Vendanges 2020 – Transhumer


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Charlotte m’émouvant (sans le savoir et sans me connaître)

Qu’est ce qui fait basculer une situation, quelque part, dans le monde ? Un battement d’ailes de papillon, je sais, je sais.

Mais peut-on vraiment savoir ce qui tout d’un coup vous fait passer «d’éteint» à «allumé», de «passif» à «actif», vous met en action ? Je ne pensais pas avoir cette année la force de recommencer l’exercice, oh combien difficile et casse-gueule, du journal de vendanges.

Et puis, j’ai reçu cette photo. Je ne connais pas Charlotte, mais cette semaine, elle était en Bretagne et cette bouteille de Sorcières l’accompagnait. J’ai trouvé qu’il y avait dans cette photo tant de sensations, de messages, d’occasions d’extrapoler, de méditer… Sur la lumière, qui change et devient belle, sur l’idée des jours qui s’enfuient et notre jeunesse avec, sur celle de l’envie irrépressible de profiter du sable malgré le froid qui arrive, sur la nostalgie de ces groupes d’amis que seul l’été permet, la joie du partage, de l’enthousiasme, de la confiance dans ce monde (qui pourtant…). Il y avait dans cette posture une sincérité, une fraicheur, de l’attention, du don, de l’élégance. Elle m’a touché au cœur. Une étincelle. Vous dire pourquoi… Vous lui devez beaucoup, en fait…

Voici venu le temps de l’attente. Il me faut désormais «transhumer», effectuer cette migration saisonnière qui emplissait autrefois la Provence de Giono de bruits de cloches et d’aboiements de chiens. Je vais changer de rythme, de nourriture, d’état d’âme, d’état de stress et de fatigue.

Ceux qui l’attendaient (merci à FB qui s’est inquiété de ma santé avant-hier et m’a avoué son manque…) le savent, ce blog n’est pas un avatar de BFM TV, il ne cherche pas à coller à l’actualité heure par heure. Un de ses défauts – ou l’une de ses qualités – c’est qu’il digresse volontiers, qu’il n’est pas tout à fait en temps réel, qu’il prend ses aises avec les jours et les heures. Il est «vrai», cependant (je vous évite quelques angoisses, certaines fatigues et autres découragements, bien sûr), dont les affres d’une vieillesse qui est un naufrage comme le savait si bien Charles. Je vous évite parfois aussi les enthousiasmes inconsidérés parce que trop rapides. La fermentation est notre Zeus à tous, un maître invisible, changeant, parfois courroucé, souvent injuste, sans aucune gratitude ni bonne intention pour les mortels, surtout ceux stupidement attachés aux levures indigènes. Il convient donc, comme en amour, de ne pas se réjouir trop tôt, au risque d’être à la merci des plus cruelles désillusions.

Digressons, les amis, digressons quelques jours en attendant de se courber le dos devant la terre mère. Et restons légers. Après tout, on est en août.

Ce que j’écoute, au jour le jour, pendant les vendanges. Mais pas tous les jours.


Un commentaire

  • Cyril (Angers)
    25/08/2020 at 11:47

    C’est un joli mot « transhumer », entre transhumance et le transhumanisme, entre nature et technologie

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