Vendanges 2026 – Jour J+3 – Avancer sous la chaleur
On avance sur les Pinot Noir, Jean-Yves est arrivé, Luc l’accompagne, on est ravi de les voir. Finalement, nous aurons à peine terminé dans le Roussillon que la Bourgogne enchaînera, bien que certains semblent avoir décidés d’attendre, ce qui, à l’expérience de ce que nous avons vécu me semble être une idée assez saugrenue. Mais qui suis-je pour juger ? Étrange millésime, stupéfiante époque…
Le coteau est beau, la lumière et la chaleur ne le touchent que tard grâce à son orientation au nord et à la protection du relief. Le Verdouble, à quelques mètres ne s’est jamais tari en trois années sans pluies. Clairement, son influence est sensible et l’humidité du matin est à plus de 87 %, souvent 20 % plus haute qu’en bas, dans la plaine. Les stomates du Pinot (étrangement l’un des cépages les plus résistants à la sécheresse) se sont ouverts pour accueillir cette eau invisible chère à Jean-Yves. Ah, oui, Jean-Yves, c’est Jean-Yves Bizot. Dans le vin, c’est comme ça. Jean-Luc, c’est Thunevin, Marcel, c’est Guigal. A un certain niveau, le prénom suffit. Michel ? Bettane. Je vous laisse proposer des prénoms en commentaire 😉
Ce que nous a appris le dérèglement climatique, c’est que le concept de région viticole ne va pas garder son sens général longtemps : on va vite parler de lieux adaptés ou pas, de micro voire de méso-climats. Un coteau bien exposé, ici ou là, vaudra sans doute très vite mieux qu’un autre historiquement réputé mais qui ne sera plus adapté. C’est la vie. Rien ne dure.
Examen des raisins, un peu de tri, mais rien à voir avec l’année dernière, tout va bien. On a commencé cette année au bon moment, on ne s’est pas trop épuisé parce qu’on avait le temps.
Du coup, on passe en revue les cinq principales parcelles et sous-sols en observant, de-ci de-là, les pieds qui nous montrent les symptômes de leurs maladies. Tiens, j’ai oublié l’Esca…
Sur un petit morceau, le court-noué commence à être bien présent. Je réfléchis à l’arracher et à laisser en repos. De toute façon, nous ne ferons rien de bien.
Brûlée par le soleil, cette feuille côté soleil couchant a joué son rôle de protection. Sur la tige, quelques traces d’oidium alors qu’il n’y en a nulle part ailleurs. On a bien encadré la floraison au souffre, ça montre qu’il était en embuscade. Bien joué, Serge.
Chlorose ferrique, typique. Le fer est peut-être là, mais il est indisponible pour la plante, sur deux petites parties du coteau. Elle n’arrive pas à l’assimiler, manque d’eau pour le faire tout simplement parce que le sous-sol ici est trop pauvre ou qu’il manque d’eau. On aurait aimé passer un fer en foliaire, mais il a fait trop chaud, on aurait tout brûlé.
Carence en magnésie, les nervures restent vertes au début. Très dépendant du manque d’eau, il faudrait que je vois si on peut retrouver du maërl, une algue riche en magnésium, sinon on mettra si le temps se remet au frais un amendement magnésien.
Et oui, la vigne, c’est compliqué, une feuille qui jaunit, il faut l’écouter avec soin pour comprendre ce qu’elle nous dit. Tant d’interprétations possibles… Tout ce savoir faire est clairement en train de se perdre.
Content de voir mes amis bourguignons, moins facile de passer en revue avec eux toutes les plaies qui touchent l’agriculture et le vin en ce moment. Mais il faut les regarder en face. Rester antifragile. Tiens, voilà une idée de billet….
La citation du jour, mais pas tous les jours «
« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Victor Hugo, Carnets intimes (1870-1871), Gallimard, 1953. »
Ce que j’écoute au jour le jour, souvent par pur hasard. ICI sur Deezer. ICI sur Spotify. ICI sur Youtube.







jean louis..Chave
Didier….(feu…)Daguenau
Ce qui prouve la fidélité des amateurs. C’était il y a 17 ans. Je pense très souvent à lui.
J’ai en tête, en Champagne, feu Gilles… pour Mr. Descôtes.
Oserais-je un Nicole ?
Superbe article, merci Hervé.
Nicole ça fonctionne ! En champagne, Anselme bien sûr 😉
(Feu) Jean-Marie, son fils, Jean-Baptiste (ADAM)
Émile (BEYER)
Léonard (HUMBRECHT)
Louis (JADOT)
Michel (CHAPOUTIER)
Étienne (GUIGAL)