Dynamiques dynamistes…


La semaine dernière, passage éclair à la dégustation des biodynamistes, en « off » de vinexpo.

Salle sombre, enterrée, bruyante, pas très propre, désorganisation totale, mélange étonnant de dégustateurs hyper-pro et de babas en sandales et tuniques indiennes. Cela devait être « hyper-fermé », on y entre comme dans un moulin. L’ambiance m’évoque un peu celle qui régnait le samedi matin, dans les années 72/75, dans les magasins « La Vie Claire », où enfant, j’allais avec mon père. On y parlait « pain complet », « végétarisme », « chlorure de magnésium », « germe de blé » ou « acupuncture ». J’écoutais, les yeux ronds, et, à l’époque, tout cela passait pour de la foutaise, limite « secte ». En sera-t’il ainsi un jour de la bio-d ? Sera-t’elle un jour reconnue comme une technique courante, habituelle, « normale » ?

Je ne sais pas. En attendant, l’émotion me prend en goûtant certains vins.

Chez d’autres, je m’effondre et peine à cacher ma répulsion devant des vins blancs qui tournent au marron ou à des vins rouges carrément piqués. Lâche, je n’ose pas faire de commentaires à des vignerons qui semblent très sûr d’eux, fiers de leur produit (sic.)

Je repense à cette phrase lue un jour sur un forum d’informatique :

« Il est mieux d’échouer en faisant la bonne chose que de réussir en faisant la mauvaise. » – (Guy Kawasaki, « Apple Evangelist »)

Cela semble être le crédo de certains bio-d. Omnubilés par le dogme, ils semblent oublier totalement ce qui est pour moi l’unique objectif : faire du bon vin, avoir du plaisir. La forme (le mode de culture) peut-elle être plus importante que le fond (le résultat) ? Mais alors à quoi bon tant d’énergie, de principes et de rêves si, au final, le vin est infect ?

Le soir, j’en parle à mon ami Peter Sisseck qui me répond, fort sagement, « qu’en biodynamie comme ailleurs, il y a des bons et des mauvais vinificateurs. Pourquoi serait-ce différent que dans le reste du monde viticole ? » Cet homme est un sage, un passionné, qui vient de se taper plusieurs semaines de stage dans une école Steiner Suisse. Il n’explique rien, ne cherche à convaincre personne et se dit simplement plus à l’aise dans cette voie. Devant son 2003, éblouissant, inoubliable, je me sens nul. Dans ce vin, quelle rôle a joué la bio-dynamie ?

J’ai l’impression de toucher le fond du problème. Comme tant d’entre nous, j’ai une furieuse envie de croire à l’irrationnel, à la bonté naturelle de cette nature si pervertie par l’homme (Jean-Jacques Rousseau, si tu nous lis :))) ou à une forme de « conscience de la terre », notre mère primitive. Pourtant, impossible de me défaire de mon affreux comportement réactionnaire : pour moi, la bio-dynamie est avant tout une promesse de qualité, de personnalité supérieure, de révélation d’un terroir. Devant un vin médiocre en bio-d, ma déception est donc immense.

Promis, Je vais faire des efforts.

Élève Bizeul, vous me copierez 100 fois :

La bio-dynamie est un moyen, pas une fin.

La bio-dynamie est un moyen, pas une fin.

La bio-dynamie est un moyen, pas une fin.

La bio-dynamie est un moyen, pas une fin.

La bio-dynamie est un moyen, pas une fin… :))

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