Just Married


De mon dernier périple, j’aurais beaucoup de chose à raconter. Surtout si j’étais encore critique gastronomique, ce que je n’ai fait que quelques années, dans ma jeunesse. J’avais, paraît-il, la dent un peu trop dure et un sens du détail qui énervait beaucoup les « nouveaux cuisiniers » de l’époque. Mon – discutable – sens de l’humour me conduisait à quelques malheureux jeux de mots dont le meilleur fût aussi le dernier. Sur un restaurant à la cuisine fort bonne mais fort légère (nous étions dans les années 80, la vapeur était à l’époque ce que le siphon est à celle d’aujourd’hui…) et à l’ambiance particulièrement interlope (j’adore ce mot…), j’avais écrit, après moultes compliments mérités, que l’on pouvait définir le lieu comme pratiquant une «cuisine à la vapeur et un service… à la voile». Le patron, qui servait en chaloupant et n’était pas décidé au moindre coming out contrairement à ses serveurs, n’apprécia pas, fit grand bruit de l’affaire et se plaignit auprès du guide qui trouva un inspecteur régional plus à même d’attirer de la publicité dans ses pages.

Donc, de mes mauvaises, médiocres ou délicieuses expériences gastronomiques, il n’en sera pas question sur ce blog, limité (si l’on peut dire…) à mon quotidien, à quelques trucs que je sais du vin, à mes humeurs et à quelques recettes de cuisine (à venir, les œufs brouillés à la Vingraunaise…). Néanmoins, j’ai décidé d’y rajouter de temps en temps quelques bonnes adresses de fournisseurs incontournables et qualitatifs à qui je décernerai donc la mention de « Fournisseur officiel du garde-manger du Clos des Fées », titre de la nouvelle rubrique que j’inaugure de ce pas.

En effet, en disctutaillant de nourritures diverses et fort terrestres, ce que j’ai abondamment fait au cours de mon voyage avec d’amicales personnes, je me suis rendu compte que l’évocation de certaines de mes adresses semblaient provoquer chez mes interlocuteurs de violentes lueurs d’intérêt dans les yeux, voire même, dans certains cas, l’arrivée, innoportune autant qu’impromptue, d’un léger filet de bave envieuse sur le coin inférieur des lèvres, bave qui n’est pas sans rappeler celle que génère la gueule du mastif de mon ami Gérard Gauby en regardant méchament une croûte de fromage.

Je ne sais plus par exemple à qui j’ai décrit mes « riz à l’Espagnole » du dimanche soir, à l’encre de seiche ou aux champignons des prés, mais je me souviens que j’ai promis de lui donner cette adresse sur ce blog dont il est un lecteur assidu. C’est ce que je suis en train de faire, même si je suis en train de me rendre compte que je n’ai pas vraiment jusquà présent utilisé la méthode la plus courte pour cela ;-)

Découverte en Andorre lors d’un salon tristounet, cette petite entreprise très artisanale de Catalogne sud fait des produits exceptionnels et dont on ne peut plus se passer une fois qu’on les a essayés. C’est très simple : une boite de bouillon, au dessus, un petit pot de riz rond. On met le bouillon dans une sautoir, on porte à ébullition. On met le riz. Ca bouillote 20 mn à feu très doux, on tourne deux ou trois fois. On laisse reposer trois minutes et on a un exceptionnel et goûteux « riz à l’espagnole ». il y a plusieurs recettes, toutes aussi bonnes les unes que les autres. A deux, c’est un repas. A quatre, une entrée lègère mais délicieuse. C’est moins compliqué qu’un rizotto (de plus en plus empêtrés, au passage, dans les restaurants, de tonnes de beurre et de parmesan…), plus digeste, très familial dans le goût, le principe et la fabrication.

Je vous donne l’adresse du site, c’est http://www.justmarried.es. C’est en français, on peut voir les produits, mais apparement, ce n’est pas encore distribué en France.

Voilà déjà une promesse tenue cette année. Youpi.

P.S. : Je ne connais pas la raison du nom, donc, ne me la demandez pas. Peut-être parce que l’on marie le riz et le bouillon au dernier moment ?

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