Vendanges 2026 -Jour J+14 – Plier mais ne pas rompre
Deux jours sans blog… Comment faites-vous ? Je plaisante, bien sûr. Mes fidèles qui sont accros se comptent sur les doigts des deux mains. Et peut-être des deux pieds. Mais guère plus. C’est sûr que ma courte absence ne fera pas autant parler que la maigreur d’Ariana Grande dans son nouveau clip. Elle a 362 millions de followers. Et s’est mise au GLP-1, ça fait scandale. Autant que le clip, impossible à regarder, je vous le déconseille…
Bon, pourquoi ce titre? Parce que, commence à se dessiner de plus en plus précisément un millésime qui, du moins en quantité, relève du difficile à croire et du très compliqué à expliquer. De là où je le regarde, de très près du sol, donc, j’ai l’impression de vivre ce qu’en vidéo on appelle « fade-in blur » ou défloutage progressif. Il était invisible autant qu’imprévisible. Puis, je le distinguais, là, à l’horizon, comme un mirage, ce millésime du siècle et, depuis nous marchons l’un vers l’autre, sans que pour l’instant j’arrive encore à le croire. Oups ! Mince ! Le mot m’a échappé, désolé. Bon, en même temps, en bientôt trente ans (moi…) c’est la première fois que je l’envisage…
Les vignes me stupéfient. Comme dans un blockbuster de super-héros, le gars a pris grave, il gît sous des tonnes de gravas, il semble mort, c’est sûr. Eh bien non. Il se relève. Il trouve en lui une force inconnue. Il retourne au combat.
Comment des vignes qui me semblaient au bout de leur vie cet été ressemblent-elles désormais à ça ? Alors qu’il n’est tombé qu’un millimètre ou deux ? Où ont elles pris l’énergie pour se redresser ?
D’où vient tout ce raisin ? Parce que beaucoup de vignes portent ce genre de grappes. Je l’ignore. D’où viennent ces jus ? Mystère. Comment tout a-t-il pu fructifier aussi bien, Grenache, Syrah, Carignan, Mourvèdre ? Bien malin qui pourra le dire. Pourra-t-on tout rentrer avant la nouvelle grosse vague de chaleur qui s’annonce ? Non. Alors, on plie, on fait le dos rond, on tente de résister à cette offensive, malgré la fatigue. Et on garde notre capacité d’émerveillement même si tous les Maccabeu ne sont pas de ce calibre, évidément.
Le souci, c’est qu’on a pas vraiment le décalage de maturité entre la plaine et la vallée de Vingrau, ce qui semblait pourtant être une donnée fixe depuis des années. Alors, la nuit, on tente de rentrer les derniers blancs à la machine, PUIS on fait quelques blancs grappes entières, PUIS des rouges, en jonglant entre les trois caves, le matériel, la cuverie qui va manquer. Les hommes sont épuisés, les vendangeurs puisent dans leurs réserves, car dès 11 h, on atteint les 32, 34, 36°… Je tente de garder la tête froide pour chercher à déplacer les troupes d’un point d’appui à un autre, d’un secteur à un autre comme le définit la terminologie militaire. Il y a des secteurs calmes et des secteurs durs, mais, une chose est sûre, quelques parcelles devront être sacrifiées, nous ne pourrons pas tout rentrer à la maturité parfaite.
Bon, ceci expliquant cela, compliqué d’écrire. Mais je ne baisse pas les bras….
P.S. : je ne sais pas comment illustrer ce billet. Alors je meuble.
La citation du jour, mais pas tous les jours « il faut se poser des questions plutôt que d’apporter des réponses » Socrate (mais bon, pas du tout certain me dit Perplexity. Mais ça aurait pu. Allez Socrate, avec nous !)
Ce que j’écoute au jour le jour, souvent par pur hasard. ICI sur Deezer. ICI sur Spotify. ICI sur Youtube (en live…).



Non Hervé, vous n’êtes pas seuls, nous sommes toujours là, nous les fidèles qui recevont tes mails racontant les vendanges du Clos des Fées !
Alors n’arrêtez pas, on veut « les suites »
Merci, et bon courage,
Patrice