Tribut au vent


J’aime bien ce mot, tribut…

« Ce que le vaincu est obligé de donner au vainqueur »

Dans notre métier, la nature est toujours la plus forte, il ne faut jamais l’oublier.

Après deux grêles, dont une sèche que l’on avait jamais vu ici aussi violente de mémoire de vigneron, voici le vent. Le vent de Pentecôte, habituel, qui arrive cette année au pire des moments : après 25 mn de pluie fine, dimanche, tout l’après midi, il se lève dans le nuit et augmente peu à peu d’intensité, de rage.

Il est prévu. Il ne prend pas par surprise. On sait ce qu’il va faire aux jeunes pousses, lourdes d’humidité, fragiles comme du verre. Les prendre, les tourner dans un sens, puis dans l’autre, jusqu’à qu’elles cèdent.

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» Une tête de plus pour le vent… » Les vieux du village le savent, il faut prévoir ce tribut que chaque année ou presque, sur le secteur du Mas Farrine, le vent viendra chercher.

Cette année, la punition est élevée et, à plus de dix ou quinze mètres des vignes, on trouve des sarments carrément arrachés. D’autres, sans doute, sont partis au loin.

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Certaines souches sont quand à elles sacrifiées : il est trop tard pour repousser et celle ci, sans doute, va mourir. Il y en a peu, mais il y en a…

Heureusement, les Grenache, taillés en dernier, sont encore peu poussés avec le froid. Celui ci avait été taillé plus tôt. On frémit de penser aux conséquences si l’on avait toutes les vignes en gobelet naturel à ce stade de maturité.

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Bon, merci à la météo qui nous avait averti. Merci à l’équipe de travaux en vert qui s’était défoncée pendant les trois jours précédents pour attacher le maximum de Syrah sur échalas et passer dans les fils les quelques vignes palissées.

Le prix à payer aurait pu être bien plus lourd.

Positiver, toujours.

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