Qui sommes nous ?
Revenu il y a sept ans en Roussillon, ma terre natale, j'ai entrepris de prouver avec les vins du domaine du Clos des Fées qu'il était possible de faire de grands vins rouges en pays Catalan.
« Vigneron de l'année » dans le guide des sommeliers 2002, « Grand de Demain » dans le guide Gault & Millau 2003, « N° 1 en Roussillon » pour la Revue du vin de France en 2005, les vins du domaine arrivent aujourd'hui régulièrement en tête de dégustations comparatives incluant tous les grands vins du Languedoc et du Roussillon, voire de l’arc méditerranéen.
Cela prouve que l’excellence est à la portée des vins du Roussillon.
Ce succès, inespéré, nous le devons avant tout au potentiel qualitatif incroyable de vieilles vignes de Grenache et de Carignan en sélection massale, plantées après la guerre par une génération de vignerons passionnés.
Un environnement différent
Aujourd'hui, les enfants ou les petits-enfants de ces vignerons, nos voisins, nos amis, viennent de plus en plus souvent nous voir, tentant de comprendre pourquoi ils sont dans une situation économique aussi catastrophique…
Certains d'entre eux sont vraiment désespérés, pas tant par les soucis et les problèmes actuels, immenses, mais bien par l'impossibilité d'envisager, lorsqu'ils y réfléchissent, la moindre solution, le moindre espoir d'amélioration, la moindre alternative à la mort annoncée de leur profession, à la désertification de leurs coteaux, à l’arrachage de leurs vieux ceps.
Peu d'entre eux arrivent à re-considérer leurs caves coopératives comme des entreprises à part entière. Ils peinent à recruter des responsables extérieurs performants, aux capacités professionnelles adaptées aux nouvelles donnes du marché.Ils n'ont que peu de contrôle sur le mode de commercialisation de leurs vins et continuent à adhérer à des structures de commercialisation collectives lourdes, constituées à l'époque pour des marchés de masse où le « vrac » et le « degré/hecto » régnaient en maître, aujourd'hui en perte de vitesse.
Enfin, la plupart d'entre eux n'arrivent que difficilement à franchir le cap de « producteur de fruits ». La finalité de leur métier est pourtant de faire du vin et non simplement de cultiver une plante et produire des fruits, sans se soucier du destin de ceux-ci. Mais l’intérêt de certains n’étaient-ils pas de les déresponsabiliser pour mieux les contrôler ?
Un potentiel incroyable !
Cette situation est proprement ahurissante. Car, si l’on y pense, la structure viticole du département est sans aucun doute l'une des plus propices à l'élaboration de vins de qualité :
- Foncier très bon marché, l’un des moins chers du monde ;
- Plus important pourcentage de vieilles vignes de tous les départements viticoles français ;
- Climatologie particulièrement adaptée à la production régulière de vins riches et fruités ; ici, les mauvais millésimes sont rares ;
- Grande facilité à cultiver de façon «naturelle» ;
- Main d'œuvre qualifiée, attachée à sa terre, responsable et indépendante ;
- Pourcentage important d'exploitants de plus de 45 ans, au sommet de leur art, aptes à transmettre leurs connaissances, voire leurs exploitations à des jeunes motivés dans un futur proche ;
À tout cela, il faut ajouter la demande mondiale forte pour de bons vins rouges, modernes, colorés, denses, issu de raisins mûrs, tanniques mais pas trop, fruités et épicés, aux tanins doux, élaborés dans un esprit de développement durable.
N'est-ce pas la description du parfait « Côtes du Roussillon » ?
Aurait-on vraiment besoin de partir à la recherche de vins australiens, chiliens ou sud-africains si les vins français répondaient à ces nouvelles attentes gustatives, d’ailleurs parfaitement légitimes ?
Or, ce type de vins, nous sommes sans doute le seul département viticole français à pouvoir le produire régulièrement car nos rendements, sans doute les parmis les plus faibles du monde, induisent une qualité pratiquement impossible à imiter.
Il fallait que nous fassions quelque chose.