Vendanges 2026 – Jour J+9- Ne jamais désespérer


Où en étais-je ? Ah, oui, vendredi, l’orage, la grêle. À la veille de me coucher, vers 20h45 (et oui, désolé de briser vos fantasmes…), je vous ai raconté l’orage. Message : il grêle à Rivesaltes. Des balles de ping-pong. Bon, on est pas à Tarascon, mais jamais loin, on dira des cochonnets. Ce qui n’est franchement pas idéal.

Je me laisse griser par l’orage, me fais un petit mantra d’acceptation de ce qui ne peut être changé et me dis qu’à chaque jour suffit sa peine. De toute façon je ne tiens plus debout.

6h45, je suis à la vigne, l’équipe démarre le sémillon. Après cinq ans de disette, il m’a entendu l’année dernière, où je parlais de l’arracher. Il a fait un effort et on devrait enfin refaire un peu de Faune blanc.

Que de changement au Clos des Fées… Quelques millimètres de pluie, 3 ou 4, pas plus, et la nature respire. Sur les vignes labourées, l’eau a détendu les sols. Les raisins resplendissent dans ce bleu unique de l’après-pluie. On a clairement, dans le déroulement du millésime, fait un virage au frein à main. Tout va changer.

Je connais bien mes ciels, je les sais merveilleux dès la fin de l’été, sublimes après. Là, ils ne me trompent pas. C’est un moment de bascule. Je les ai tous ou presque sur cette photo.

Des altocumulus, à gauche. Une nappe de cumulus congestus au centre. Quelques filaments de cirrus, tout en finesse, à droite.

Non, il manque un. Ah, le voilà! Un joli altocumulus lenticularis et son ovale parfait.

Les raisins et les vignes font plaisir à voir. Qui l’eût cru, après tant et tant de journées de canicule, de trouver des ceps ainsi rayonnants ? Regardez moi ce Grenache ! Un vieux lion toujours charmeur…

Bon, il y a quand même, évidement, des grappes qui nous ont quitté. Ça tient à peu, un sarment moins irrigué, une exposition dans le mauvais angle du soleil couchant. Ce sera facile à trier à la vendange. Il y en a peu.

Je goûte, tu goûtes, il goûte, les Grenache sont loin d’être prêts. On voit bien, à la lumière, les grappes encore roses; les nuits vont être plus froides et les journées plafonner à 25/27°. De quoi mûrir doucement. Mon moral remonte. En flèche.

Je rentre rapidement vers la cave, les pinots nous font quelques petits caprices de star et ça va être encore très chaud. Un peu de musique entraînante, pour chercher l’énergie, on est très loin du but et, bien qu’étant la région la plus au Sud, nous pourrions bien être la dernière à vendanger en 2026.

Ah, et la grêle ? 3 ha de Grenache noir bien touchés.

Comme dit Chabert dans les Choristes, « Action, Réaction ! ». On s’est pas assis pour faire un chœur de pleureuses, la machine à vendanger était sur site à 10h, on devrait faire un magnifique Modeste avec ce grenache à 12,5° qui sera vendangé « al dente », en dix jours. Que diable, maudite grêle, ce n’est pas toi qui vas me faire voir cette vendange en noir!

La citation du jour, mais pas tous les jours « Notre état d’âme influence la façon dont nous voyons les choses » Aristote, à ma sauce. Mais vous avez compris le sens.

Ce que j’écoute au jour le jour, souvent par pur hasard. ICI sur Deezer. ICI sur Spotify. ICI sur Youtube.

2 commentaires

  • Cyril
    24/08/2026 at 10:03 am

    Humidité et humilité font la paire
    Anti fragile et Agile aussi.

  • Michel Smith
    24/08/2026 at 10:24 am

    Toujours optimiste, le Modeste. Il le faut bien car « c’est la vie » comme disent les amerloques. Grâce à quoi de grands vins se profilent.

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