TLS-IST-SING


Avez-vous vous aussi une « bucket list », cette liste de chose à faire avant de mourir ? Moi, pas vraiment dans le sens de celle que l’on voit dans les films, genre « partir en moto sur la côte amalfitaine avec derrière soi la fille des ses rêves » ou « serrer la tentacule d’un gros poulpe au large du Nicaragua » ou « dîner avec Sophie Marceau ou Laurent Lafitte ». Mais lire, enfin, Proust et Chateaubriand , retourner à Vipasana et cette fois le terminer, nommer chaque nuage, oui peut-être. Ou, sans que je puisse vous dire vraiment pourquoi, connaître tous les codes IATA des aéroports…

Pourtant, Marco Polo et moi ça fait deux, je n’ai jamais été un grand voyageur, ne l’ai fait finalement que presque uniquement pour évangéliser les vins du Roussillon, depuis que je suis vigneron, donc sur le tard. Le tout dans des périodes courtes, intenses, où je ne fais que travailler, sans même avoir le temps de voir un musée, flâner ou voir la mer. Étranges désirs que ceux de l’être humain.

Partir vers l’Est fut cette fois encore difficile, un peu comme de décrocher une bernicle de son rocher. Quel enfant a encore la chance, comme je l’ai eue, de passer des heures à chercher dans l’eau froide ces petits crustacés, de les décoller en puisant toutes les forces de ses petits bras, pour retrouver en lui, en la mangeant, toute la fierté du chasseur-cueilleur ?

Pour une foi, donc, je suis passé par TLS à l’aller. La connection avec Air France devient presque impossible depuis Perpignan, surtout avec Transavia et ses prix exorbitants, la non connection vers CDG qui oblige à une nuit à Paris, surtout avec des bagages. Dans ma valise spéciale, style « James Vigneron 006 », j’emporte cette fois ci 12 bouteilles, essentiellement le nouveau millésime qui arrivera dans quelques mois et bien sûr des millésimes « affinés », à maturité, pour des grands dîners.

Un vol en deux fois, donc, TSL-SING, deux heures d’escale à Istanbul où il fait un temps de chien et un vol plus court vers Singapour. Bon j’ai failli rater le premier tronçon, tant j’étais absorbé à écrire au salon de TLS… Écrire me permet de me connecter au « Flow », ce fameux état de conscience popularisé par Mihály Csíkszentmihályi dans un livre que tout le monde devrait avoir lu. Est ce que j’écris son nom du premier coup, sans faute ? Évidemment, vous croyez que quoi, hein ?

Immense aéroport d’Istanbul, plaque tournante de ce qui est pour beaucoup une des meilleures compagnies du monde et, ma foi, je ne suis pas loin de le penser désormais. Je me demande toujours qui achète dans ces Duty Free ou les marques françaises de luxe sont omniprésentes, comme partout dans le monde mais bon, qui suis-je pour juger ? Petite heure de retard, j’ai le temps pour 15 minutes de « massage-chair » qui décontracte un peu mon pédoncule, pièce de mon anatomie qui m’attache au rocher, si vous suivez… Nuit courte (mais qui dort 8 heures dans un avion ?) mais acceptable. A nous SIN.

L’aéroport de Singapour m’impressionne toujours et je crois que c’est désormais une certitude pour moi, dans tous ceux que j’ai arpentés, c’est le plus efficace. 10 secondes pour se connecter au wifi, j’ai préparé sur internet mon autorisation d’entrée et après un petit kilomètre de tapis roulant (attention, on roule à gauche ici, donc les tapis roulants s’adaptent…), vingt guichets automatiques me tendent les bras. Je suis sorti le premier de l’avion (première fois de ma vie), me voilà 6 minutes après au tapis bagages qui me sont livrés en 7 minutes chrono. Tiens, je remarque qu’en plus l’aéroport sent bon , très bon même. Comme si on avait étudié l’odeur de l’endroit et qu’on la diffuse, comme dans les palaces. Mon agent à Singapour me fait la surprise de m’attendre, aucune queue au taxi, 50 minutes montre en main après le landing me voilà dans la douche. Il est midi, franchement pas mal pour un horaire d’arrivée, je sens que je vais bien gérer le jetlag cette fois ci. Pas une bonne nouvelle pour vous, parce que c’est jet lagué et donc insomniaque que je trouve le temps d’écrire…

Ah, j’ai rempli aussi soigneusement le formulaire sur internet pour payer les droits d’accises sur les vins que j’importe, au delà des deux litres autorisés. Ici, c’est clair et écrit en gros partout : « Failure to declare is an offence – When in doubt, always declare ».

Ce que j’aime par dessus tout, à Singapour, ce sont les châtiments corporels.

Tout le monde a ici une vision bien précise de la chose, parce qu’il l’a vue en vidéo. A l’aide d’une grande canne de bambou flexible d’environ deux mètres, le « lashes with a cane » est, pour les autorités, un moyen de dissuasion et de prévention très efficace. Je le crois aussi. Voir une vidéo d’un bourreau spécialisé s’entraînant sur un mannequin dissuade. Dissuade fort, même. Du coup, dans les faits, il n’y a pas de petite délinquance à Singapour et toutes les ethnies et les religions vivent en harmonie. Et pratiquement jamais de coup de canne, parce tout le monde sait que s’il s’écarte du droit chemin, il y aura droit…

Vous hurlez ? Moi pas.

Par exemple, le tag d’un mur, c’est huit coups… Mais en parallèle, le street art est, dans certains quartiers encouragé, les murs et les œuvres choisis entre artistes et autorités. Et une femme, à toute heure du jour et de la nuit peut se promener en sécurité, dans la tenue de son choix.

La dissuasion par la canne… Donc, je déclare mon surplus de vin 😉

Bon, voilà c’est le flow, je n’avais pas du tout prévu de vous parler de ça et j’ai déliré. Repos, esim locale, papotage, dîner tranquille dans un grand Food court ou le choix abonde. Ce sera dim-sum, préparé sur place. A demain, si je trouve le temps.

La musique qui m’accompagne, sans que je l’ai vraiment choisie. ICI sur Spotify, ICI sur Deezer, ICI sur YouTube

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