Vendanges 2019 * Jour J+21 * Se quitter sans regrets


Voilà, c’est fini. Nous avons attendu au maximum les Mourvèdre, temporiser davantage serait prendre le risque de tout perdre. Il n’y a plus grand chose à espérer, de toute façon. On a déjà des fruits extraordinaires, qui ont parfaitement surmonté la pluie de mardi. Prenons les.

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Sur ces terroirs acides, les seuls que nous ayons, les arbouses commencent à changer de couleur, ce qui ne trompe pas…

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Il est des vendanges comme des histoires d’amour. Les terminer n’est jamais simple. Je ne vais pas vous faire l’article car – puisque qu’on a beaucoup parlé de musique cette année – il y a bien au bas mot 50 000 chansons qui parlent de ça. De la fin.  Des fins légères. Des fins dramatiques. Des où l’on reste amis jusqu’à leur plus brutal contraire, où l’un assassine l’autre ;-). J’essaie de ne plus employer de Smiley, suite aux commentaires de certains lecteurs qui m’ont fait remarquer que j’en abusais, à une époque, comme Parker des points de suspensions. Là, je me suis lâché. J’espère qu’ils me pardonneront.

Une vendange est-elle une histoire d’amour entre un homme et ses vignes ? Je n’y avais jamais pensé, en vérité. Dingue comme ce soir, alors que j’écris ce dernier billet des vendanges 2019, cela m’apparaît comme une évidence. Une dose d’espérance, une d’espoir, une de passion, une d’attente, beaucoup d’attentions, d’attention et d’attention – dans le sens «prendre soin de» (attention, l’autre mot pour l’amour…), des moments graves, des moments gais, des moments ou l’on croit que tout est perdu (la canicule…), des explications, des moments de calme et de bonheur, des moments d’espérance, de désir, des projection permanentes sur l’autre que seul autorise l’amour et, enfin, bien sûr, parce que «tout casse, tout lasse, sauf le fil au Chinois», disait ma grand mère, parce qu’on se sépare.

La séparation, cela n’a jamais été le plus facile pour moi. Certains savent ouvrir et fermer leur cœur presque «sur commande», cela m’a toujours fasciné. Le mien est normal et illustre la jolie phrase entendue un jour dans une série par mon amie P. : «il faut beaucoup de coups pour faire cesse de battre un cœur amoureux». Moi, pour que le mien arrive à retrouver un rythme normal, il faut en fait, maintenant que je me connais bien, qu’il soit certain qu’il ait tout essayé, qu’il n’y ait plus aucune solution, que tous les chemins aient été explorés. Alors, il retrouve la paix.

En cette fin de vendanges, alors que sur la Cresse, le soleil couchant m’offre une lumière qui semble divine sur des vignes soulagées, je suis pratiquement certain d’avoir tout essayé, tout attendu, tout espéré. Maintenant, une page se ferme, un hiver arrive, la terre va s’endormir, les vignes s’apaiser. Nous aussi. Qu’elle soit combat, qu’elle soit dance, quelle soit histoire d’amour, la vendange 2019 fut belle. Merci de m’avoir suivi jusqu’au bout.

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Ah, il manque à terminer en beauté la période «playlist»… Au niveau «guimauve», j’avoue que je suis assez riche car j’ai mon hypersensibilité en période de vendange qui me pousse naturellement vers les comédies romantiques et les musiques sirupeuses.. Que voulez vous, désolé si je casse mon image de vigneron de base. Et non, arrêtez de rêver, je ne ferai jamais l’amour est dans le pré…

Alors, pour se quitter, quelques nuages… Pas de cette année, pauvre de ce coté là, mais tous de Vingrau. Et une chanson de Steve, le bon vieux Steve, qui fait la liaison entre tout, tout et tout.

La playlist complète des vendanges 2019. Ici sur Deezer – ICI sur Spotify. ICI sur Youtube

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La playlist complète des vendanges 2019. Ici sur Deezer – ICI sur Spotify. ICI sur Youtube

11 commentaires

  • Les Arpentis
    05/10/2019 at 4:04

    merci pour ces bons moments Hervé. Bel hiver

  • Diebold Bertrand
    06/10/2019 at 9:04

    Merci Hervé de nous avoir fait vivre au plus près les vendanges 2019.

    Bertrand

  • Olivier Schoepfer
    06/10/2019 at 9:31

    Merci Hervé pour ce beau voyage, coloré, laborieux, musical et poétique.
    Au plaisir de déguster ce millésime dans les mois et années à venir.

  • Francis
    06/10/2019 at 10:59

    Merci pour tout, et à bientôt.

  • Carole
    06/10/2019 at 11:53

    Bonjour M. Bizeul,
    C’est un plaisir renouvelé de vous entendre chaque année raconter vos vendanges. Merci encore pour celle-ci. Et je vous en souhaites bien d’autres.
    Cordialement

  • Patrice BONNET
    06/10/2019 at 12:07

    Un grand, grand merci, Hervé, pour ce reportage sur les vendanges 2019. C’est sympa d’avoir partagé vos sentiments, vos doutes, vos coups de coeur, votre amour de la vigne et de votre si belle région. Et ces photos, j’ai adoré ! Je me suis régalé à vous suivre 🙂
    Patrice

  • Francois Renault-Mihara
    06/10/2019 at 3:03

    Cher Hervé, merci pour ces chroniques de vendanges qui année après année constituent une trace précieuse du millésime, autant que du cheminement du vigneron. Et la ratatouille est effectivement spécialement délicieuse, domo.

  • Philippe
    07/10/2019 at 11:57

    Oui c’est fini encore une fois de plus! Quel dommage, on voudrait que cela dure encore et encore ! un grand merci Hervé pour ce partage ces doutes, ces exaltations, la musique, ces photos, sans oublier la ratatouille, tout le monde est baba avec, et les aubergines fondantes…
    A bientôt pour d’autres aventures…

  • Jérôme Pic
    08/10/2019 at 1:00

    Hervé ,
    Grâce à la saga « vendanges 2019 » et les précécentes ,un Nîmois exilé en Norvège a senti: l’odeur du thym , du cade, la Tramontane, le calcaire ,le ciel les jours de Mistral, le goût des arbouses…
    Tous ces billets avec leurs commentaires et réflexions,technique de mise à feu pour la cheminée ,playlist…de la régalade de luxe.
    Un grand Merci , ce dernier billet m’a donné envie d’écouter et de vous dédicacer : The Peddlers « On a clear day you can see forever ».
    Jérôme

  • Eric Cabrol
    10/10/2019 at 11:37

    Merci Hervé, un grand plaisir à lire, comme tous les ans …

  • Yves Picard
    11/10/2019 at 6:49

    Merci Hervé pour ces chroniques, du pays ou les saisons se confondent, oú le soleil ne cesse de pointer ses rayons ardents mais oú la vigne fait défaut

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