En route pour la capitale


Etrange comme l’être humain change. Alors que j’ai vécu plus de 20 ans à Paris avec bonheur, y retourner ne me procure plus, aujourd’hui, de vrai plaisir. Oh, je sais bien que dès que mes pieds toucheront le sol de l’aéroport, je vais retrouver de vieilles habitudes, ma démarche va s’accélérer, et, finalement, après quelques heures, je serai de nouveau acclimaté. Mais la pollution, sous toutes ses formes, air, bruit, publicité me pèse de plus en plus, tandis que certaines contraintes, que je ne remarquais même plus, me pèsent aujourd’hui plus qu’elles ne devraient : embouteillages, agressivité des conducteurs, air blasé des habitants, regards scrutateurs – limite méprisants – sur ceux qui, comme moi, ne respectent pas vraiment les derniers codes vestimentaires, regards et attitudes résignés ou déprimés généralisés… Les premières heures, vous allez rire, je dois me retenir de ne pas dire bonjour aux personnes que je croise, à l’entrée des bus, dans les ascenceurs où même dans la rue. Ici, dans un village, tout le monde se connaît (sans pour autant s’apprécier, ne rêvons pas) et se salue. Le matin, je file chercher mon pain. Je croise les habitants. J’échange des bonjours, des considérations sur le temps, des nouvelles du village, des banalités éternelles. « Foutaises et perte de temps », dirons certains. « Essentiel », ai-je envie de leur rétorquer…

Week-end chargé en perspective donc. Dégustation chez Lavinia samedi après midi. Si certains de ceux qui lisent ces lignes passent par la Madeleine, ils sont les bienvenus. Avant, émission de Jean-Pierre Coffe, samedi midi, sur France Inter. Je n’ai pas vu Jean-Pierre depuis au moins cinq ans, il va me reprocher mon silence, mon absence. Il aura raison. Mais je lui ai envoyé une bouteille de Walden, et il adoré le vin. Alors, on va parler un peu de ce projet un peu fou, un peu idéaliste. Je ne vous en ai pas encore parlé. Je crois qu’il est temps. Ici, vous saurez à peu près tout sur cette nouvelle aventure. Je vais essayer de faire passer un peu de ma passion, de mon espoir, de mon optimiste, mesuré mais réel. On va sans doute, je le sais déjà me le reprocher. Dans ce climat général et délétère que traverse aujourd’hui la viticulture française, dans cette ambiance horrible où l’on entend parler que de crise, de mévente, d’arrachage, de fin du vin français, il ne fait pas bon réussir et encore moins délivrer des messages d’espoir.

A mardi.

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