10 minutes avant le rôti de veau aux carottes


Toujours aussi peu de temps pour écrire, c’est désespérant.

Matinée pédagogique avec cours de taille sur les oliviers, qui en ont bien besoin, massacrés qu’ils ont été, par des gougnafiers, depuis des années. Temps gris et doux, juste ce qu’il faut pour faire les pousser, très en avance cette année. Floraison en Avril si ça continue comme ça. Pourvu qu’il ne gèle pas. Peu d’olives cette année, c’est mathématiquement certain : dans la taille de l’olivier, on travaille pour la récolte de dans deux ans, pas pour celle de cette année. Il faut y croire.

A quelques minutes du déjeuner, je vois une ouverture, enfin, pendant que mon rôti de veau aux carottes va bon train sur le fourneau. Rien de plus simple, mais pas grand chose de meilleur. Un rôti dans le quasi, bien doré dans une cocotte en fonte pour favoriser la réaction de maillard (mon idole…), puis de tendres carottes nouvelles en fins bâtonnets dessous, on couvre et on laisse les odeurs envahir la maison… Peu à peu, tout le monde se dirige vers la cuisine, juste pour voir, les glandes salivaires excitées comme jamais :-.

Je repense d’ailleurs à l’excellent diner fait lors de Vinisud. Sur le salon lui même, pas grand chose à dire ci ce n’est : super. Grâce aux panneaux de terres réalisés à partir des différentes parcelles de vignes, le stand n’a pas vieilli et il est toujours aussi simple, joli et pris d’assaut de l’ouverture à la fermeture. Du plus simple au plus complexe, les vins se goûtent bien, mieux quand même le lundi que le mardi. Cette différence, en fonction des pressions atmosphériques, m’étonnera toujours. On revoit les clients, la nouvelle cuvée, « de battre mon cœur s’est arrêté », est vite épuisée (il faut dire qu’il n’y en a que 2 500 btes…), le nouveau vin du Domaine de la Chique est emporté de haute lutte par Champion, le plus rapide. Rendez vous dans quelques mois pour gouter ce vin délicieux à tout petit prix. Ma Logan à moi ;). Pas un instant en revanche pour aller goûter d’autres vins. Ce sera le seul regret du salon.

Mardi soir donc, pendant Vinisud, diner impromptu avec quelques amis. On me parle du Prose, un restaurant de la Grande-Motte où, paraît-il, on mange tout à fait convenablement, dans une ambiance détendue et où la carte des vins vaut le détour. C’est parti…

Aïe, à l’entrée, une soirée off de Vinisud bât son plein et on se dit que le restaurant va en souffrir… Au final, tout se passe plutôt bien, car les clients étaient détendus et tout le monde a bien vu que le personnel était à fond. Nourriture plus qu’honorable, généreuse, actuelle sans débordements syphonesques ;-) et surtout carte de vins somptueuse. Pas grande, une centaine de référence à vue de nez, mais aucune erreur et surtout des prix angéliques pour des vins introuvables. Du coup, je l’avoue, on s’est un peu lâché, comme ça ne m’était pas arrivé depuis un long moment, et j’ai retrouvé le plaisir de boire sans se soucier des prix.

Rien que des bouteilles exceptionnelles… J’ai un peu honte, mais bon, vu le nombre de témoins et comme j’ai l’impression qu’on c’est carrément fait remarqer tellement on rigolait, inutile de se cacher :-) Allons y pour la liste : Grange des Pères blanc 2004 (La référence actuelle de l’élevage en bois , une claque pour tous les vins blancs du Sud; ah si j’avais fait un stage chez Coche-Dury…), Chablis GC les Clos de Raveneau 2004 (une icône, la perfection du Chardonnay monastique, affreusement trop jeune, bien sûr, mais tendu comme un arc), Saumur blanc Brézé des Frères Foucault (étonnamment pas Chenin mais étonnamment Foucault et tellement bon), « mes 5 terroirs » 2004 de Denis Mortet (parce qu’à ce niveau là, le Bourgogne est inimitable. J’en veux dans ma cave), Clos des Truffiers 2004 (quand le chirurgien esthétique est un génie, le résultat de l’opération est parfait, ne pas en convenir serait mentir ;-), Clos Mogador 2005 (à température, un monstre d’élégance et de richesse), Yquem 1996 (la cerise sur le gâteau) pour le dessert et Champagne Henri Girault Cuvée Bois (un grand vin, rien de plus, rien de moins). J’avais choisi tous les vins en fonction de mes hôtes, dont les expériences étaient très hétérogènes, et leurs réactions en fonction des différents styles et goûts furent fort instructives. RAS, toutes les bouteilles justifièrent parfaitement leur réputation.

A huit, repas et vins nous coutèrent 130 euros par personne ce qui, vous en conviendrez, est assez incroyable.

Merci au sommelier pour cette bouffée d’air pur. On retiendra que la philosophie dites du « coefficient angélique » sur les grands vins fait que les cadavre de bouteilles prestigieuses jonchaient littéralement une partie du restaurant, ce qui fait qu’au final, son patron doit se frotter les mains. On retiendra aussi que ce jeune homme a du talent, du charisme, du goût et de la personnalité : meilleure carte des vins vue depuis bien longtemps. Adresse incontournable pour qui passe à côté de Montpellier. Vaut sans doute un petit voyage si l’on est une bande de copains amoureux du vin. Hôtel en dessus, ce qui ne gâche rien, car comme disait ma sœur, « un restaurant sans chambre, est-ce vraiment un grand restaurant ?» ;-)

MAJ : Ah, ces carottes… Ce veau… ;-)

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