Vigneron ou homme orchestre ?


Alors, je vous raconte ces quelques jours… Depuis lundi, Claudine et/ou moi avons :

– essayé de comprendre avec le mécanicien et Serge, mon extraordinaire chef de culture, comment mieux entretenir notre beau tracteur

– fait le point avec Frédéric, mon stagiaire, sur nos tentatives de redresser les carence en manganèse d’une parcelle

– fait le tour de 80 % des parcelles afin de surveiller l’oïdium qui nous menace avec toujours autant de virulence

– tenté d’améliorer l’usinage de la tête et des mors de la boucheuse du metteur en bouteille afin qu’elle fonctionne avec des bouchons en plastique

– engueulé mon imprimeur qui m’a fait une connerie monstrueuse sur ma contre étiquette.

– fait la circulation devant la maison afin d’éviter que les voitures de touristes m’emportent une palette pendant la mise en bouteille

– essayé de remplir la feuille Excel envoyée par la Société des Alcools du Québec, sésame de toute importation (pire qu’en France…)

– découvert comment on faisait pour avoir un Gencod pour la même SAQ

– envoyé pour la première fois des échantillons par DHL à l’autre bout du monde

– essayé de faire rentrer un peu d’argent pour rendre le sourire à mon cher Banquier (Jean-Pierre, si tu nous lis…)

– changé de cabinet comptable

– tenté de décrypter un nouveau contrat d’assurance

– rempli les contrats des saisonniers en de multiples exemplaires pour tenter de faire revenir en France mes deux polonais préférés pour les vendanges

– signé deux échanges et un achat chez le notaire

– essayé de comprendre pourquoi les deux groupes froid que l’on devait m’installer mercredi (le prix d’une très belle voiture, quand même) ne fonctionnent pas (je hais les «vases d’expansion » :)

– reçu une dizaine de clients en dégustation au milieu du chaos et avec le sourire, fait à manger pour un importateur

– organisé avec les autres vignerons du village la journée « portes-ouvertes » collective de samedi

– préparé un dossier complet avec photo en jpeg, Logos en bmp, texte et notes de dégustation calibrés pour une dégustation

– géré le programme de l’équipe, géré les départ des saisonniers, les vacances des permanents

– organisé un voyage à Paris, en Belgique, jeté les bases d’un voyage au Québec…

Bon, j’en oublie, mais, cette semaine, on a donc joué : au frigoriste, au mécanicien, à l’ingénieur agro, au chimiste, au commercial, à l’hôtesse d’accueil, à l’assistance sociale, au comptable, à l’avocat, à l’assureur, au DRH, à l’agent de voyage, au gendarme, au directeur financier, au cuisinier, au maître d’hôtel, à l’informaticien, au graphiste et au… journaliste. Et j’en passe, bien sûr.

Tout ca avec passion et plaisir, car c’est à la fois ce qui fait le charme et la difficulté de ce métier. Bon, parfois, c’est un peu, comment dire, frustrant, car on se dit qu’on ne sera jamais au top dans aucun de ces métiers et que pourtant, il faudrait.

Vigneron, un beau métier ? Non, vigneron, mille métiers…

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