Voyage en Wallonie


Vous ai-je raconté notre visite à Bruxelles ? Non, tout emporté par ma diatribe sur les alcooliques repentis, j’ai remis à plus tard ce que pourtant j’aurais du faire le jour même. Car enchaîner comme cela voyages et dégustations ne vaut rien au vigneron. Il oublie trop vite les accueils chaleureux, les repas hospitaliers, l’enthousiasme communicatif.

Mais revenons à nos Belges :)) Nous vendons peu de vin en Belgique. En fait, nous vendons peu de vin partout car nous n’en produisons pas beaucoup, tout simplement. Mais en Belgique, nous travaillons depuis le premier millésime avec trois cavistes passionnés, au caractère que tout oppose et qui pourtant affichent fièrement une amitié que le vin semble cimenter du plus pur des mortiers. L’un est sur Bruxelles, l’un sur Liège, le dernier sur Maldegem et voilà la Belgique, petit mais attachant pays, couvert du nord au sud. En deux jours, impossible de faire les trois, Bruxelles et Liège ont, pour cette fois, largement fait l’affaire. Mais au fait, savez-vous en quoi consiste le travail d’un vigneron que l’on croit en goguette ?

Tôt le matin, à peine descendu d’un avion « low price » (j’en reparlerai :)), il est attendu à l’aéroport et file visiter deux ou trois restaurateurs qui défendent et aiment ses vins. Sur un coin de table, dans l’office d’un sommelier, sur le bord du « passe » d’une cuisine qui fourmille d’activité, une discussion rapide, intense, se dévoloppe, un verre à la main. Le lien à peine noué, les plats à peine évoqués, la passion à peine partagée, il faut déjà repartir, un peu frustré de ne pas avoir plus goûté, plus appris, plus partagé. Un déjeuner rapide, chez un autre client, souvent le plus passionné, un tour à l’hôtel histoire de poser les bagages et de faire pipi (oui, oui, vous saurez tout :)), il est temps de filer chez un de nos amis caviste pour une longue après midi de dégustation.

Claudine à un bout de la table, moi à un autre, nous voilà une bouteille à la main en train de recueillir louanges, incompréhensions ou, si, si, ça arrive, critiques. Combien en voyons nous, dans l’après midi, d’amoureux du vin ? Toujours plus de cent, voilà qui au moins est chose certaine. Alors que pour beaucoup de vignerons, cet exercice relève du supplice, j’avoue sans honte qu’il semble pour moi faire intimement partie de mon métier et que je prends même plaisir à l’exercice. Très attentif aux avis, il me semble essentiel de recueillir « en direct » les émotions ou les réticences que déclenche la dégustation de mon vin. Il faut dire que pour nous, en Belgique, une sorte de fan club passionné nous entoure toujours d’une affection, d’un amour et d’une passion qui nous font nous sentir mieux. Le vigneron, être solitaire, a plus besoin qu’on croit de la reconnaissance de ses clients. Tiens, ca me fait penser à un truc, j’en reparlerai :)).

Il est 19 heures, il est temps de filer au restaurant, souvent accompagné des autres vignerons participants à la manifestation, pour un dîner toujours pantagruélique, toujours bien arrosé et où, le plus souvent, l’on ne parlera que de vin. Jamais avant minuit, i l est temps de rentrer à l’hôtel, car demain, une longue journée nous attend.

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