Vendanges 2025 – Jour J+23 – Week-end à rame


On a arrêté de vendanger, mais, pour autant, on s’arrête pas. Loin de là. Il faut préparer les terres au repos, gyrobroyer, passer les disques en surface et, le plus tôt possible, semer, en espérant un peu d’eau, sinon, les fourmis et les oiseaux vont se régaler.

Dans le bac du semoir, des graines fines, moutarde et phacélie. Que du bon pour les sols.

Sur cette zone, on est peu à semer l’inter-rang. Sur Espira, en revanche, le Mas Crémat et les Danjou-Banessy sont actifs, et, au printemps, il y aura une large zone verte et fleurie. Difficile de revenir en arrière après. Mais vu la conjoncture, j’ai peur que le Roussillon, entre autres régions, ne continue à glisser sur la pente des arrachages et non de l’engrais vert…

Bon, en attendant, pas de week-end depuis le 12 août. Engagez-vous, rengagez-vous, qu’ils disaient… Chaque jour, quels que soit le temps ou l’envie, il faut faire les densités, mesurer la vitesse des fermentations alcooliques, goûter les vins – surtout ! – et décider des actions à mener sur chaque cuve.

L’image qui me vient est celle d’une course de F1. Bien sûr, la voiture est essentielle. Ici, les raisins. Évidemment, le pilote peut faire la différence. C’est la date de vendange, les assemblages grains mêlés que je décide souvent, le choix de vinification. Mais même une fois les raisins encuvés, la stratégie de course peut faire toute la différence. Remonter, délester, piger ou au contraire laisser les vins s’extraire naturellement, infuser, tout ça fera encore la différence et influencera le style des vins. Et leur succès ? Bien sûr, et leur succès. Comme le choix d’un pneu peut faire perdre ou gagner.

Le travail est collectif et, si c’est à moi que revient la « final cut », j’écoute toutes les idées et justifie toujours mes choix. L’intelligence collective est plus que jamais essentielle dans le vin, en ces temps troublés, dans tous les domaines. Merci David, Jenny et Romain pour ce super boulot et cette bonne ambiance !

On avait une belle petite parcelle de Syrah, encore, et une cuve bois libre, on s’est dit qu’on pouvait tenter la « grappes entières ». Toujours expérimenter.

Et les vendangeurs ? Ils ont été bien occupés. Je n’aime pas communiquer sur l’élaboration de notre passat minor, mais bon, cela reste entre nous. Après avoir été récolté passerillés, les raisins sont égrappés à la main, un par un, avec un tri qui élimine les grains abîmés.

C’est ce qu’on appelle un vin d’offrance, m’a dit un jour Michel Bettane. Son coût d’élaboration ne peut en aucun cas être répercuté au moment de la vente. C’est un cadeau, en quelque sorte, à nos clients et amis, avec une petite participation qui, jamais, ne peut compenser les coûts…

En deux jours, à 18 à égrapper, trois comportes qui vont rejoindre la cuve spéciale que je leur ai faite fabriquer. Je devrais peut-être me lancer dans les cakes aux raisins.

Incroyablement bon à ce stade. Après aussi.

Franchement épuisé, je rame un peu et cela pèse sur mon moral. Il est temps que cela s’arrête, je deviens agressif…

Ce que j’écoute, au quotidien, au jour le jour mais pas tous les jours…

La citation du jour, mais pas tous les jours…

❝ Deux choses instruisent l’homme de toute sa nature : l’instinct et l’expérience ❞ Blaise Pascal

Un commentaire

  • Cyril
    30/09/2025 at 10:50 am

    Courage. Nous, l’agressivité on ne le ressent pas.
    Merci pour Passat Minor et le reste.

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