Vendanges 2019 * Jour J+16 * Avancer sans peur


30 millimètres de pluie, dimanche, comme prévu. 40 mn, dans certains endroits. Le ciel est noir mais le ciel est beau.

Ces Corbières du Roussillon ne sont pas la région douce et lénifiante que certains imaginent. Rien à voir avec la Provence, même si les paysages pourraient le laisser penser. En quelques heures, le soleil disparait, le vent se lève, puissant, sauvage, la pluie s’abat, le monde devient gris, bleu, noir, les falaises de calcaire semblent désormais lointaines, presque menaçantes.

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Le sol s’est gorgé d’eau et le pied s’y enfonce volontiers de quelques centimètres

L’argile, la merveille argile est ici partout, intimement mêlée, comme une grosse nougatine, de particules de carbonate de calcium très pur. Deux carrières en Europe, Carrare, en Italie, et ici. Sol et pierres interagissent avec la tramontane et forment un grand terroir viticole, où rien d’autre ne peut pousser et prospérer.Aucune inquiétude, toute l’eau sera absorbée par les sols en quelques jours.

Le raisin, magnifique avant, est magnifique après. Le vent rend vain toute initiative d’envahissement du botrytis, surtout sur ces terroirs d’altitude où il souffle deux cents jours par an, sorte de sèche cheveux naturel. Mieux que le nouveau Dyson. Et bien moins cher.

La couleur de l’argile a changé et l’on voit sa vraie nature. Elle reste orangée, prend ailleurs des reflets rouges, devient sur certaines pentes presque noire, indiquant, sans qu’il y ait vraiment besoin d’analyse, sa complexité interne et donc son potentiel à faire des vins extrêmement puissants et textures, armés pour la garde. Vous croyiez que j’y suis pour quelque chose. Non, bien sûr… Ou si peu.

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Les ciels d’automne sont enfin au rendez vous, majestueux. Au milieu de cette steppe, on est balayé par le vent, presque jeté au sol, frappé par les embruns, impossible de ne pas se sentir  misérable. On prend vite conscience, profondément, de sa fragilité, de combien, si les choses changeaient, l’être humain moderne à nouveau plongé au cœur des éléments naturels, ne ferait pas long feu. En attentant, c’est beau, et, la voiture protectrice n’étant jamais loin, on s’enivre d’énergie primaire et l’envie de chanter, crânement, vous saisit.

La pluie a fait beaucoup de bien, les maturités pulpaires et phénoliques sont parfaites mais les peaux vont devenir fragiles, impatientes qu’elles sont désormais de tout libérer. Il est temps d’entamer le sprint final.

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Qui est Elia, que j’écoute en rentrant ? Une artiste qui tente de réaliser ses rêves, comme je l’étais, il y a vingt ans, ici, devant ces étendues sauvages. Comment est elle arrivée dans ma playlist ? Par hasard, comme elle va entrer dans la vôtre. Elle doit attendre, regarder ses like sur Spotify, Deezer ou Youtube. Tant de passerelles entre le monde de la musique et celui du vin… Ecoutez là, likez là,  ça va, j’en suis sûr lui faire du bien et l’encourager à ne pas se décourager. Parce que le talent, la sincérité, la différence, ça saute aux yeux.

Ce que j’écoute pendant les vendanges ICI sur Spotify. ICI sur Deezer. ICI sur Youtube.

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