le bouillon clair est goûteux, assez classique, les nouilles « al dente », parfaites, accompagnées seulement de nouilles ou de nouilles plus de grosses ravioles de porc ou de crevettes. J’ai pris crevettes. J’aurais dû prendre porc. Georges me fait essayer son mélange sauce soja et vinaigre, c’est tout à fait remarquable. Une idée à prendre pour un vinaigrier, c’est vraiment chouette.

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Je raconte une bonne vanne en cantonnais à madame nouille et à sa fille qui n’en reviennent pas. Bon, c’est un peu au dessous de la ceinture, faut défendre la réputation grivoise des vignerons français, mais ça passe. Elle m’en raconte une autre, bien bonne, mais carrément salace, je n’ose même pas vous la raconter…

N’importe quoi, ce Bizeul, le voilà en train de rêver qu’il parle Chinois… Bon, il est temps que je rentre. La nouille serait une bonne fin (faim ?) pour ce voyage, mais George m’arrête : « ne finis pas, on va ailleurs. Le petit déjeuner, à Canton, c’est important…». Je n’en peux plus de manger. Der des der. Allons y….

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On marche 500 mètres, jusqu’à un nouveau restaurant. Très attentionné, Georges voulait terminer, pour me faire plaisir, par un « Chang Fen ». Celui ci est une chaîne, mais de qualité. J’observe fasciné la fabrication qui là, au lieu de se faire sur une plaque huilée, se fait sur un drap. Intelligent. La vapeur passe à travers le drap, cuit la « crème de riz » et sa garniture, le drap est raclé, la feuille de riz cuite pliée avec habileté.

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Georges m’a pris la spécialité de la semaine, avec une sorte de daube de bœuf. Bof. Je préfère le classique, avec juste un peu de sauce et plein de trucs dedans. J’en grignote un bout, mélange de politesse et de gourmandise, mais, vraiment, je n’ai pas faim… Je rêve de crudité, de salade, de légumes, de plat unique et léger, même si j’ai adoré mon voyage, gastronomique comme jamais.

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Aéroport avec Mike, qui part pour Shanghai par le même avion que moi. Correspondance longue à SH et vol vers Paris à minuit, horaire parfait pour dormir un peu dans l’avion et arriver de bon matin. Honnêtement, vol Air France super avec équipage gai et motivé. Il le faut avec beaucoup de Chinois qui semblent voyager pour la première fois et sont inquiets. Las, à l’arrivée, pas de valise, perdue ou en retard (perdue, on le saura trois jours après, quand on me la ramènera…). On se demande comment cela peut encore arriver, première fois pour moi. La correspondance pour Perpignan est courte, la livraison des bagages interminable, A380 oblige. Je me dis que je vais rater ma correspondance pour Perpignan, à Orly, ce qui rallongerait mon voyage de 8 heures alors que je voyage depuis presque 24 heures.. Mais tout le monde semble s’en foutre à Roissy, de bon matin. Je l’ai, par miracle. Je vous passe la gestion déplorable de la chose par Air France, le manque d’informations, de conseils, d’empathie, la relation client totalement absente, la formation inexistante, l’informatique lamentable. Dommage, il y a toujours un maillon faible dans cette compagnie.

Bon, je suis rentré depuis longtemps, bien sûr, n’ayant passé que 8 jours, finalement, en Chine. Sans vraiment que je sache pourquoi, j’ai eu envie de raconter la vision culinaire du voyage. En mangeant avec les gens, on apprend beaucoup sur eux et je comprends mieux, je pense, aujourd’hui, les Cantonais, comme je saisis mieux, je pense aussi, la différence entre le sud et le nord, comme on peut la vivre, tant au point de vue des habitudes alimentaires que des mentalités, entre Marseille et Lille. Je saurai mieux, sans doute, aussi, recevoir ici mes clients et amis chinois. Donc, fatiguant… mais positif ! Une aventure de plus.

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