Vendanges 2018 – Clap de fin


Sur les Gaulois, une grande partie du monde sait une chose : ils avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête. On ne sait qui d’Uderzo ou de Goscinny eut l’idée de mettre dans la bouche de nos irréductibles Gaulois cette réponse d’un roi Celte à Alexandre mais on sait que désormais, cela nous colle à la peau.

Et bien figurez vous que c’est arrivé. Hier. Un peu avant hier. Pas mal aussi la semaine dernière. Genre 250 mn en quelques jours, dont plus de 100 mn en quelques heures. Un rideau de pluie infranchissable, un vent de folie en même temps. Un truc à vous décoller les vignes du sol et à couper net, au pied, l’échalas en bois auquel son feuillage est encore attaché, avec ou sans raisins. Impossible ? C’est ce que je pensais. Et pourtant, ce matin, pour la dernière journée de vendanges, c’est ce que j’ai trouvé…

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«Never explain, never complain» disait ce cher Disraeli. Ou la reine Victoria à son fils, je ne sais plus. Pas d’excuses, pas de jérémiades. On a choisi ce métier, on travaille avec la terre et quand la terre est en colère, on fait le dos rond et on n’oublie pas tout ce quelle a fait pour nous à d’autres moments. Surtout, on n’a pas à s’épancher, parce que les dégâts que l’on a, par rapport à certains vignerons de l’Aude, c’est de la roupie de Sansonnet. Des chemins et des fossés à refaire, des échalas à changer (beaucoup…), on va s’y mettre dès lundi. En se souvenant que l’année dernière, entre septembre, octobre et novembre, on avait pris… 10 mn et qu’on se plaignait du manque d’eau.

Vendanges pluvieuses, vendanges heureuses. Hum. Ce dernier Mourvèdre, on l’aura vendangé en bottes, en ciré, entre les gouttes, en se dépêchant pour éviter encore les 50 mn promis l’après midi et le soir, qui sont là, au moment où j’écris ces lignes…

La semaine dernière, après 80 mn, il était top. Là, évidemment, il était un peu délavé, mais sans une trace de pourriture. On l’a bien égoutté, on verra bien.

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J’aurai voulu finir sur une belle photo ensoleillée, avec un bon mot et une citation parfaite pour terminer ce dixième  journal de vendanges, mais, je vous l’avoue, je suis mort, physiquement, mentalement et émotionnellement. Mais, je le sais, je vais renaitre, comme on renait après une belle histoire d’amour, un jour ou l’autre.

Le travail en cave se poursuit, ce blog aussi, bien sûr, mais pas au même rythme, intenable sur la durée.

Merci à toi, cher lecteur, qui m’a accompagné tout au long de cette longue et belle vendange dont les vins s’annoncent, honnêtement, particulièrement attachants. Merci pour vos commentaires et petits mails, en privé, qui me touchent infiniment.

 

 

5 commentaires

  • Philoppe serres
    17/10/2018 at 7:56

    Tous les ans c’est le même plaisir de vous lire
    Merci pour ce blog et vos belles photos

  • Cyril Esnault
    18/10/2018 at 9:41

    merci pour ces efforts et ce partage, vous devez aussi être rincé…

  • Roger Nesti
    18/10/2018 at 9:54

    Merci Hervé pour nous avoir fait cette année encore participer à cette superbe aventure des vendanges au Clos des Fées.

  • Alfredo Antonio ROMO
    18/10/2018 at 10:10

    Merci pour ces écrits si personnels et bon courage pour la fin de cette semaine. Aujourd’hui j’ai appris avec enthousiasme que vous serez présent lundi au challenge Ruinart ou je serez candidat, ce sera donc un plaisir de vous y retrouver. Bien à vous

  • Jacques TACHET
    20/10/2018 at 12:49

    Quelle plaisir de lire cette épopée chaque année recommencée ! Je salue là votre plume toujours intéressante , souvent enthousiasmante que je déguste tout le long des vendanges et Le reste de l’année bien que moins fréquente (dommage!)
    Un ban pour le vigneron d’abord , un autre pour le cicérone !!!

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